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Clématite : planter, tailler et réussir la floraison
Clematis , famille des Renonculacées
Tout se joue à la plantation : un collet enterré de 5 à 10 cm et un pied à l'ombre décident de la floraison des dix années suivantes. Le reste tient à savoir dans quel groupe de taille vous êtes.

Le calendrier de la clématite
- Plantation mars à avril, septembre à octobre
- Floraison mai à septembre
- Taille février à mars
L'essentiel
- La clématite est la seule grimpante courante qu'on plante plus bas qu'elle ne l'était en pot : 5 à 10 cm de terre au-dessus du collet.
- Tête au soleil, pied à l'ombre : une pierre plate ou trois vivaces basses au pied suffisent à garder les racines fraîches tout l'été.
- La taille dépend entièrement du groupe : rien à couper en hiver sur les printanières, taille légère sur les grandes fleurs, rabattage sévère sur les tardives.
- Une tige qui s'effondre en deux jours alors que la terre est humide n'a pas soif : c'est le flétrissement, et il se coupe au ras du sol.
- Les pétioles s'enroulent autour du support : il doit rester fin, un fil, un grillage ou une tige, jamais un poteau lisse.
Une clématite qui déçoit n'a presque jamais un problème de variété. Elle a été plantée trop haut, le pied en plein soleil, ou taillée au mauvais moment parce que personne n'avait précisé dans quel groupe elle se rangeait. Ces trois points réglés, la même plante tient des années contre un mur et refleurit chaque printemps sans qu'on s'en occupe.
Planter, et enterrer le collet
L'automne est la meilleure fenêtre : septembre et octobre, quand la terre est encore chaude et que les pluies reviennent. Les racines s'installent avant l'hiver et la plante démarre au printemps avec une longueur d'avance. En terre lourde, en altitude ou dans les régions à hiver franc, préférez mars ou avril, une fois le sol ressuyé.
Creusez large : 50 cm de côté, 50 cm de profondeur, fond ameubli, un tiers de compost mûr mélangé à la terre extraite. Placez la motte à 30 ou 40 cm du mur, jamais collée contre lui : le pied d'un mur est l'endroit le plus sec du jardin, tenu à l'écart de la pluie par le débord de toiture. Inclinez la motte vers le support et guidez les tiges dessus, sans les plier.
Vient ensuite le geste qui distingue la clématite de toutes les autres grimpantes : enterrez le collet, la zone d'où partent les tiges, 5 à 10 cm sous le niveau final du sol. Ce n'est pas une maladresse, c'est la règle.
| Étape | Période | Repère technique |
|---|---|---|
| Plantation d'automne | Septembre, octobre | Terre encore chaude, la meilleure option |
| Plantation de printemps | Mars, avril | Sol ressuyé, préférable en terre lourde |
| Rabattage de formation | Fin du premier hiver | Toutes les tiges à 30 cm, quel que soit le groupe |
| Taille annuelle | Février, mars | Selon le groupe, voir plus bas |
| Floraison | Mai à septembre | Selon le type de clématite |
| Arrosages de reprise | Les deux ou trois premiers étés | 10 à 15 litres par semaine sans pluie |
Le rabattage du premier hiver surprend toujours : on vient d'acheter une plante d'un mètre cinquante et on la coupe à hauteur de genou. Il évite pourtant le défaut le plus courant, une clématite montée sur deux tiges nues avec toute la fleur à trois mètres de haut.
Sol, exposition et pied à l'ombre
Terre profonde, fraîche, drainée. Le calcaire ne la gêne pas, ce qui la rend facile dans la majorité des jardins français. Ce qu'elle ne pardonne pas, c'est l'eau qui stagne en hiver au niveau des racines : en sol argileux compact, plantez sur une légère butte ou améliorez le drainage avant, comme nous le détaillons pour une terre argileuse lourde.
La vieille formule tient toujours : tête au soleil, pied à l'ombre. La partie aérienne veut de la lumière, quatre à cinq heures par jour suffisent, et une exposition est ou ouest convient parfaitement. Les fleurs sombres, bleu violacé ou rouge, gardent d'ailleurs leur couleur bien plus longtemps à mi-ombre qu'en plein sud, où elles passent en quelques jours.
Le pied, lui, doit rester frais. Trois solutions, par ordre d'efficacité croissante : une tuile ou une pierre plate posée sur la souche, un paillage de 5 à 8 cm, ou des vivaces basses plantées à 30 cm du pied. La dernière option est la plus jolie et la plus durable, et elle règle en même temps le problème de la base dégarnie ; les principes de composition sont dans notre dossier sur un massif de vivaces qui fleurit longtemps.
