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Pothos : lumière, arrosage, taille et bouturage
Epipremnum aureum , famille des Aracées
Le pothos pardonne presque tout, sauf le terreau constamment humide et la pénombre prolongée. Ces deux erreurs expliquent à elles seules les feuilles jaunes, la panachure qui s'efface et les tiges nues sur un mètre.

Le calendrier de la pothos
- Plantation mars à mai, septembre
- Taille mars à septembre
L'essentiel
- Le pothos ne se sème pas : il se multiplie par bouture, et une tige coupée s'enracine dans un verre d'eau en deux à quatre semaines.
- Toute bouture doit porter au moins un noeud, ce renflement d'où partent la feuille et la racine aérienne : une feuille seule ne fera jamais de plante.
- Arrosez au doigt et non au calendrier : attendez que les 3 à 4 premiers centimètres de terreau soient secs, puis arrosez jusqu'à l'écoulement complet.
- Une panachure qui verdit signale un manque de lumière, pas une maladie : seules les feuilles nouvelles retrouveront leurs marbrures.
- Comme la plupart des Aracées, le pothos est irritant par ingestion et doit rester hors de portée des jeunes enfants et des animaux qui mordillent.
Le pothos passe pour increvable, et il l'est presque : il encaisse l'oubli, les pots trop petits et les pièces peu lumineuses. Ce qu'il ne supporte pas, c'est un terreau humide en permanence et des mois de pénombre. Tiges nues, feuilles redevenues vertes, base qui ramollit : presque tout se ramène à ces deux causes.
Bouturer plutôt que semer
Le pothos ne se sème pas. Il ne fleurit pratiquement jamais en appartement et ses graines ne se trouvent pas dans le commerce, mais c'est sans importance : une tige coupée donne une nouvelle plante en quelques semaines, sans matériel.
Prélevez un fragment portant deux ou trois feuilles et, surtout, au moins un noeud, ce renflement d'où sortent une feuille et une racine aérienne brunâtre. C'est le noeud qui fabrique les racines, pas la feuille : une feuille seule posée dans un verre d'eau y restera verte des mois sans jamais donner de plante. C'est l'erreur que presque tout le monde commet la première fois.
Coupez un centimètre sous le noeud, retirez la feuille la plus basse pour qu'elle ne trempe pas, et placez la bouture dans un verre d'eau claire, en lumière vive tamisée, entre 20 et 22 degrés. Changez l'eau chaque semaine. Les racines apparaissent en deux à quatre semaines et se repiquent à 4 ou 5 cm : plus longues, elles s'adaptent mal au terreau. La méthode complète est détaillée dans notre dossier sur le bouturage des plantes d'intérieur.
Pour une plante fournie tout de suite, installez 3 à 5 boutures enracinées dans un même pot de 15 cm. Un pothos de jardinerie n'est jamais autre chose que cela.
| Étape | Période | Repère technique |
|---|---|---|
| Bouturage | Mars à septembre | Un noeud minimum, coupe 1 cm en dessous |
| Enracinement dans l'eau | 2 à 4 semaines | Repiquer à 4 ou 5 cm de racines |
| Rempotage | Mars à mai, ou septembre | Pot de 2 à 3 cm de diamètre en plus |
| Taille de ramification | Mars à septembre | Couper juste au-dessus d'un noeud |
| Engrais | Avril à septembre | Toutes les 2 à 4 semaines, à demi-dose |
| Repos | Novembre à février | Ni engrais ni rempotage, arrosage espacé |
La lumière, et ce que la panachure raconte
Le pothos survit dans un couloir sombre, il n'y prospère pas. Sa place est à un ou deux mètres d'une fenêtre, en lumière vive mais filtrée. Le soleil direct d'une baie plein sud, lui, brûle les feuilles en plaques sèches et décolorées en quelques après-midis d'été.
La panachure est le meilleur indicateur de la lumière reçue. Les cultivars marbrés de blanc ou de jaune crème en réclament plus que le pothos vert doré ordinaire, parce que les zones claires ne photosynthétisent pas. Quand la lumière baisse, la plante fabrique des feuilles de plus en plus vertes : ce n'est pas une maladie, c'est un arbitrage. Pour trancher sans deviner, mieux vaut mesurer, comme dans notre méthode pour évaluer la lumière chez soi.
