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Orchidée phalaenopsis : arrosage, taille et refloraison

Phalaenopsis , famille des Orchidacées

Une phalaenopsis meurt rarement de soif. Elle meurt d'eau oubliée au fond du cache-pot, de terreau à la place de l'écorce, et d'une chaleur constante qui ne déclenche jamais la moindre hampe florale.

Fleurs blanches au-dessus d'un pot transparent, racines vertes et écorce de pin, étagère de salle de bains
ExpositionMi-ombre
ArrosageArrosage modéré
Solécorce de pin drainante, jamais de terreau
Hauteur20 à 30 cm de feuillage, 60 à 70 cm hampe comprise
Espacementun sujet par pot percé de 12 à 14 cm
CycleVivace
RusticitéGélive, à cultiver en saison
DifficultéDemande un peu de main

Le calendrier de la orchidée phalaenopsis

  1. Janvier : floraison
  2. Février : floraison, taille
  3. Mars : floraison, taille
  4. Avril : plantation
  5. Mai : plantation
  6. Juin : plantation
  7. Juillet : rien à faire
  8. Août : rien à faire
  9. Septembre : rien à faire
  10. Octobre : floraison
  11. Novembre : floraison
  12. Décembre : floraison
  • Plantation
  • Floraison
  • Taille
  • Plantation avril à juin
  • Floraison octobre à mars
  • Taille février à mars

L'essentiel

  • Les racines changent de couleur selon leur état : vert franc quand elles sont hydratées, gris argenté quand la plante a soif, et c'est ce signal qui commande l'arrosage, pas le calendrier.
  • Le cache-pot ne doit jamais garder d'eau au fond : c'est la première cause de pourriture des racines, très loin devant toutes les maladies.
  • Une phalaenopsis ne se cultive pas en terreau mais en écorce grossière, dans un pot percé, rempoté tous les deux à trois ans entre avril et juin.
  • La refloraison se déclenche par un écart entre le jour et la nuit d'environ 5 degrés pendant trois à quatre semaines à l'automne, pas par un engrais.
  • Une hampe restée verte après la chute des fleurs peut être coupée au-dessus du deuxième oeil pour obtenir une hampe secondaire, une hampe sèche se coupe à la base.

Une phalaenopsis meurt rarement de soif. Elle meurt d'un fond de cache-pot resté plein, de racines enfermées dans un terreau qui ne respire pas, ou d'une chaleur d'appartement si régulière qu'aucune hampe ne se déclenche jamais. Cette orchidée pousse dans la nature accrochée à l'écorce des arbres, racines à l'air libre : tout son entretien découle de ce détail-là.

Rempoter, la seule plantation qui existe

Une phalaenopsis ne se sème pas à la maison et ne se plante pas en pleine terre. Le seul geste de mise en place, c'est le rempotage, tous les deux à trois ans, entre avril et juin, une fois les fleurs tombées et les nouvelles racines reparties.

Le signal n'est pas la taille de la plante mais l'état du substrat : quand l'écorce s'effrite entre les doigts et forme une matière sombre et fine qui retient l'eau comme une éponge, elle asphyxie les racines même avec un arrosage parfait.

Sortez la motte, démêlez les racines à la main, retirez toute l'ancienne écorce, y compris les fragments coincés au coeur. Coupez uniquement les racines brunes, creuses ou molles, avec une lame désinfectée. Gardez les fermes, même grises d'aspect : elles reverdiront au premier arrosage. Rempotez en écorce de pin de calibre moyen, dans un pot percé à peine plus large, sans tasser. Attendez trois à cinq jours avant d'arroser, le temps que les coupes cicatrisent.

ÉtapePériodeRepère technique
RempotageAvril à juinTous les 2 à 3 ans, écorce effritée
Croissance des racinesAvril à septembrePointes vertes vives au bout des racines
EngraisAvril à septembreUn arrosage sur trois, dose de l'étiquette
Cure de fraîcheurSeptembre, octobreNuits à 15 à 18 degrés, 3 à 4 semaines
FloraisonOctobre à mars2 à 3 mois de fleurs ouvertes
Coupe de la hampeFévrier, marsAprès la chute des dernières fleurs

La lumière, le pot et l'écorce

Cette orchidée veut beaucoup de lumière, jamais de soleil direct aux heures chaudes. Une fenêtre orientée à l'est est l'emplacement idéal : soleil doux le matin, clarté toute la journée. Au sud, reculez la plante d'un mètre ou filtrez par un voilage. Au nord, elle survivra en général sans jamais refleurir.