Le support et le palissage
La clématite ne s'accroche ni par des crampons comme le lierre, ni par des ventouses comme la vigne vierge. Elle enroule le pétiole de ses feuilles autour de ce qu'elle rencontre, comme un doigt qui se referme. La conséquence est très concrète : le support doit être fin. Un fil tendu, un grillage à mailles, une tige de 5 à 10 mm, les rameaux d'un arbuste font l'affaire. Un poteau lisse de 8 cm de diamètre ou une planche large ne lui offrent aucune prise, et la plante retombe en paquet.
Arroser et nourrir les trois premiers étés
L'installation se joue là. Les deux ou trois premiers étés, comptez 10 à 15 litres par semaine en l'absence de pluie, en un seul apport au pied plutôt qu'en petites doses quotidiennes, pour forcer les racines à descendre. Ensuite, une clématite bien installée traverse un été normal sans intervention, sauf en pot et sauf sécheresse prolongée.
Le paillage est presque obligatoire, sur 5 à 8 cm, étalé sans le tasser contre les tiges. Il maintient la fraîcheur exacte que la plante réclame au niveau des racines.
Côté nourriture, une poignée de compost mûr griffée en surface en mars couvre l'essentiel des besoins. Sur un sujet installé qui fleurit peu, un engrais riche en potasse au débourrement soutient la mise à fleur. L'azote seul, engrais gazon compris, produit des mètres de tige et presque rien à regarder.
La taille, et la floraison qu'elle commande
C'est le point qui bloque tout le monde. Il n'existe pas une taille de la clématite, mais trois, et le choix dépend uniquement de l'endroit où la plante fabrique ses fleurs.
| Groupe | Types concernés | Quand elle fleurit | Taille |
|---|---|---|---|
| 1 | Montana, alpina, macropetala | Avril, mai, sur le bois de l'année précédente | Aucune taille d'hiver, simple nettoyage juste après la floraison |
| 2 | Hybrides à grandes fleurs | Mai, juin sur le bois d'un an, souvent une reprise en fin d'été | Février, mars, légère : bois mort retiré, tiges raccourcies jusqu'à une paire de gros bourgeons |
| 3 | Viticella, texensis, tangutica et apparentées | Juillet à septembre, sur les pousses de l'année | Février, mars, sévère : tout rabattre à 20 ou 40 cm du sol |
Un doute sur l'étiquette perdue ? La date de floraison tranche. Fleurs avant fin juin : ne touchez à rien en hiver. Fleurs à partir de juillet, portées par des pousses parties du bas au printemps : rabattez sans crainte. Une lame propre et bien affûtée évite les écrasements de tige.
Sur les hybrides à grandes fleurs, supprimez les fleurs fanées après la première vague : c'est ce qui déclenche la remontée de fin d'été. Sur les clématites tardives à fleurs jaunes en clochette, laissez au contraire les fruits plumeux en place, ils tiennent tout l'hiver et attrapent le givre.
Les problèmes courants
| Symptôme | Cause probable | Réponse |
|---|---|---|
| Une tige entière s'effondre en deux jours, terre humide | Flétrissement, maladie fongique de la base des tiges | Couper au ras du sol, évacuer les débris, la souche repart |
| Toute la plante s'affaisse, terre sèche au pied du mur | Sécheresse, très fréquente contre un mur abrité | Arroser 15 litres en une fois, pailler, elle se relève |
| Feutrage blanc sur feuilles et boutons en fin d'été | Oïdium | Aérer, arroser au pied, couper les parties atteintes |
| Jeunes pousses sectionnées au ras du sol au printemps | Limaces et escargots | Protéger les 50 premiers centimètres au débourrement |
| Base nue, fleurs uniquement dans le haut | Palissage vertical, absence de rabattage de formation | Rabattre une tige sur deux en hiver sur les groupes 2 et 3, garnir le pied |
| Végétation exubérante, très peu de fleurs | Excès d'azote ou taille au mauvais moment | Passer au compost et à la potasse, vérifier le groupe |
Le flétrissement se reconnaît à sa brutalité et à son caractère partiel : une tige s'affaisse entièrement, feuilles comprises, en un ou deux jours, pendant que sa voisine reste verte et que la terre est humide au pied. La sécheresse, elle, touche toute la plante en même temps et se corrige dans la journée avec un arrosage copieux. Ce détail suffit à trancher. Les hybrides à grandes fleurs sont les plus exposés ; les clématites à petites fleurs tardives le sont très peu, ce qui en fait le choix sûr pour un premier essai.
Les dégâts de printemps sur les jeunes pousses sont souvent mis sur le compte du gel alors qu'ils viennent des gastéropodes : une pousse gelée noircit et reste en place, une pousse mangée disparaît. Les méthodes qui fonctionnent vraiment sont passées en revue dans notre dossier sur les limaces et les moyens de les tenir à distance.