Un terreau pour plantes vertes allégé d'un tiers de perlite ou d'écorce fine lui suffit. Le pot doit être percé, sans exception, et le cache-pot vidé un quart d'heure après l'arrosage : une motte qui baigne reste la première cause de mort d'un pothos. Comptez 18 à 24 degrés dans la pièce ; en dessous de 12 degrés, la plante s'arrête et le feuillage finit par noircir.
Arroser au doigt, pas au calendrier
Enfoncez un doigt sur 3 à 4 cm dans le terreau. Frais et humide : attendez. Sec et poudreux : arrosez abondamment, jusqu'à ce que l'eau ressorte par le fond, puis videz la soucoupe.
Cela donne un arrosage tous les sept à dix jours au printemps et en été dans une pièce claire, toutes les deux à trois semaines en hiver. Ces rythmes dépendent du pot, de la lumière et du chauffage : ils ne remplacent pas le test du doigt, dont nous détaillons la logique dans notre dossier sur la bonne fréquence d'arrosage.
Le symptôme qui tranche entre les deux excès tient au terreau. Des feuilles jaunes et molles, avec une base de tige brune, dans un substrat encore humide : c'est le trop d'eau. Des feuilles qui pendent, un terreau sec et un pot devenu léger : c'est le manque, et la plante se redresse en quelques heures après un bon arrosage. Le manque se rattrape, l'excès rarement.
Nourrissez d'avril à septembre avec un engrais liquide pour plantes vertes, à demi-dose, toutes les deux à quatre semaines. Rien d'octobre à mars : la plante ne pousse pas, les sels s'accumulent et brûlent les pointes.
Tailler, guider, épaissir
Sans taille, un pothos file : la tige s'allonge, les entre-noeuds s'écartent, les feuilles du bas tombent une à une, et il reste deux mètres de corde verte au-dessus d'un pot dégarni.
Taillez de mars à septembre, pendant la croissance. Coupez juste au-dessus d'un noeud : la plante repart de ce point, souvent avec deux pousses au lieu d'une. Rabattre un tiers de la longueur au début du printemps suffit à retrouver une plante dense dans la saison, et chaque fragment coupé repart en bouture.
Deuxième geste, moins connu : le marcottage sur place. Enroulez une longue tige sur le dessus du pot et enterrez deux ou trois noeuds sous un centimètre de terreau, maintenus par une agrafe. Ils s'enracinent en quelques semaines et étoffent le centre de la plante, là où elle se dégarnit en premier.
Palissé sur un tuteur mousse, le pothos produit des feuilles nettement plus grandes qu'en retombée. C'est un choix esthétique, pas une question de santé.
Ni fleurs ni récolte : à quoi s'attendre
Les cases floraison et récolte de cette fiche sont vides, et ce n'est pas un oubli : en intérieur, le pothos ne fleurit pour ainsi dire jamais. Tout son intérêt tient au feuillage et à la vitesse à laquelle il occupe l'espace.
Les racines aériennes brunes le long des tiges sont normales : dans la nature, elles servent à s'accrocher aux troncs. Inutile de les couper. Guidez-les vers un tuteur mousse humide ou vers le terreau, elles finiront par nourrir la plante.
Les problèmes courants, dans l'ordre de fréquence
| Symptôme | Cause probable | Réponse |
|---|---|---|
| Feuilles jaunes et molles, base des tiges brune | Excès d'eau, racines asphyxiées | Dépoter, couper les racines noires, rempoter plus petit |
| Feuilles panachées qui verdissent | Lumière insuffisante | Rapprocher de la fenêtre, sans soleil direct |
| Pointes et bords bruns et secs | Air sec, excès d'engrais, eau très calcaire | Espacer l'engrais, rincer la motte, éloigner du radiateur |
| Plaques sèches et décolorées | Soleil direct sur le feuillage | Reculer d'un mètre ou voiler la vitre |
| Amas cotonneux blancs aux aisselles | Cochenilles farineuses | Tamponner au coton imbibé d'alcool, isoler la plante |
| Fines toiles, feuilles piquetées de clair | Araignées rouges, air chaud et sec | Doucher le feuillage, relever l'humidité |
| Tiges nues, feuilles seulement au bout | Pénombre et absence de taille | Rabattre d'un tiers, enterrer des noeuds dans le pot |
Retournez deux ou trois feuilles à chaque arrosage : cochenilles et araignées rouges s'installent au revers et aux aisselles. Cinq minutes suffisent au début, trois semaines quand la colonie se voit de loin.
