Au jardin en septembreLe jardin, mois par mois

Fleurs & ornementFaire

Hortensia : la couleur, la taille et l'arrosage, enfin clairs

Un hortensia qui ne fleurit pas a presque toujours été taillé au mauvais moment, et une couleur qui refuse de virer tient au pH du sol. Voici comment identifier le vôtre, le tailler juste et l'arroser sans le griller.

Arbuste couvert de grosses boules bleues et roses le long d'un mur de pierre, sécateur coupant une fleur fanée

L'essentiel

  • Fleur en boule ou en plateau et feuille large et luisante : l'arbuste fleurit sur le bois de l'an passé, et une taille courte supprime la floraison. Fleur en cône : il fleurit sur les pousses de l'année, on peut rabattre franchement.
  • La fenêtre de taille est février dans le Midi et l'Ouest doux, mars en moitié nord, fin mars ou début avril en altitude : jamais l'automne.
  • Le bleu franc demande un pH inférieur à environ 5,5 et de l'aluminium disponible ; au-dessus de 6,5, la même variété reste rose, et une variété blanche ne change jamais.
  • En été, comptez 10 à 15 litres par pied et par arrosage, une à deux fois par semaine, plutôt que de petites doses quotidiennes.
  • Feuillage mou à 14 heures mais ferme au petit matin : c'est normal. Feuillage mou avant 9 heures : il manque réellement d'eau.

Trois questions reviennent toujours sur l'hortensia, et elles ont la même racine : presque personne ne sait quel hortensia il possède. C'est pourtant le type d'arbuste qui décide de la date de taille, de la possibilité de faire virer la couleur et, en partie, de sa soif. Identifiez le vôtre en deux minutes, tout le reste devient une suite de gestes simples.

Six hortensias, deux façons de fleurir

Un hortensia fleurit soit sur le bois formé l'année précédente, soit sur les pousses de l'année en cours. Cette seule différence commande la taille, et elle explique la quasi-totalité des arbustes qui ne fleurissent plus.

TypeCe qu'on voitFleurit surTailleCouleur pilotable
Hortensia à grosses têtes (Hydrangea macrophylla)Grosses boules ou plateaux plats, feuille large, épaisse, luisante, dentéeBois de l'an passéLégère, fin d'hiverOui
Hortensia dentelé (H. serrata)Silhouette plus fine, fleurs plates, feuille mate et pointueBois de l'an passéTrès légèreOui
Hortensia paniculé (H. paniculata)Fleurs en cônes allongés, crème virant au rose, tiges rigidesPousses de l'annéeCourte, fin d'hiverNon
Hortensia de Virginie (H. arborescens)Grosses boules blanches sur tiges souples, feuille mate en coeurPousses de l'annéeRabattage francNon
Hortensia à feuilles de chêne (H. quercifolia)Feuille lobée, panicules blanches, feuillage rouge en automneBois de l'an passéBois mort seulementNon
Hortensia grimpant (H. petiolaris)Liane à crampons, fleurs plates blanchesBois de l'an passéBois mort seulementNon

Reconnaître le vôtre sans étiquette

Deux indices suffisent presque toujours. Le premier est la date d'entrée en fleurs : un hortensia à grosses têtes ouvre en juin et a fini de démarrer début juillet, un paniculé commence en juillet et continue jusqu'en septembre. Le second est la position de la fleur : suivez la tige du regard. Si elle part d'un rameau gris et ligneux dont l'extrémité portait une fleur sèche l'hiver précédent, vous avez un hortensia à bois ancien. Si elle prolonge une pousse verte et tendre née ce printemps, c'est l'autre famille.

La forme de la feuille tranche les cas douteux. Épaisse, large, vernissée, presque grasse : macrophylla. Mate, plus fine, terminée en pointe allongée : serrata ou paniculata. Découpée comme une feuille de chêne : quercifolia. La fiche complète de l'hortensia détaille la plantation, les distances et les associations que ce dossier ne reprend pas.

Tailler sans supprimer la floraison de l'été

Sur un hortensia à grosses têtes, les bourgeons à fleurs de l'été prochain sont déjà formés au mois d'août précédent, logés juste sous la tête fanée. Toute coupe qui descend en dessous les emporte. C'est la première cause d'un arbuste vigoureux, vert, dense, et désespérément stérile.

