Au jardin en septembreLe jardin, mois par mois

ArbusteFleurs & ornement

Rosier : plantation, taille et floraison sans faute

Rosa , famille des Rosacées

Un rosier bien placé tient trente ans, un rosier mal placé végète trois ans. Presque tout se décide à la plantation, puis sur deux gestes annuels : la coupe de fin d'hiver et la propreté du feuillage.

Rose ancienne rose pâle aux pétales serrés, ouverte sur un buisson au feuillage vert sombre perlé de rosée
ExpositionPlein soleil
ArrosageArrosage modéré
Solprofond, frais, drainé, neutre à légèrement acide
Hauteur0,40 m à 1,20 m en buisson, 2 m à 4 m en grimpant
Espacement50 à 70 cm en buisson, 1 m à 1,50 m en arbuste, 2 m à 3 m en grimpant
CycleArbuste
RusticitéJusqu'à -20 degrés
DifficultéDemande un peu de main

Le calendrier de la rosier

  1. Janvier : rien à faire
  2. Février : plantation, taille
  3. Mars : plantation, taille
  4. Avril : rien à faire
  5. Mai : floraison
  6. Juin : floraison
  7. Juillet : floraison
  8. Août : floraison, taille
  9. Septembre : floraison
  10. Octobre : plantation, floraison
  11. Novembre : plantation
  12. Décembre : plantation
  • Plantation
  • Floraison
  • Taille
  • Plantation février à mars, octobre à décembre
  • Floraison mai à octobre
  • Taille février à mars, août

L'essentiel

  • Le rosier à racines nues se plante hors gel entre fin octobre et mars, et reprend mieux qu'un sujet en conteneur installé en pleine saison.
  • Le point de greffe se pose au niveau du sol dans le Midi, et s'enterre de 2 à 3 cm en zone froide ou en altitude.
  • La taille de fin d'hiver se fait quand les bourgeons gonflent, février dans le Midi, mars dans la moitié nord, jamais avant les fortes gelées.
  • Les rosiers grimpants à floraison unique se taillent en août, après leur vague de fleurs, sinon on supprime la floraison de l'année suivante.
  • Le marsonia se reconnaît à des taches noires sur le dessus des feuilles, la rouille à des pustules orange au revers : le côté de la feuille tranche le diagnostic.

Un rosier bien planté vit trente ans et fleurit six mois par an. Un rosier posé à la hâte dans un trou trop petit, contre un mur sec, végète trois saisons. Entre les deux, il y a une fenêtre de plantation, une profondeur de point de greffe et deux rendez-vous de taille.

Planter à racines nues, d'octobre à mars

Le rosier se vend sous deux formes, et elles ne se valent pas. Les racines nues, disponibles de la fin octobre à mars, coûtent moins cher et s'enracinent mieux : la plante passe l'hiver à fabriquer des racines pendant que la partie aérienne dort. Le conteneur se plante toute l'année, mais un sujet installé en juin réclamera un arrosage de survie tout l'été.

Creusez large plutôt que profond : 40 à 50 cm dans les trois dimensions, en décompactant le fond à la fourche-bêche sans le retourner. Raccourcissez les racines abîmées, puis trempez-les dans un pralin, mélange de terre fine, d'eau et de compost tamisé qui évite le dessèchement. Étalez les racines vers le bas et vers l'extérieur, rebouchez avec la terre du trou additionnée de compost mûr, tassez au pied et arrosez d'un arrosoir plein, même sous la pluie : c'est l'eau qui plaque la terre contre les racines.

Le soleil, le sol et la place

Cinq à six heures de soleil direct sont un minimum. Le soleil du matin est le plus utile, parce qu'il sèche vite la rosée et coupe court aux maladies de feuillage. Contre un mur clair, reculez la plantation de 40 à 50 cm et inclinez la motte vers lui : le pied de mur est la zone la plus sèche du jardin.

Le rosier demande un sol profond, frais, qui ne se gorge pas d'eau en hiver. Il tolère le calcaire modéré et se plaît entre pH neutre et légèrement acide. Une terre lourde se travaille au compost et au sable grossier plutôt qu'au terreau seul.

Les distances se respectent, parce qu'un feuillage tassé ne sèche jamais : 50 à 70 cm entre deux rosiers buissons, 1 m à 1,50 m entre deux arbustes, 2 m à 3 m entre deux grimpants palissés sur un même mur.

Arroser et nourrir sans excès

Un rosier installé depuis deux ans va chercher son eau loin et ne réclame presque rien. Tout se joue la première année : 10 à 15 litres par pied et par semaine en été, en un seul arrosage copieux plutôt qu'en petits apports quotidiens qui gardent les racines en surface. Arrosez au pied, tôt le matin, jamais sur le feuillage.

