HiverMois 12 sur 12
Au jardin en décembre : protéger, couvrir, nourrir
Décembre ne réclame pas de travail, il réclame des abris. Une terre couverte, des pots surélevés, une mangeoire tenue tout l'hiver et une fenêtre sans gel pour planter à racines nues : le mois tient là-dedans.
Journées les plus courtes de l'année autour du solstice, huit à neuf heures de lumière selon la latitude, sol entre 2 et 7 degrés, gelées nocturnes régulières hors littoral et pluies fréquentes au nord comme à l'ouest.

Décembre ne demande pas de travail, il demande des décisions déjà prises. Huit à neuf heures de jour selon la latitude, un sol froid, souvent détrempé, une végétation entièrement arrêtée : ce qui se joue ce mois-ci n'est pas la croissance, c'est la survie de ce que vous avez mis en terre depuis septembre. Un pot mal calé, une planche nue battue par six semaines de pluie, un jeune tronc laissé aux campagnols, et mars s'ouvrira avec des trous à combler.
Trois chantiers occupent vraiment le mois. Couvrir : chaque mètre carré de terre nue reçoit cinq à dix centimètres de feuilles mortes ou de tonte sèche, sinon la pluie tasse la surface en croûte et lessive les éléments nutritifs vers le bas. Mettre à l'abri : les pots, les poteries vides, les tuyaux, la cuve du récupérateur, tout ce que la glace peut fendre. Nourrir : la mangeoire ouverte maintenant tiendra jusqu'à la fin de l'hiver, et les mésanges qu'elle garde au jardin mangeront vos chenilles au printemps.
Le reste dépend d'une fenêtre météo. Dès qu'il ne gèle pas et que la terre ne colle plus à la bêche, les plantations à racines nues passent : pommier, cerisier, groseillier, framboisier, vigne, rosier. Sinon on garde les racines en jauge, à plat sous une butte de terre meuble, et on attend le redoux, il en vient toujours un. Janvier prendra la suite avec la taille d'hiver, le plan des planches et la commande de graines. Décembre n'a qu'un objectif : que rien ne soit perdu d'ici là.
- 1
Couvrir toute la terre nue
Cinq à dix centimètres de feuilles mortes, de tonte sèche ou de paille sur chaque planche vide. Une terre nue encaisse six semaines de pluie battante, se ferme en croûte et perd ses éléments nutritifs par le bas. Les engrais verts semés en septembre restent debout.
- 2
Mettre les pots hors gel
Le froid tue par les racines, pas par les feuilles. Surélevez chaque pot sur des cales, regroupez les contenants contre un mur abrité, emballez le pot et non le feuillage. Videz ou rentrez les poteries inutilisées : la terre cuite gorgée d'eau éclate au premier gel dur.
- 3
Ouvrir la mangeoire et la tenir
Installez le point de nourrissage dès les premiers froids durables, à 1,50 mètre du sol et à deux mètres d'un buisson refuge. Graines de tournesol noir, boules de graisse sans filet plastique, jamais de pain ni de restes salés. Une coupelle d'eau dégagée de sa glace chaque matin compte autant.
Le programme de décembre, zone par zone
Au potager
- Récoltez les poireaux au fur et à mesure des besoins, en les soulevant à la fourche-bêche plutôt qu'en tirant sur le fût, qui casse au collet.
- Couvrez la planche de poireaux et les racines laissées en terre de dix centimètres de feuilles mortes : vous les arracherez même après trois nuits de gel.
- Récoltez choux de Bruxelles, chou frisé et mâche par temps sec, en prélevant les choux de Bruxelles de bas en haut, tige par tige.
- Paillez toutes les planches vides sur cinq à dix centimètres et laissez les engrais verts debout jusqu'à leur destruction par le gel ou leur fauche de février.
- Épandez le compost mûr en surface, deux à trois centimètres sur les planches destinées aux courges et aux tomates, sans jamais l'enfouir.
- Cueillez le thym et le romarin un matin sec, en prélevant moins d'un tiers de la touffe et jamais dans le vieux bois, qui ne repart pas.
- Posez une planche de bois pour circuler sur les parcelles détrempées, ou renoncez : une terre piétinée en décembre reste compactée jusqu'en juin.