La taille d'un hortensia à grosses têtes

  1. Attendez la fin de l'hiver, quand les bourgeons commencent à gonfler et que les fortes gelées sont derrière vous.
  2. Repérez sous chaque fleur sèche la première paire de gros bourgeons bien renflés, ceux qui donneront les fleurs.
  3. Coupez deux à trois centimètres au-dessus de cette paire, sécateur propre et affûté.
  4. Supprimez à ras le bois mort, cassant, gris clair, et les tiges grêles qui ne portent que de petits bourgeons plats.
  5. Tous les deux ou trois ans, retirez à la base une ou deux des plus vieilles branches pour faire de la place aux jeunes pousses.
  6. Ne touchez à rien d'autre : l'arbuste n'a pas besoin d'être mis en forme.

La fenêtre varie nettement selon la région. Février convient dans le Midi, sur la façade atlantique et en Bretagne. En moitié nord, mars est plus sûr. En altitude et dans l'est continental, attendez la fin mars ou le début avril, car une taille trop précoce fait démarrer les bourgeons juste à temps pour la gelée d'avril.

Les paniculés et les hortensias de Virginie : l'inverse exact

Ceux-là fleurissent sur les pousses de l'année, donc plus on les taille, plus ils fleurissent. En février ou mars, rabattez les rameaux du paniculé à deux ou trois paires d'yeux de la charpente, ce qui donne des cônes plus gros sur des tiges plus solides. L'hortensia de Virginie se rabat plus court encore, mais gardez une hauteur de 30 à 50 centimètres plutôt que de couper au ras du sol : rabattu trop bas, il produit des têtes énormes que la première pluie d'orage couche par terre.

Rajeunir un vieux pied, ou en déplacer un mal placé

Un hortensia de quinze ans qui s'étale, se dégarnit du centre et fleurit petit n'a pas besoin d'engrais, il a besoin de bois neuf. La méthode qui ne coûte aucune floraison consiste à supprimer chaque fin d'hiver, à ras, un tiers des branches les plus vieilles : celles dont l'écorce est grise, épaisse et pelucheuse. Trois hivers de suite, et l'arbuste est entièrement renouvelé.

Le rabattage total en une fois reste possible sur un pied en mauvais état, à la condition d'accepter une saison sans fleurs, parfois deux. Il se justifie quand l'arbuste a gelé, quand il a été mal taillé pendant des années, ou quand il est devenu impraticable le long d'un mur.

Bleu, rose ou mauve : ce qui se pilote vraiment

Seuls les hortensias à grosses têtes et les dentelés changent de couleur. Un paniculé, un hortensia de Virginie, un grimpant restent blancs quoi que vous fassiez, et une variété blanche de macrophylla ne bleuira jamais : elle n'a pas les pigments nécessaires. Le virage se joue sur deux conditions simultanées, un sol acide et de l'aluminium disponible, car l'aluminium ne devient assimilable qu'en terrain acide.

pH du solAluminium assimilableCouleur obtenue sur une variété bleue
En dessous de 5,5OuiBleu franc, soutenu
5,5 à 6,5Partiel, irrégulierMauve, bleu sale, têtes panachées
Au-dessus de 6,5NonRose franc
Sol calcaire actifNon, et retour rapide au roseRose, plus risque de feuilles jaunes

Deux détails changent le résultat autant que le pH. Le phosphore, le P des engrais, bloque l'assimilation de l'aluminium : un engrais riche en phosphore repousse un hortensia vers le rose, même en terre acide. L'eau d'arrosage compte tout autant, surtout en pot, où quelques années d'eau du robinet calcaire alcalinisent le substrat et virent la couleur sans que rien d'autre n'ait changé. Pour comprendre ce que le pH modifie réellement dans une terre, notre dossier sur le pH du sol, acide ou calcaire détaille la mesure et les amendements.

Les produits bleuissants du commerce sont à base de sulfate d'aluminium. Ils fonctionnent, mais à trois conditions : respecter la dose et le calendrier de l'étiquette, recommencer chaque année, et opérer sur un sol déjà acide ou dans un pot dont vous maîtrisez le substrat. En pleine terre franchement calcaire, le tampon du sol reprend le dessus en une saison et l'argent est perdu.