Un paillage de 5 à 7 cm, écorces ou tontes sèches, garde la fraîcheur et évite les éclaboussures qui projettent les spores sur les feuilles basses. Dégagez le collet sur une dizaine de centimètres.

Pour la fertilisation, deux apports suffisent :

  • deux à trois litres de compost mûr en surface, en fin d'hiver, juste après la taille ;
  • un engrais riche en potasse après la première vague de floraison, fin juin ou début juillet selon la région.

Rien après la mi-août. Un apport tardif relance des pousses tendres qui n'auront pas le temps de durcir et que le premier gel abîmera.

Tailler : la coupe de fin d'hiver, le rattrapage d'août

Le repère n'est pas une date, c'est la plante : on taille quand les bourgeons gonflent et pointent en rouge, avant que les feuilles ne se déploient. Février dans le Midi et sur la façade atlantique douce, mars dans la moitié nord et en altitude.

Sur un rosier buisson, gardez trois à cinq branches charpentières saines et rabattez-les à trois ou cinq yeux, soit 15 à 25 cm du sol. Supprimez le bois mort, le bois grêle comme un crayon de papier et les branches qui se croisent au centre. La coupe se fait nette, légèrement en biseau, à 5 mm au-dessus d'un oeil tourné vers l'extérieur : plus près, l'oeil sèche ; plus loin, le chicot pourrit. Un sécateur affûté, désinfecté entre deux pieds, évite de transporter les maladies.

Les arbustes et les rosiers de type anglais se contentent d'une réduction d'un tiers. Sur un grimpant remontant, palissez les charpentières le plus à l'horizontale possible, ce qui déclenche la floraison sur toute leur longueur, et rabattez les rameaux latéraux à deux ou trois yeux.

De mai aux gelées : conduire la floraison

La première vague s'ouvre à partir de la mi-mai dans le Midi, plutôt début à mi-juin dans la moitié nord. Sur les variétés remontantes, la floraison repart ensuite par vagues jusqu'aux premières gelées, avec souvent un pic en septembre, quand les nuits fraîchissent et que les couleurs se chargent.

La suppression des fleurs fanées entretient ce rythme. Coupez juste au-dessus de la première feuille bien constituée à cinq folioles : un bourgeon vigoureux s'y trouve, alors qu'une coupe au ras de la fleur ne donne qu'une pousse chétive. Arrêtez fin septembre pour laisser le bois durcir.

Pour le vase, cueillez le matin, sur des boutons à peine entrouverts. La première année, ne prélevez pas de tiges de plus de 20 à 25 cm : chaque tige coupée est du feuillage en moins pour une plante en installation.

Les problèmes courants, du plus fréquent au plus rare

SymptômeCause probableRéponse
Taches noires arrondies à bords frangés sur le dessus des feuilles, puis jaunissement et chuteMarsonia, ou maladie des taches noiresRamasser et sortir les feuilles tombées, arroser au pied, aérer
Pustules orange puis brunes au revers des feuillesRouilleSupprimer les feuilles atteintes, éviter l'excès d'azote
Feutrage blanc farineux sur les jeunes pousses et les boutonsOïdiumAérer, arroser régulièrement au pied, éviter le pied de mur sec
Boutons déformés, tiges collantes, colonies vertes ou noiresPuceronsJet d'eau, patience, laisser venir les auxiliaires
Encoches nettes en demi-cercle sur le bord des feuillesAbeille découpeuseNe rien faire, l'insecte est inoffensif et utile
Pousse vigoureuse partant sous le point de greffe, folioles plus clairesDrageon du porte-greffeDégager la terre et arracher d'un coup sec
Beaucoup de feuillage, peu de fleursExcès d'azote ou manque de soleilPasser à un engrais riche en potasse, revoir l'emplacement

Le côté de la feuille suffit à trancher entre les deux confusions les plus fréquentes : le marsonia marque le dessus du limbe de taches noires, la rouille installe ses pustules orange au revers. Ces champignons sont décrits dans notre dossier sur le mildiou, l'oïdium et la rouille. Si vous envisagez un traitement, limitez-vous aux produits autorisés au jardin amateur et suivez strictement les doses et les délais portés sur l'étiquette.

Ce qui pousse bien à ses pieds

Le pied d'un rosier est souvent nu. Les vivaces de terrain drainé s'y glissent sans concurrence gênante : népétas, sauges et géraniums vivaces, ails d'ornement pour le printemps, ou la lavande en bordure ensoleillée.

