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AromatiquePotager

Romarin : planter, tailler et récolter toute l'année

Salvia rosmarinus , famille des Lamiacées

Le romarin ne meurt presque jamais de froid, il meurt d'eau stagnante en hiver. Le drainage, la taille annuelle après floraison et l'absence totale d'engrais décident de sa longévité, bien plus que la rusticité.

Arbuste dressé aux feuilles étroites en aiguilles, fleurs bleu pâle, devant un mur de pierre au soleil
ExpositionPlein soleil
ArrosageArrosage rare
Solcaillouteux, drainant, plutôt pauvre, calcaire accepté
Hauteur0,80 m à 1,50 m selon la variété
Espacement80 cm à 1 m, 50 cm en haie basse
CycleArbuste
RusticitéJusqu'à -12 degrés
DifficultéFacile

Le calendrier de la romarin

  1. Janvier : récolte
  2. Février : récolte
  3. Mars : plantation, récolte, floraison
  4. Avril : plantation, récolte, floraison, taille
  5. Mai : récolte, floraison, taille
  6. Juin : récolte
  7. Juillet : récolte
  8. Août : récolte
  9. Septembre : plantation, récolte
  10. Octobre : plantation, récolte
  11. Novembre : récolte
  12. Décembre : récolte
  • Plantation
  • Récolte
  • Floraison
  • Taille
  • Plantation mars à avril, septembre à octobre
  • Floraison mars à mai
  • Taille avril à mai
  • Récolte janvier à décembre

L'essentiel

  • Le romarin supporte le froid sec bien mieux que l'humidité hivernale : le drainage du sol compte davantage que la température minimale annoncée.
  • Plantez le collet 2 à 3 cm au-dessus du niveau du sol, sur une butte si la terre est lourde, et jamais sous un paillis organique épais.
  • Taillez chaque année après la floraison, en avril ou en mai, sans jamais recouper dans une portion de tige dépourvue de feuilles.
  • Le premier été demande quelques arrosages pour l'enracinement, ensuite un pied en pleine terre se passe totalement d'eau et d'engrais.
  • Le feuillage persistant se récolte tous les mois de l'année, le parfum étant à son maximum juste avant la floraison de fin d'hiver.

Le romarin ne meurt presque jamais de froid : il meurt d'eau stagnante en hiver. Un pied installé dans une terre lourde qui reste détrempée de novembre à mars disparaît en deux saisons, quand le même arbuste posé sur une butte caillouteuse tient dix ans et plus, en fournissant des brins tous les mois de l'année. Tout le reste, taille comprise, découle de cet arbitrage.

Planter au printemps ou à l'automne, bouturer en fin d'été

Le semis est possible, il est rarement payant : les graines lèvent en trois à quatre semaines autour de 18 à 22 degrés, de façon irrégulière, et les plants obtenus n'ont ni le port ni le parfum du pied dont venait la graine. On plante un sujet acheté, ou mieux, on bouture le romarin d'un voisin dont on a senti le feuillage.

Deux fenêtres de plantation. Mars et avril, dès que le sol est ressuyé, restent le choix le plus sûr au nord de la Loire et en altitude : le jeune pied passe l'été à s'enraciner et aborde son premier hiver installé. Septembre et octobre conviennent dans le Midi et sur terrain franchement drainant, où les pluies d'automne arrosent à votre place.

Le geste de plantation pèse plus lourd que la date. Creusez large plutôt que profond, environ 40 cm de côté sur 30 de fond, et mélangez un bon tiers de gravier à la terre extraite si elle colle aux doigts. Posez la motte de façon que le collet, le point où les tiges sortent de terre, se retrouve 2 à 3 cm au-dessus du sol : sur cette petite butte, l'eau s'écarte du pied au lieu de s'y rassembler. Arrosez une fois copieusement, puis rangez l'arrosoir dix jours.

Le bouturage, lui, se cale en fin d'été : des rameaux semi-aoûtés de 10 à 12 cm, effeuillés aux deux tiers, plantés 4 à 5 cm dans un mélange moitié sable grossier, moitié terreau, à l'ombre claire.

ÉtapePériodeRepère technique
Plantation de printempsMars, avrilSol ressuyé, collet 2 à 3 cm hors sol
FloraisonMars à maiFleurs bleu pâle, très visitées par les abeilles
Taille annuelleAvril, mai, après la floraisonUn tiers de la pousse, jamais le bois nu
BouturageFin d'étéRameaux semi-aoûtés de 10 à 12 cm
Plantation d'automneSeptembre, octobreRéservée aux sols drainants et au Midi
RécolteToute l'annéeJamais plus d'un tiers du pied en une fois

Le sol et l'exposition : le drainage avant la richesse

Plein soleil, six heures minimum, et une terre pauvre. Le romarin accepte le calcaire, les cailloux, le vent, les embruns, la sécheresse estivale complète. Il ne tolère ni l'ombre, où il s'étiole et perd son parfum, ni une terre froide et gorgée d'eau tout l'hiver.