Passer au rose, l'opération inverse

Elle est plus facile en sol légèrement acide qu'en sol franchement acide. Un amendement calcique, apporté aux doses de l'étiquette en fin d'hiver, remonte le pH et rend l'aluminium indisponible. L'effet demande une à deux saisons et se renouvelle. En pot, l'opération se règle plus vite : substrat neutre, arrosage à l'eau du robinet, engrais contenant du phosphore.

Arroser : 10 à 15 litres, une à deux fois par semaine

Un hortensia bien installé en pleine terre demande, en été, 10 à 15 litres par pied et par arrosage, apportés en une seule fois au pied, tôt le matin. Une à deux fois par semaine suffit en climat tempéré, davantage sur sol sableux ou en pleine chaleur du Midi. La règle est la même que partout ailleurs au jardin : rarement et beaucoup vaut mieux que souvent et peu, parce que seul un arrosage copieux mouille la terre sur vingt centimètres et fait descendre les racines.

Un paillage de 7 à 10 centimètres, posé sur un sol déjà humide, divise nettement le nombre d'arrosages. Écorces, feuilles mortes broyées, tontes sèches en couches minces : le matériau importe moins que l'épaisseur maintenue toute la saison.

En pot, la règle s'inverse

Le volume de terre est limité, donc la fréquence prime sur la quantité. Par forte chaleur, vérifiez le substrat chaque jour en enfonçant le doigt sur cinq centimètres, quitte à arroser matin et soir. Prévoyez un contenant d'au moins 40 centimètres de diamètre, videz la soucoupe une demi-heure après l'arrosage, et sachez qu'une poterie non émaillée sèche bien plus vite qu'un bac en plastique ou en zinc. L'hiver, le froid attaque les racines par les parois du pot, une contrainte détaillée dans notre dossier sur hiverner ses plantes en pot sur un balcon.

Ce que disent les feuilles

SymptômeCause la plus probableCe que vous faites
Feuillage magnifique, aucune fleurTaille d'automne, ou taille trop basse en hiverNe tailler qu'en fin d'hiver, juste sous la fleur fanée
Aucune fleur, arbuste très vert et poussantExcès d'azote, souvent un engrais à gazon voisinArrêter l'azote, ne rien apporter d'autre qu'un compost mûr
Bourgeons noircis et pousses molles en avrilGelée tardive sur des bourgeons gonflésVoile les nuits à risque, taille plus tardive l'an prochain
Bords de feuilles bruns, secs, cassantsSoleil direct de l'après-midi, vent, sol secPailler, ombrer, envisager un déplacement à l'automne
Feuilles jaunes à nervures restées vertesChlorose, sol ou eau d'arrosage calcairePasser à l'eau de pluie, amendement acidifiant selon l'étiquette
Têtes fleuries qui brunissent d'un coup en juilletCoup de chaleur associé à un sol secArrosage copieux immédiat, ombrage aux heures chaudes
Taches brunes cerclées sur le feuillage en fin d'étéMaladie foliaire favorisée par un feuillage mouillé le soirArroser au pied uniquement, ramasser les feuilles tombées
Feuilles collantes et fourmis sur les tigesPucerons sur les jeunes poussesJet d'eau, surveillance, laisser les coccinelles travailler

Le calendrier de l'hortensia, de la fin de l'hiver à l'automne

À la sortie de l'hiver, taillez, puis griffez en surface un compost mûr sur la zone couverte par le feuillage. En avril, surveillez les nuits froides sur les bourgeons gonflés, un voile posé le soir et retiré le matin suffit ; le programme du mois de mars rappelle les autres arbustes concernés à la même période. De mai à juin, installez le paillage sur un sol humide avant que la chaleur ne s'installe.

De juin à août, la floraison consomme beaucoup d'eau : c'est la période où l'arrosage se joue, et un pied qui souffre en juillet fabrique moins de bourgeons pour l'année suivante. En septembre et octobre, laissez les têtes sécher sur l'arbuste, plantez ou déplacez si nécessaire, et n'apportez plus d'azote, qui pousserait des tiges tendres juste avant les gelées.