Deux règles pratiques : gardez 40 cm de dégagement autour du collet, et écartez les couvre-sols denses qui retiennent l'humidité contre les branches basses. Évitez aussi l'emprise racinaire d'un arbre établi : le rosier y perdra la course à l'eau.

Le programme d'une année de rosier

MomentGesteRepère
Octobre à décembrePlantation à racines nuesSol non gelé, ni détrempé
Février ou marsTaille de fin d'hiver, compost en surfaceBourgeons gonflés et rouges
Avril à maiPaillage, surveillance des premiers puceronsSol réchauffé et humide
Mai à juinPremière vague de floraisonSuppression des fleurs fanées
Fin juin à juilletEngrais riche en potasse, arrosage de la première annéeAprès la première vague
AoûtTaille des grimpants à floraison uniqueJuste après leur floraison
SeptembreDeuxième pic de floraisonArrêt du nettoyage en fin de mois
NovembreRamassage des feuilles malades, buttage en zone froideAvant les premiers gels durables

Plantez large et hors gel, réglez la profondeur du point de greffe selon votre climat, taillez quand les bourgeons gonflent et pas au calendrier, arrosez au pied la première année, ramassez les feuilles tombées. Ces cinq gestes séparent un rosier qui s'installe pour trente ans d'un rosier qu'on remplace tous les quatre ans.

Questions fréquentes

Quand tailler un rosier ?

En fin d'hiver, quand les bourgeons gonflent et pointent en rouge mais que les feuilles ne sont pas déployées. Cela tombe en février sur le pourtour méditerranéen et dans le Sud-Ouest, en mars dans la moitié nord et en altitude. Tailler trop tôt expose les jeunes pousses aux fortes gelées de janvier. Seule exception : les rosiers grimpants et anciens à floraison unique, qui se taillent en août, juste après leur unique vague de fleurs.

Faut-il couper les fleurs fanées ?

Sur les variétés remontantes, oui : c'est ce qui relance la floraison. Coupez juste au-dessus de la première feuille bien constituée à cinq folioles, sous la fleur fanée, et non au ras du bouton. Arrêtez ce nettoyage vers la fin septembre, pour laisser le bois mûrir avant l'hiver et, sur les variétés qui en produisent, laisser se former les cynorrhodons. Sur un rosier à floraison unique, la suppression des fleurs fanées ne change rien à la quantité de fleurs.

Peut-on cultiver un rosier en pot ?

Oui, avec du volume et une variété adaptée. Comptez 40 à 50 litres et au moins 40 cm de profondeur pour un rosier buisson ou un rosier dit de patio, davantage pour un grimpant. Un pot trop petit condamne la plante à un stress permanent, avec floraison brève et feuillage clairsemé. L'arrosage devient quotidien en pleine chaleur, et le substrat s'épuise : renouvelez les premiers centimètres chaque fin d'hiver, et rempotez tous les deux à trois ans.

Les feuilles noircissent, jaunissent puis tombent : que se passe-t-il ?

C'est presque toujours le marsonia, aussi appelé maladie des taches noires. Des taches sombres à contour frangé apparaissent sur le dessus des feuilles, en commençant par le bas de la plante, puis le limbe jaunit et la feuille tombe. Le champignon passe l'hiver dans les feuilles mortes au sol : ramassez-les et sortez-les du massif plutôt que de les enfouir. Un arrosage au pied, un feuillage aéré et des variétés réputées résistantes réduisent nettement les attaques.

Mon rosier fait des pousses très vigoureuses aux feuilles différentes, faut-il les garder ?

Regardez d'où elles partent. Si la pousse naît sous le point de greffe, ce renflement à la base des branches, c'est un drageon du porte-greffe : ses folioles sont souvent plus nombreuses, plus claires, ses aiguillons plus fins et serrés. Elle épuisera le rosier greffé et donnera au mieux de petites fleurs sans intérêt. Dégagez la terre et arrachez-la d'un coup sec à son point d'insertion : coupée au sécateur, elle repart en plus fort.

Peut-on planter un rosier là où un autre vient d'être arraché ?

Pas directement. Un jeune rosier installé à l'emplacement d'un rosier ancien démarre mal, reste chétif et rattrape rarement son retard : c'est ce que les pépiniéristes appellent la fatigue du sol. La parade est mécanique : remplacez la terre sur 50 cm de large et 50 cm de profondeur par de la terre prise ailleurs au jardin, mélangée à du compost bien mûr. À défaut, décalez simplement la nouvelle plantation d'un mètre.

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