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Au jardin en janvier : le mois du papier et de l'outil
Janvier ne se juge pas au nombre d'heures passées dehors. Deux tailles bien menées, une commande de graines réfléchie et des lames affûtées valent mieux qu'une planche piétinée un jour de dégel.
Sol froid, souvent entre 2 et 6 degrés, gelées nocturnes possibles dans toutes les régions, pluies fréquentes au nord et à l'ouest, et seulement huit à neuf heures et demie de lumière par jour.

Janvier ne demande presque rien au jardin, et c'est exactement ce qui le rend piégeux. Le sol est gelé le matin, gorgé d'eau l'après-midi, et il reste huit à neuf heures de jour pour travailler. La tentation est de sortir bêcher pour se sentir utile. C'est le meilleur moyen de compacter une planche jusqu'en juin. Le travail qui compte ce mois-ci se fait avec un sécateur, une pierre à affûter et un carnet, très rarement avec une bêche.
Deux chantiers occupent vraiment le mois. Le premier est la taille d'hiver : pommiers, poiriers, groseilliers et vigne se taillent maintenant, pendant le repos, quand la charpente est lisible et qu'aucune feuille ne cache un croisement de branches. Le second tient sur une table : le plan des planches, la rotation de l'année qui vient, l'inventaire des sachets restants, la commande. Un semis de février se décide en janvier, pas le matin où l'on ouvre le sachet.
La règle d'arbitrage du mois tient en une phrase : si la terre colle à la semelle ou craque sous le pied, on ne va pas dessus. Le reste attendra le premier redoux, il en vient toujours un, et rien ne sera perdu. Février ouvrira les premiers semis sous abri, la taille des rosiers et des hortensias, la plantation des framboisiers et des groseilliers. Janvier ne sert qu'à une chose : que ce mois-là se passe sans improvisation.
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Tailler pendant le repos
Pommiers, poiriers, groseilliers et vigne se taillent hors gel, entre décembre et février. Passé la fin février, la sève monte, les plaies pleurent et chaque coupe coûte de l'énergie à la plante. La charpente ne sera jamais aussi lisible qu'aujourd'hui.
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Commander graines et plants
Les premiers semis sous abri démarrent dans quatre à six semaines. Faites l'inventaire des sachets, testez ceux de plus de trois ans, dessinez la rotation planche par planche, puis commandez. Les variétés recherchées manquent souvent dès la mi-février.
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Trier réserves et protections
Ouvrez les cagettes de courges, de pommes et de tubercules : un seul fruit qui pourrit contamine ses voisins en quelques jours. Vérifiez au passage les voiles, les paillages et les tuteurs après chaque coup de vent.
Le programme de janvier, zone par zone
Au potager
- Récoltez les poireaux au fur et à mesure des besoins, en plantant la fourche-bêche à 15 cm du fût et en soulevant : tiré à la main sur sol gelé, le poireau casse au collet.
- Paillez la ligne de poireaux sur 10 à 15 cm de paille ou de feuilles mortes : le sol reste meuble dessous et vous récoltez même après trois nuits de gel.
- Coupez le thym et le romarin par petites poignées, uniquement sur les pousses souples de l'année : le vieux bois gris ne repart pas s'il est rabattu.
- Épandez le compost mûr en surface sur les planches libres, 3 à 5 litres au mètre carré, puis recouvrez d'un paillage : les vers l'incorporent avant mars, sans un coup de bêche.
- Dessinez le plan du potager en notant la famille cultivée sur chaque planche l'an dernier : la rotation se décide maintenant, pas au moment de semer.
- Testez les graines de plus de trois ans avant de les commander à nouveau : dix graines sur un coton humide à 20 degrés, moins de cinq levées en huit jours, le sachet ne vaut plus la peine.
- Mettez les plants de pomme de terre à germer en cagette, en pleine lumière et autour de 10 degrés, la couronne d'yeux vers le haut : fin janvier dans le Midi, courant février ailleurs.
Au verger
- Taillez pommiers et poiriers par temps sec et hors gel : d'abord le bois mort, les branches qui se croisent et les gourmands verticaux, ensuite seulement les rameaux de l'année, au-dessus d'un oeil tourné vers l'extérieur.
- Rabattez à ras deux ou trois des plus vieilles branches du groseillier, les plus sombres et les plus arquées, pour ne garder que huit à dix charpentières bien réparties.