Les cinq décisions à prendre cette saison

Regardez d'abord la forme des fleurs et la feuille : boule et feuille luisante, vous taillez léger en fin d'hiver ; cône, vous rabattez court. Laissez les têtes fanées en place tout l'hiver, quelle que soit l'envie de faire propre. Si la couleur vous importe, testez le pH avant d'acheter quoi que ce soit, et sachez qu'une variété blanche ne changera jamais. En été, servez 10 à 15 litres par pied, une à deux fois par semaine, au pied et le matin, plutôt que trois arrosoirs éparpillés dans la semaine. Et si votre hortensia grille chaque juillet au pied d'un mur au sud, ne cherchez pas de solution technique : déplacez-le cet automne à l'est, c'est le seul geste qui règle le problème pour de bon.

Questions fréquentes

Faut-il couper les fleurs fanées en automne ?

Sur un hortensia à grosses têtes, non. Les têtes sèches coiffent les bourgeons à fleurs formés pendant l'été et les protègent des gelées de l'hiver. Les couper en septembre ou octobre revient à supprimer une partie de la floraison suivante et à exposer le reste au froid. On les laisse en place, on les regarde blanchir, et on les coupe à la fin de l'hiver avec la taille. Sur les hortensias à fleurs en cône, l'enjeu est nul puisqu'ils refleurissent sur les pousses de l'année.

Mon hortensia est passé du bleu au rose tout seul, pourquoi ?

Parce que le sol autour de ses racines s'est alcalinisé, ou que l'aluminium n'y est plus disponible. Trois causes classiques : un arrosage à l'eau du robinet calcaire pendant plusieurs saisons, surtout en pot, un apport d'engrais riche en phosphore qui bloque l'aluminium, ou de la chaux venue d'un mur, d'un dallage ou d'un gravier voisin. En pleine terre calcaire, aucun produit ne tient durablement le bleu. En pot, l'eau de pluie suffit souvent à inverser la tendance en une ou deux saisons.

Peut-on rabattre un hortensia devenu trop gros sans perdre deux ans de fleurs ?

Oui, en étalant l'opération. Chaque fin d'hiver, supprimez à ras un tiers des branches les plus vieilles, les plus grosses et les plus grises, et laissez intactes les tiges jeunes qui portent les bourgeons à fleurs. En trois hivers, l'arbuste est entièrement renouvelé et il a fleuri chaque année. Un rabattage total en une seule fois relance de belles pousses vigoureuses, mais coûte une saison de floraison, parfois deux si l'été qui suit est sec.

Les fleurs virent au vert puis au rouge sombre en fin d'été, est-ce un problème ?

Non, c'est le vieillissement normal des sépales. Une fois la fécondation passée, la couleur d'origine se délave, le vert de fond ressort et les pigments évoluent souvent vers le lie-de-vin ou le cuivré, surtout en situation lumineuse. Ce virage n'a rien à voir avec le pH du sol et ne se corrige pas. C'est même le moment idéal pour couper quelques têtes destinées au séchage, quand elles ont pris une texture de papier au toucher.

Puis-je déplacer un hortensia mal placé, et à quel moment ?

Oui, tant qu'il n'a pas dix ans passés. La bonne fenêtre est l'automne, une fois les feuilles tombées, ou la sortie de l'hiver hors période de gel. Prélevez la motte la plus large que vous puissiez porter, réduisez le volume aérien d'un tiers pour compenser les racines perdues, replantez à la même profondeur et arrosez copieusement. Le premier été demande une vigilance particulière : un hortensia fraîchement transplanté flétrit au moindre coup de chaud.

Terre de bruyère ou terreau ordinaire pour un hortensia en pot ?

Un mélange des deux, à parts sensiblement égales, donne un meilleur résultat que la terre de bruyère pure, qui se dessèche vite et se réhumidifie mal une fois prise en masse. Le terreau apporte de la rétention d'eau et un peu de corps, la terre de bruyère maintient l'acidité qui garde le bleu. Ajoutez une poignée de compost mûr au printemps et arrosez à l'eau de pluie chaque fois que c'est possible.

Les fiches plantes du sujet

Romarin

Salvia rosmarinus

  • Plein soleil
  • Facile

Lavande

Lavandula angustifolia

  • Plein soleil
  • Facile

À lire ensuite

Toute la rubrique