Le feuillage renseigne mieux qu'un luxmètre. Un vert moyen, presque olive, feuilles portées à l'horizontale : éclairage correct. Un vert foncé et brillant, feuilles molles et retombantes : pièce trop sombre. Des reflets rougeâtres puis des plages brunes et sèches : excès de soleil direct. Notre dossier sur la lumière chez soi, mesurée plutôt que devinée donne les repères pièce par pièce.

Côté substrat, oubliez la terre. Écorce de pin de calibre moyen, un peu de sphaigne ou de perlite si vous voulez, rien d'autre. L'écorce laisse passer l'air et ne retient l'eau que quelques jours : c'est ce que réclament des racines couvertes de velamen, ce tissu blanc et spongieux qui absorbe l'humidité en quelques minutes puis respire le reste du temps. Le terreau, lui, reste humide en permanence et tue la plante en une saison.

Arroser et nourrir : les racines vous le disent

La couleur des racines est un indicateur d'humidité qu'on lit à travers le pot. Vertes, elles sont gorgées d'eau, la plante n'a besoin de rien. Gris argenté sur toute leur longueur, elles ont épuisé leur réserve : c'est le moment.

Deux méthodes se valent, à condition qu'aucune goutte ne stagne ensuite. Le bain : immerger le pot, sans son cache-pot, dans une bassine d'eau à température ambiante pendant quinze à vingt minutes, puis égoutter un bon quart d'heure. Le rinçage : faire couler l'eau à travers l'écorce sur l'évier, une minute, jusqu'à ce que tout ait traversé.

  • En été, dans une pièce chaude, cela revient souvent à un arrosage tous les sept à dix jours.
  • En hiver, dans une pièce plus fraîche, l'intervalle passe à douze ou quinze jours.
  • L'eau du robinet convient, sortie du robinet la veille ; en eau très calcaire, une eau de pluie ou déminéralisée limite les dépôts blancs sur les racines.

Ne laissez jamais d'eau au creux de la rosette, entre les feuilles : épongez-la au mouchoir en papier. Piégée au coeur pendant une nuit fraîche, elle provoque une pourriture du collet contre laquelle il n'y a rien à faire.

Côté engrais, un produit spécifique orchidées, à la dose portée sur l'étiquette, un arrosage sur trois d'avril à septembre, rien pendant la floraison hivernale ni juste après un rempotage. Les autres plantes de la maison suivent la même logique d'arrosage à l'observation, détaillée dans notre dossier sur la bonne fréquence d'arrosage des plantes d'intérieur.

Couper la hampe florale, ou la garder

La floraison dure deux à trois mois, parfois davantage. Quand la dernière fleur est tombée, en février ou en mars le plus souvent, observez la hampe avant de sortir le sécateur.

Verte et souple, elle peut donner une hampe secondaire : coupez un centimètre au-dessus du deuxième ou du troisième oeil en partant du bas, ces petits renflements bruns espacés le long de la tige. La nouvelle pousse part sous quelques semaines, avec moins de fleurs que la première fois.

Jaunie, brunie ou desséchée par le haut, elle est finie : coupez-la à deux centimètres de la base, la plante remettra son énergie dans ses feuilles et ses racines. Une lame désinfectée à l'alcool entre deux plantes évite de transmettre un virus d'un sujet à l'autre.

Faire refleurir : l'écart de température

C'est là que presque tout se joue, et cela ne figure jamais sur l'étiquette du fleuriste. Une phalaenopsis initie ses hampes quand les nuits passent environ 5 degrés sous la température du jour, trois à quatre semaines durant. En appartement chauffé à 21 degrés jour et nuit, ce signal n'arrive jamais : la plante fait des feuilles, se porte bien, et ne fleurit plus.

Les problèmes courants, du plus fréquent au plus grave

SymptômeCause probableRéponse
Feuilles molles et ridées, racines brunes et creusesExcès d'eau, substrat dégradéRempoter en écorce neuve, couper les racines mortes
Feuilles molles et ridées, racines grises et fermesManque d'eauBain de vingt minutes, puis reprise du rythme
Feuille du bas qui jaunit puis tombe, une seuleRenouvellement normalNe rien faire
Boutons qui tombent avant de s'ouvrirCourant d'air, déplacement, air sec, fruits mûrs à proximitéStabiliser l'emplacement, éloigner la corbeille à fruits
Gouttes collantes et brillantes sur la hampeNectar naturel, ou cochenillesVérifier l'aisselle des feuilles avant de conclure
Amas cotonneux blancs à la base des feuillesCochenilles farineusesRetirer au coton imbibé, isoler la plante
Taches noires et molles au coeur de la rosettePourriture du collet, eau stagnanteSécher, retirer les parties atteintes, cas souvent perdu
Absence de floraison, feuillage sainTempérature constante ou lumière trop faibleCure de fraîcheur d'automne, rapprocher de la fenêtre

Les gouttes collantes font paniquer sans raison une fois sur deux : cette orchidée produit un nectar sucré sur ses hampes, et c'est normal. Le doute se lève en inspectant l'aisselle des feuilles et le revers du feuillage, où des amas cotonneux ou des points mobiles changent le diagnostic. Notre dossier sur le diagnostic des cochenilles, thrips et araignées rouges tranche en quelques minutes. En cas de traitement, respectez strictement l'étiquette du produit.