Associations : rosier, arbuste, vivaces au pied
Le mariage avec un rosier grimpant est un classique qui fonctionne, à deux conditions. Choisissez une clématite tardive à petites fleurs, taillée sévèrement en fin d'hiver au même moment que le rosier : vous rabattez la grimpante à 30 cm sans avoir à démêler deux plantes emmêlées dans le support. Plantez ensuite à 40 ou 50 cm du pied du rosier, pas dans le même trou, pour limiter la concurrence racinaire, et arrosez chacun séparément les deux premières années. La conduite du partenaire est détaillée dans notre fiche du rosier.
Une clématite tardive lancée dans un vieux lilas ou un arbuste de printemps lui offre une seconde saison : l'arbuste fleurit en avril, la grimpante prend le relais en juillet sur le même volume. Le support est déjà là, gratuit et parfaitement dimensionné.
Au pied, tout ce qui reste bas et couvrant convient : géraniums vivaces, heuchères à mi-ombre, petites graminées. Aucune association n'est réellement à proscrire ; la seule vraie limite est la concurrence d'un système racinaire massif, celui d'une haie de conifères ou d'un grand arbre, qui assèche le sol plus vite que vous ne l'arrosez.
Le minimum qui suffit
Plantez en automne, à 40 cm du mur, collet enterré de 5 à 10 cm, et rabattez à 30 cm le premier hiver. Ombrez le pied, paillez, arrosez généreusement une fois par semaine les trois premiers étés. Puis identifiez votre groupe de taille une bonne fois : rien à couper avant juin sur une printanière, taille légère en février sur une grande fleur, rabattage franc en février sur une tardive. Le reste de l'année, la plante se débrouille seule.
Questions fréquentes
Quand planter une clématite ?
Septembre et octobre offrent les meilleures conditions : la terre est encore chaude, les pluies reviennent, et les racines s'installent avant l'hiver. La plante démarre alors bien plus vite au printemps suivant. En terre lourde qui reste froide et gorgée d'eau tout l'hiver, en altitude ou dans les régions à hiver franc, reportez à mars ou avril, quand le sol est ressuyé. Un sujet acheté en conteneur peut se planter hors de ces fenêtres, mais il faudra l'arroser tout l'été.
Faut-il vraiment enterrer le collet ?
Oui, et c'est la principale différence avec toutes les autres grimpantes. Placez la motte de façon à laisser 5 à 10 cm de terre au-dessus du point d'où partent les tiges. La plante développe alors des bourgeons souterrains, une réserve qui lui permet de repartir si les tiges aériennes sont cassées, broutées ou détruites par le flétrissement. Une clématite plantée au ras du sol, elle, meurt du premier accident venu.
Comment savoir dans quel groupe de taille est ma clématite ?
Regardez la date de floraison et l'endroit où naissent les fleurs. Fleurs en avril ou mai sur les rameaux de l'année précédente : groupe 1, aucune taille en hiver. Grandes fleurs en mai et juin sur du bois d'un an, souvent avec une seconde vague en fin d'été : groupe 2, taille légère. Fleurs à partir de juillet sur des pousses parties de la souche au printemps : groupe 3, rabattage sévère. En cas de doute, ne taillez pas la première année et observez.
Pourquoi ma clématite ne fleurit pas ?
Trois causes couvrent presque tous les cas. La taille au mauvais moment d'abord : couper en février une clématite de printemps supprime la totalité des boutons déjà formés. L'excès d'azote ensuite, engrais gazon compris, qui fabrique des mètres de tiges et très peu de fleurs. La jeunesse enfin : les deux premières années servent à faire des racines, la floraison ne devient généreuse qu'à partir de la troisième. Un pied planté en plein soleil racine sèche fleurit également mal.
Une tige a flétri d'un seul coup, que faire ?
Coupez-la au ras du sol, sortez-la du jardin et ne compostez pas les débris. Si la terre est humide et que les tiges voisines restent vertes, il s'agit du flétrissement, une maladie fongique qui attaque la base des tiges des hybrides à grandes fleurs. Le pied n'est pas condamné : les bourgeons enterrés à la plantation redonnent de nouvelles pousses, parfois dès la même saison, souvent au printemps suivant. Arrosez normalement et attendez.
Peut-on cultiver une clématite en pot ?
Oui, avec du volume et de la patience à l'arrosage. Comptez au minimum 40 à 50 litres, un contenant plutôt haut que large, un mélange de terre de jardin, de terreau et de compost, et un vrai trou de drainage. Les variétés compactes et les clématites à petites fleurs tardives s'en accommodent mieux que les montana, trop vigoureuses. Habillez le pot d'une face claire ou d'une plante basse : un pot noir en plein soleil cuit les racines.
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