Au verger
- Plantez à racines nues hors gel et hors terre détrempée : pommier, cerisier, groseillier, framboisier et vigne, dans un trou de deux fers de bêche, collet affleurant le sol.
- Posez le tuteur avant de reboucher, du côté des vents dominants, et attachez en laissant le jeu d'un doigt entre le lien et le tronc.
- Taillez les pommiers dès la chute complète des feuilles et hors gel : bois mort, branches qui se croisent, gourmands verticaux, puis équilibre de la charpente.
- Taillez les groseilliers en supprimant à la base les branches de plus de trois ans, pour garder huit à dix charpentières bien réparties.
- Taillez la vigne une fois les feuilles tombées, en laissant deux yeux par courson, et sortez les bois de taille de la parcelle.
- Ramassez les fruits momifiés restés accrochés et ceux qui pourrissent au sol : ils portent la moniliose jusqu'au printemps suivant.
- Protégez les jeunes troncs des rongeurs avec un manchon grillagé de soixante centimètres, posé sans serrer et dégagé du paillage.
Au jardin d'ornement
- Plantez les dernières tulipes tant que le sol se travaille, à trois fois la hauteur du bulbe, soit douze à quinze centimètres, pointe vers le haut.
- Plantez les rosiers à racines nues hors gel, point de greffe au niveau du sol, puis buttez le pied de quinze à vingt centimètres de terre jusqu'en février.
- Laissez debout les tiges creuses et les têtes de graines des vivaces : elles abritent les insectes et nourrissent les oiseaux, le rabattage attendra mars.
- Paillez le pied des vivaces frileuses, agapanthes et gauras, sur dix à quinze centimètres, sans tasser la couverture contre le collet.
- Coupez à ras les vieilles feuilles tachées des hellébores pour dégager les boutons, qui s'ouvriront entre décembre et février selon la région.
- Secouez la neige lourde des conifères, des haies persistantes et des arbustes taillés en boule, avant qu'elle n'ouvre les branches en deux.
- Vérifiez les voiles d'hivernage posés en novembre : un voile plaqué sur le feuillage par le vent gèle la plante au lieu de la protéger.
Sous abri et à l'intérieur
- Espacez les arrosages : attendez que les trois premiers centimètres de substrat soient secs, et videz la soucoupe un quart d'heure après avoir arrosé.
- Éloignez les pots des radiateurs et des courants d'air de porte, et décollez le feuillage des vitres froides pour la nuit.
- Dépoussiérez les feuilles à l'éponge humide : avec huit heures de jour, chaque part de lumière captée compte.
- Arrosez les orchidées phalaenopsis en fleur par trempage de dix à quinze minutes tous les huit à dix jours, puis laissez égoutter complètement.
- Reportez tout rempotage à mars ou avril : une plante rempotée en décembre reste des semaines dans un substrat froid et humide, sans racines pour le sécher.
- Aérez la serre ou la véranda une heure en milieu de journée dès qu'il fait doux, pour évacuer la condensation qui installe la pourriture grise.
- Contrôlez les géraniums et fuchsias hivernés au frais, entre cinq et dix degrés, presque secs, en retirant les feuilles jaunies tous les quinze jours.
Entretien et matériel
- Purgez le réseau d'arrosage : tuyaux vidés et enroulés à l'abri, robinets extérieurs fermés et vidangés, programmateur et raccords rentrés.
- Videz le récupérateur d'eau d'un bon tiers ou faites flotter une planche de bois à la surface : la glace fend une cuve pleine.
- Démontez le sécateur, nettoyez la lame et la contre-lame, affûtez au biseau d'origine, graissez le ressort et passez les manches en bois à l'huile de lin.
- Nettoyez le dessous du carter de la tondeuse, réservoir vide, et rangez-la au sec sur des cales, hors du contact de la dalle.
- Couvrez le tas de compost d'une bâche ou d'un vieux tapis contre le lessivage, et continuez d'y porter épluchures et feuilles mortes à parts égales.
- Nettoyez les mangeoires à l'eau chaude une fois par semaine : un point de nourrissage sale transmet les maladies d'un oiseau à l'autre.