- Taillez la vigne à deux yeux par courson, entre deux gels : passé la fin février, la plaie pleure abondamment et la taille se paie sur la vigueur.
- Plantez les fruitiers à racines nues, pommier et cerisier notamment, seulement si la terre n'est ni gelée ni collante : pralinez les racines, gardez le point de greffe à 10 cm au-dessus du sol, arrosez 10 litres pour coller la terre aux racines.
- Mettez en jauge les arbres livrés pendant une période de gel : racines couchées dans une tranchée de 30 cm, recouvertes de terre fine, jusqu'au redoux.
- Ramassez les fruits momifiés restés accrochés aux branches et ceux qui traînent au sol, et sortez-les du verger : ils portent la moniliose jusqu'au printemps.
- Desserrez les colliers de tuteurage qui marquent l'écorce et remplacez les piquets dont la base s'enfonce sous l'ongle.
Au jardin d'ornement
- Laissez rosiers, hortensias et clématites intacts ce mois-ci : leur taille se fait en février ou en mars, une coupe de janvier ouvre les yeux aux gelées qui suivent.
- Faites tomber la neige lourde des conifères et des haies persistantes avec un manche à balai, en poussant de bas en haut, avant qu'une charpente ne se fende.
- Retassez au pied la terre des vivaces plantées à l'automne que le gel a déchaussées, dès le dégel et jamais pendant la gelée.
- Buttez le collet des plantes frileuses avec 15 à 20 cm de feuilles mortes sèches, maintenues par un grillage ou des branchages plutôt que par une bâche plastique.
- Marquez à l'étiquette les touffes de perce-neige et de crocus déjà pointantes : vous saurez où ne pas planter la bêche au printemps.
- Laissez en place les tiges creuses et les feuillages secs des massifs jusqu'en mars : les auxiliaires y passent l'hiver, et la coupe sera plus rapide sur un sol ressuyé.
- Remplissez la mangeoire tous les jours sans interruption jusqu'en mars et posez un point d'eau que vous dégelez le matin : une mangeoire abandonnée en cours d'hiver dessert les oiseaux.
Sous abri et à l'intérieur
- Espacez franchement les arrosages : sous neuf heures de lumière, une plante d'intérieur consomme peu. Attendez que les trois premiers centimètres de substrat soient secs au doigt.
- Arrosez l'orchidée phalaenopsis en fleur par trempage de dix minutes tous les huit à dix jours, laissez égoutter complètement, et gardez-la entre 18 et 20 degrés, loin d'un radiateur et d'une porte d'entrée.
- Écartez les feuillages du contact direct avec la vitre : trois ou quatre centimètres suffisent à éviter la brûlure de froid des nuits claires.
- Reportez tous les rempotages à mars : rempoter une plante à l'arrêt, c'est mettre des racines inactives dans un substrat qui reste humide trop longtemps.
- Dépoussiérez les grandes feuilles du monstera et du ficus lyrata au chiffon humide : en janvier, une pellicule de poussière coûte une lumière qui manque déjà.
- Inspectez le revers des feuilles une fois par semaine : l'air sec du chauffage fait exploser les populations d'araignées rouges et de cochenilles entre janvier et mars.
- Aérez la serre froide une heure vers midi dès que la température y dépasse 15 degrés, puis refermez avant 16 heures pour garder la chaleur de la journée.
Entretien et matériel
- Affûtez sécateur et serpette à la pierre, sur le seul biseau extérieur et en respectant l'angle d'origine, puis huilez la lame, l'axe et le ressort avant de ranger.
- Désinfectez les lames à l'alcool à 70 degrés entre deux arbres, en particulier après avoir coupé du bois mort, chancreux ou momifié.
- Lavez godets, plaques et caissettes à l'eau chaude savonneuse, rincez et laissez sécher : ils serviront dans quatre à six semaines.
- Faites réviser la tondeuse maintenant, vidange, bougie, filtre à air et lame affûtée puis équilibrée : en mars, les ateliers affichent trois semaines de délai.
- Vérifiez que les robinets extérieurs sont purgés et que le récupérateur d'eau n'est pas rempli à ras bord : posez une planche de bois en travers de la cuve pour absorber la poussée de la glace.
- Retournez le compost si le tas n'est pas pris en gel, ajoutez de la matière sèche s'il est détrempé, et couvrez-le d'un carton ou d'une bâche respirante contre le lessivage.