Où le placer, et avec quoi
Le pothos n'a pas de compagnon au sens du potager : rien ne se joue entre racines dans un salon. Ce qui compte, c'est de regrouper des plantes aux mêmes besoins, pour ne pas arroser deux régimes différents avec le même arrosoir. Il cohabite avec les autres Aracées de la maison, même lumière filtrée, même terreau drainant, et une salle de bains éclairée par une fenêtre lui va très bien.
Le pothos en cinq gestes
Placez-le à un ou deux mètres d'une fenêtre claire, sans soleil direct. Arrosez seulement quand les premiers centimètres de terreau sont secs, puis abondamment, en vidant le cache-pot. Nourrissez d'avril à septembre, jamais en hiver. Rabattez d'un tiers au printemps et bouturez ce que vous coupez. Rempotez tous les deux ans, d'une taille de pot seulement. Le reste, il s'en occupe.
Questions fréquentes
Pourquoi les feuilles de mon pothos jaunissent-elles ?
Regardez le terreau avant de conclure. Si des feuilles jaunissent, mollissent et que la base des tiges brunit dans un substrat encore humide, c'est un excès d'eau et les racines s'asphyxient. Si une feuille isolée jaunit en bas d'une tige par ailleurs vigoureuse, c'est le vieillissement normal, rien à corriger. Un jaunissement pâle et généralisé sur une plante qui n'a rien reçu depuis un an relève, lui, du manque d'engrais.
Le pothos est-il toxique pour les chats et les enfants ?
Oui, par ingestion. Comme la plupart des Aracées, il contient des cristaux d'oxalate de calcium qui provoquent une irritation immédiate et douloureuse de la bouche, de la langue et de la gorge, avec salivation, parfois vomissements chez un chat ou un chien qui en a mâché. Placez la plante en hauteur, hors de portée des animaux qui mordillent et des jeunes enfants. En cas d'ingestion, appelez un centre antipoison ou un vétérinaire sans attendre les symptômes.
Comment faire repartir un pothos aux tiges dégarnies ?
Deux gestes, au printemps. D'abord rabattre : coupez chaque tige nue à un tiers de sa longueur, juste au-dessus d'un noeud, et la plante repart de ce noeud avec souvent deux pousses. Ensuite garnir la base : enroulez une tige longue sur le dessus du pot et enterrez deux ou trois noeuds sous un centimètre de terreau, ils s'enracinent en quelques semaines. Rapprochez enfin le pot de la fenêtre, sinon le problème reviendra.
Peut-on garder un pothos dans l'eau en permanence ?
Une bouture vit très longtemps dans un simple verre d'eau, c'est même une manière courante de décorer une étagère. Elle poussera cependant lentement et restera fine, parce qu'une eau claire ne contient presque rien à manger. Changez l'eau chaque semaine, ajoutez quelques gouttes d'engrais liquide très dilué au printemps, et sachez que le passage en terre devient difficile au-delà de dix centimètres de racines : les racines d'eau supportent mal le terreau.
Pourquoi mon pothos panaché devient-il tout vert ?
Parce qu'il manque de lumière. Les zones blanches ou jaunes des feuilles ne photosynthétisent pas : quand la lumière baisse, la plante produit des feuilles de plus en plus vertes pour continuer à fabriquer son énergie. Ce n'est pas une maladie et cela ne se soigne pas à l'engrais. Rapprochez le pot d'une fenêtre, sans soleil direct, et coupez les tiges entièrement vertes : les feuilles nouvelles retrouveront leurs marbrures, les anciennes non.
Quand et comment rempoter un pothos ?
De mars à mai, quand la plante redémarre, ou en septembre si l'été l'a fait doubler de volume. Rempotez seulement quand les racines sortent par les trous de drainage ou tournent en spirale au fond, en général tous les deux ans. Passez au pot suivant, deux à trois centimètres de diamètre de plus, jamais deux tailles d'un coup : un excès de terreau autour d'une petite motte reste humide des semaines et fait pourrir les racines.
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