Où la placer dans la maison, et avec quoi

Pas de compagne de culture au sens du potager, mais un voisinage qui compte. Regrouper trois ou quatre plantes d'intérieur sur un même plateau crée un microclimat plus humide, précieux en hiver quand le chauffage assèche l'air. Des billes d'argile humides dans une coupelle, sans contact avec le fond du pot, font le même travail.

À éviter : le dessus d'un radiateur, l'aplomb d'une fenêtre ouverte en plein hiver, le passage d'une porte d'entrée et la proximité d'une corbeille de fruits mûrs, qui dégagent de l'éthylène et font tomber les boutons avant leur ouverture.

En résumé, les six gestes qui suffisent

Arrosez quand les racines virent au gris, jamais par calendrier. Videz le cache-pot après chaque arrosage. Épongez l'eau tombée au coeur de la rosette. Rempotez en écorce entre avril et juin, tous les deux à trois ans. Offrez trois semaines de nuits fraîches à l'automne. Attendez que la hampe se décolore avant de la couper. Le reste, la plante s'en charge.

Questions fréquentes

À quelle fréquence arroser une orchidée phalaenopsis ?

Il n'existe pas de fréquence fixe, et c'est ce qui déroute au début. Regardez les racines à travers le pot transparent : vertes, elles ont encore de l'eau et vous ne touchez à rien ; gris argenté sur toute leur longueur, il est temps. En appartement chauffé, cela tombe souvent tous les sept à dix jours en été, tous les douze à quinze jours en hiver. Un pot devenu très léger confirme le diagnostic.

Faut-il couper la hampe après la floraison ?

Cela dépend de sa couleur. Une hampe qui reste verte et souple après la chute des dernières fleurs peut repartir : coupez-la environ un centimètre au-dessus du deuxième ou du troisième oeil en partant du bas, ces petits renflements bruns espacés le long de la tige. Une hampe qui jaunit, brunit et se dessèche ne redonnera rien : coupez-la à deux centimètres de la base, avec une lame propre et désinfectée.

Pourquoi mon orchidée ne refleurit-elle pas ?

Presque toujours parce qu'elle vit à température constante. En intérieur chauffé uniformément, il manque le signal qui déclenche l'initiation florale : un écart d'environ 5 degrés entre le jour et la nuit, pendant trois à quatre semaines. Placez la plante à l'automne dans une pièce fraîche la nuit, autour de 15 à 18 degrés, en gardant beaucoup de lumière. Le second facteur est la lumière : des feuilles vert foncé, molles et étalées signalent un emplacement trop sombre.

Que faire des racines qui sortent du pot ?

Rien. Ces racines aériennes sont normales chez une plante qui pousse naturellement accrochée à l'écorce des arbres, les racines à l'air libre. Les couper affaiblit la plante sans aucun bénéfice, et les forcer dans le substrat les casse. Si leur nombre vous gêne, c'est en général le signe que le pot est devenu trop petit : prévoyez un rempotage au printemps suivant, dans un contenant à peine plus large.

Les feuilles sont molles et ridées, est-ce un manque d'eau ?

Pas forcément, et la réponse se trouve dans le pot. Sortez délicatement la motte : des racines fermes mais grises et ratatinées confirment la soif, et un bain suffit à redresser la situation en quelques jours. Des racines brunes, creuses, molles sous les doigts indiquent l'inverse, une asphyxie par excès d'eau. Il faut alors rempoter d'urgence en écorce neuve, après avoir coupé toutes les racines mortes.

Peut-on installer une orchidée dans une salle de bains ?

Oui, à une condition : que la pièce ait une vraie fenêtre. L'humidité ambiante d'une salle de bains convient très bien à cette plante des forêts tropicales, mais une pièce borgne ou éclairée par un simple lanterneau ne fournira jamais assez de lumière pour former une hampe. Une salle de bains claire, avec une fenêtre orientée à l'est, est même l'un des meilleurs emplacements de la maison.

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