- Réparez les structures pendant que le jardin est vide : grillage détendu, piquets pourris à la base, verre ou polycarbonate de châssis qui a bougé.
Les pièges du mois
- Le sol piétiné en plein hiver. Une planche foulée sur terre gelée ou détrempée reste compactée jusqu'en juin, et les racines de printemps y buteront. Posez une planche de bois pour répartir le poids, ou attendez trois jours de ressuyage.
- La taille par temps de gel. En dessous de moins deux ou trois degrés, le bois est cassant et la plaie se déchire au lieu de se couper net. Reportez au premier redoux : il y en a toujours un avant fin février.
- La taille des rosiers et des hortensias trop tôt. Elle réveille les yeux du bas juste avant les grosses gelées de février. Ces deux tailles attendent février ou mars, selon la région et l'altitude.
- Les semis lancés sur un rebord de fenêtre. Huit à neuf heures d'une lumière faible ne suffisent pas : le plant file, s'étiole et se couche. Un semis de mars le rattrapera largement en juin, sans lampe ni facture de chauffage.
- Les pots posés à même le sol. L'eau stagne sous le pot, la motte prend en glace et les racines meurent avant les feuilles. Surélevez sur des cales, groupez les pots contre un mur, et arrosez les persistants un matin de redoux quand la motte sonne creux.
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Questions fréquentes sur janvier
Y a-t-il vraiment quelque chose à semer en janvier ?
Pour un jardin ordinaire, non, et c'est une bonne nouvelle. Les premiers semis utiles commencent en février sous abri, avec de la lumière et de la chaleur. Certains jardiniers équipés d'une serre chauffée et d'un éclairage horticole démarrent poivrons et aubergines dès la fin janvier, mais le surcoût est réel et un semis de février les rattrape presque toujours. Janvier sert à préparer ces semis, pas à les avancer.
Peut-on tailler les arbres fruitiers quand il gèle ?
Non. En dessous de moins deux ou trois degrés, le bois gorgé d'eau devient cassant : la lame écrase les fibres au lieu de trancher, et la plaie cicatrise mal. Attendez un redoux, choisissez une journée sèche pour que les coupes ressuient avant la nuit, et gardez le sécateur bien affûté. Le créneau de taille court de décembre à février, il n'y a aucune urgence à couper le 15 janvier.
Faut-il bêcher le potager en janvier ?
À votre place, on laisserait la bêche au sec. Sur un sol gelé, c'est impossible ; sur un sol détrempé, chaque passage lisse et compacte la couche du dessous. Le compost mûr épandu en surface, 3 à 5 litres au mètre carré, plus un paillage, fait le travail sans effort : la vie du sol l'incorpore d'ici mars. Si une planche est vraiment tassée, décompactez à la fourche-bêche au premier ressuyage, sans retourner.
Mes poireaux sont pris dans le gel, sont-ils perdus ?
Non, le poireau supporte des gelées sévères en place. Ne l'arrachez pas tant qu'il est gelé : le fût casse et le feuillage cassant se blesse. Attendez le dégel, puis soulevez à la fourche-bêche. Un paillage de 10 à 15 cm posé avant les grands froids garde la terre meuble et permet de récolter à peu près toute la période. Les feuilles extérieures abîmées se retirent au moment de la cuisine.
Peut-on planter un arbre fruitier en janvier ?
Oui, à racines nues, si la terre n'est ni gelée ni collante, ce qui laisse en pratique quelques fenêtres dans le mois. Pralinez les racines, gardez le point de greffe à 10 cm au-dessus du sol, arrosez pour coller la terre aux racines même par temps froid. Si le gel s'installe le jour de la livraison, mettez l'arbre en jauge dans une tranchée et plantez au redoux. Les rosiers et les petits fruits, eux, se plantent mieux en février.
Comment protéger les plantes en pot sur un balcon ?
Le point faible n'est pas le feuillage mais la motte, qui gèle de tous les côtés à la fois. Groupez les pots contre un mur, à l'abri du vent dominant, surélevez-les sur des cales pour que l'eau s'évacue, et entourez le contenant d'un matériau isolant plutôt que la plante. Un voile d'hivernage sur le feuillage se pose pendant l'épisode de froid et se retire au redoux, sinon la plante s'étiole.