En sol argileux, n'amendez surtout pas le seul trou de plantation : vous créeriez une cuvette qui retient l'eau. Montez une butte de 20 à 30 cm allégée de gravier, ou plantez en haut de talus. Les autres pistes pour ce terrain sont dans notre dossier sur les terres argileuses lourdes.

Comptez 80 cm à 1 m entre deux pieds, 50 cm environ en bordure ou en haie basse taillée. Un romarin adulte prend de la place : les variétés dressées montent à 1,50 m et s'étalent presque autant, les formes rampantes restent sous 50 cm en couvrant 1 m de large.

Si vous tenez à un paillage, prenez-le minéral : 3 à 5 cm de gravier ou de pouzzolane, collet dégagé. Il garde le sol chaud sans retenir l'eau.

Arroser presque jamais, ne rien apporter

Seule la première saison justifie des arrosages : 5 à 10 litres par pied tous les huit à dix jours sans pluie, de juin à août, le temps que les racines descendent. Ensuite, un romarin en pleine terre se passe d'eau, même en été sec. Un pied de trois ans qu'on arrose est un pied qu'on affaiblit.

Le pot change tout : un romarin en bac se dessèche pour de bon si on l'oublie trois semaines en juillet. Arrosez quand les 3 à 4 premiers centimètres du substrat sont secs, jamais selon un calendrier fixe, et ne laissez pas d'eau stagner dans la soucoupe. Le mélange reste maigre et sableux, comme expliqué dans notre dossier sur le substrat des plantes en pot.

Côté fertilisation, la réponse tient en un mot : rien. Ni compost, ni engrais, ni fumier. L'azote produit une végétation molle, moins aromatique et nettement plus sensible au froid comme aux champignons.

Tailler chaque année, sans jamais entrer dans le bois nu

C'est la règle qui sépare un romarin qui garde sa forme dix ans d'un buisson dégarni du bas et impossible à rattraper. Il ne repart que très mal, souvent pas du tout, sur une portion de tige dépourvue de feuilles : toute coupe doit s'arrêter là où il reste des aiguilles vertes en dessous.

Taillez juste après la floraison, en avril ou en mai, d'un tiers environ sur les pousses de l'année, en suivant la silhouette de l'arbuste plutôt qu'en cherchant une boule parfaite. L'opération prend dix minutes sur un pied suivi.

Sur un pied déjà dégarni, la rénovation s'étale : reprenez une branche sur trois par an, rabattue juste au-dessus des pousses feuillées les plus basses. En trois printemps, la silhouette se reconstitue. Tout rabattre d'un coup revient à perdre l'arbuste.

Récolter toute l'année, et laisser les fleurs

Le feuillage est persistant : la cueillette est ouverte les douze mois. Le parfum culmine juste avant la floraison, en fin d'hiver. Coupez le matin, une fois la rosée évaporée.

Prélevez un brin entier de 10 à 15 cm au sécateur plutôt que d'effeuiller une tige à la main : la coupe fait ramifier la plante, l'effeuillage laisse un rameau nu qui ne repartira pas. Jamais plus d'un tiers du pied en une fois.

La floraison de mars à mai, bleu pâle à mauve, est l'une des premières ressources en nectar de l'année pour les abeilles. Laissez-la se terminer avant de sortir le sécateur : c'est pour cela que la taille attend avril ou mai.

Pour sécher, liez de petits bouquets tête en bas dans un local sombre et ventilé une dizaine de jours, puis mettez les feuilles entières en bocal.

Reconnaître le problème avant de sortir quoi que ce soit

SymptômeCause probableRéponse
Pied gris terne qui brunit depuis la base, terre humideAsphyxie racinaire, excès d'eau hivernalReplanter plus haut et plus drainé, aucun traitement
Dessèchement partant des extrémités, motte décollée du potManque d'eau en contenantImmerger la motte, puis reprendre un arrosage à la demande
Petits coléoptères rayés vert métallique et pourpreChrysomèle du romarinRamassage à la main matin et soir, dégâts surtout esthétiques
Feuilles piquetées de points clairsCicadellesTolérer, aérer le pied par la taille
Feutrage blanchâtre sur les jeunes poussesOïdium en situation confinéeÉclaircir la végétation, écarter les pieds voisins
Branche entière brune et sèche au printempsGel sur sol détrempé, ou champignon de solCouper jusqu'au bois vert, revoir le drainage

Le doute porte presque toujours sur deux causes opposées, la soif et la noyade, qui ternissent toutes deux le feuillage. Le symptôme qui tranche est la progression : de la pointe vers l'intérieur, c'est la sécheresse ; de la base vers la pointe, avec un gris cendré d'ensemble et une terre encore humide sous 5 cm, c'est l'excès d'eau. Dans ce second cas, arroser aggrave tout.