- Vérifiez la serre et l'abri avant les coups de vent : vitres fêlées, clips manquants, portes qui ferment, gouttières dégagées.
Les pièges du mois
- Les poteries laissées pleines de terre humide. Un pot en terre cuite gorgé d'eau éclate à la première nuit à moins cinq degrés. Videz les poteries inutilisées, rangez-les à l'abri, surélevez les autres sur des cales.
- Le paillage tassé contre les collets et les troncs. Il maintient l'humidité au contact de l'écorce et sert d'abri aux campagnols tout l'hiver. Laissez dix centimètres de dégagement tout autour du pied.
- Le sapin en pot gardé trois semaines au chaud. Passé une dizaine de jours dans une pièce chauffée, il repart en végétation et ne supporte plus la sortie. Pièce fraîche, loin du radiateur, retour dehors par étapes.
- La mangeoire commencée puis oubliée. Les oiseaux organisent leur hiver autour des points de nourrissage réguliers. Une fois lancé, tenez le rythme jusqu'à la fin de l'hiver, puis espacez progressivement.
- Le sel de déneigement répandu le long des massifs. Il finit dans la terre des bordures et brûle les jeunes racines au redoux. Préférez le sable ou les gravillons sur les allées qui longent les plantations.
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Questions fréquentes sur décembre
Peut-on encore planter des bulbes de tulipes en décembre ?
Oui, tant que le sol n'est pas gelé et se travaille encore. Décembre est même une bonne date en terre lourde, où un bulbe planté dès octobre reste six semaines de plus dans l'humidité et risque de pourrir. Enterrez à trois fois la hauteur du bulbe, douze à quinze centimètres, pointe vers le haut, dans un endroit qui ne retient pas l'eau. La floraison arrivera simplement un peu plus tard au printemps.
Faut-il arroser le jardin en décembre ?
En pleine terre, presque jamais : la pluie d'hiver suffit. Deux exceptions. Les arbres et arbustes plantés cet automne, pendant une période sèche et ventée : un arrosoir plein au pied, un matin hors gel. Et les pots, surtout les persistants placés sous un débord de toit, qui restent secs même sous l'averse. Soupesez le pot pour trancher : une motte sèche devient étonnamment légère.
Comment nourrir les oiseaux du jardin correctement ?
Graines de tournesol noir, cacahuètes non salées et boules de graisse sans filet plastique, dans une mangeoire placée à 1,50 mètre du sol et à deux mètres d'un buisson où fuir. Pas de pain, pas de restes salés ou assaisonnés. Nettoyez la mangeoire à l'eau chaude chaque semaine, renouvelez l'eau de la coupelle tous les matins, et tenez le rythme jusqu'à la fin de l'hiver plutôt que par à-coups.
Peut-on tailler les arbres fruitiers en décembre ?
Oui pour les fruitiers à pépins et la vigne : pommier, poirier, groseillier, cassissier et vigne se taillent pendant le repos, dès la chute complète des feuilles. Une seule condition, le hors gel : en dessous de moins deux ou trois degrés, le bois est cassant et la plaie se déchire au lieu de se couper net. Les fruitiers à noyau, cerisier et prunier, ne se taillent pas maintenant : leur taille se fait après la récolte, en été.
Faut-il ramasser toutes les feuilles mortes ?
Non. Sur la pelouse, oui : une couche épaisse et détrempée étouffe le gazon en quinze jours. Partout ailleurs, la feuille morte est un paillage gratuit, alors laissez-la sur les massifs et étalez le surplus sur les planches vides du potager. Ce qui reste part dans un tas grillagé à l'ombre : vous récupérerez un terreau de feuilles en douze à dix-huit mois, sans rien avoir à faire.
Mon sapin de Noël en pot survivra-t-il après les fêtes ?
Parfois, à trois conditions. Une dizaine de jours au chaud au maximum, dans la pièce la plus fraîche et loin d'un radiateur, avec un substrat maintenu juste humide. Une sortie par étapes ensuite, garage ou véranda non chauffée pendant une semaine avant le plein air. Et une plantation en janvier ou février hors gel, en lui laissant la place d'un vrai arbre : un épicéa ne reste pas petit.
