Ce qui pousse bien à côté

Les compagnons évidents partagent son régime : aucun arrosage, aucune fertilisation, plein soleil. Le thym, la sauge et la sarriette forment avec lui un massif qu'on ne touche qu'une fois par an. La lavande reste l'association la plus classique, pour une raison pratique autant qu'esthétique : elle se taille au même moment, selon la même règle du bois vert.

Le romarin n'a pas vraiment de plante ennemie : son incompatibilité porte sur le régime d'eau. Au milieu des rangs de légumes arrosés et paillés, il subit tout l'été un excès qui ne lui convient pas. Sortez-le du potager, en bordure, contre un mur exposé au sud ou en tête de talus.

Cinq décisions qui font la différence

Choisissez l'emplacement le plus sec et le plus ensoleillé du jardin, pas le plus commode. Plantez le collet hors du sol, sur butte si la terre est lourde. Arrosez la première saison, puis plus jamais en pleine terre. Taillez d'un tiers après la floraison, en vous arrêtant sur du feuillage. N'apportez aucun engrais. Un romarin conduit ainsi traverse les hivers, fleurit avant tout le reste du jardin et se récolte en janvier comme en août.

Questions fréquentes

Le romarin résiste-t-il au gel ?

Un pied bien installé en terre drainante encaisse couramment des gelées de l'ordre de -10 à -15 degrés selon la variété et l'âge. Mais le chiffre ne veut rien dire seul : le même froid tue un romarin dont les racines baignent dans une terre gorgée d'eau, et laisse indemne celui qui pousse sur une butte caillouteuse. En zone froide et humide, plantez en pente, en sol allégé de gravier, et abritez du vent d'hiver plutôt que du thermomètre.

Quand et comment tailler le romarin ?

Juste après la floraison, donc en avril ou en mai selon les régions. Raccourcissez d'environ un tiers les pousses de l'année, en arrêtant toujours la coupe là où la tige porte encore des feuilles. Le romarin repart très mal, souvent pas du tout, sur du bois nu : une coupe sévère dans la partie dégarnie laisse un moignon définitif. Une taille légère mais annuelle vaut infiniment mieux qu'un rattrapage tous les cinq ans.

Mon romarin brunit et sèche, comment savoir pourquoi ?

Regardez par où le brunissement commence et touchez la terre. Un dessèchement qui part des extrémités des rameaux, sur une motte décollée des parois du pot, signe le manque d'eau. Un pied qui grisaille dans son ensemble puis brunit depuis la base, dans une terre restée humide, signe l'asphyxie des racines. Le premier cas se rattrape par une immersion de la motte ; le second impose de replanter ailleurs, plus haut et plus drainé.

Peut-on cultiver le romarin en pot ?

Oui, c'est même la solution en terre lourde. Comptez au minimum 10 à 15 litres, un pot en terre cuite plutôt qu'en plastique, des trous de drainage larges et aucune soucoupe remplie en permanence. Le substrat doit être maigre et sableux, pas un terreau riche. En pot, l'arrosage redevient nécessaire : donnez de l'eau quand les 3 à 4 premiers centimètres sont secs, et laissez le pot dehors l'hiver, à l'abri des pluies battantes.

Comment bouturer le romarin ?

En fin d'été, sur des rameaux semi-aoûtés, ceux dont la base a commencé à durcir alors que la pointe reste tendre. Prélevez 10 à 12 cm, effeuillez les deux tiers inférieurs, plantez 4 à 5 cm dans un mélange moitié sable grossier, moitié terreau, à l'ombre claire. Gardez le substrat juste frais, jamais détrempé. L'enracinement demande quatre à six semaines et la reprise est bonne, de quoi remplacer un vieux pied avant qu'il ne lâche.

Faut-il récolter le romarin en hiver ?

Le feuillage est persistant, la cueillette reste donc possible douze mois sur douze, et un brin frais de janvier vaut largement une branche séchée. Restez simplement léger de novembre à février dans les régions froides : les plaies de coupe cicatrisent lentement à cette période et deviennent des portes d'entrée pour le froid. Prélevez des brins courts sur plusieurs branches plutôt que de dégarnir un seul côté du pied.

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