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ArbusteFleurs & ornement

Lavande : la planter, la tailler, la garder longtemps

Lavandula angustifolia , famille des Lamiacées

La lavande ne demande presque rien, et c'est exactement pour cela qu'on la perd. Trois choses la tuent : un sol qui garde l'eau en hiver, un excès de compost, et un coup de sécateur donné trop bas.

Touffe fleurie au bord d'une allée de gravier, abeilles sur les épis violets, sol sec et pierreux
ExpositionPlein soleil
ArrosageArrosage rare
Solpauvre, caillouteux, drainant, plutôt calcaire
Hauteur40 à 60 cm de touffe, 70 à 80 cm en fleur
Espacement40 cm en haie basse, 50 à 60 cm en massif
CycleArbuste
RusticitéJusqu'à -15 degrés
DifficultéFacile

Le calendrier de la lavande

  1. Janvier : rien à faire
  2. Février : rien à faire
  3. Mars : plantation, taille
  4. Avril : plantation
  5. Mai : rien à faire
  6. Juin : floraison
  7. Juillet : récolte, floraison
  8. Août : récolte, floraison, taille
  9. Septembre : plantation, taille
  10. Octobre : plantation
  11. Novembre : rien à faire
  12. Décembre : rien à faire
  • Plantation
  • Récolte
  • Floraison
  • Taille
  • Plantation mars à avril, septembre à octobre
  • Floraison juin à août
  • Taille mars, août à septembre
  • Récolte juillet à août

L'essentiel

  • La lavande ne meurt presque jamais de froid mais d'eau stagnante en hiver : le drainage compte plus que la rusticité annoncée.
  • Ne coupez jamais dans le bois nu et sans feuilles : la lavande ne repart pas de cette partie de la tige, la branche reste sèche pour toujours.
  • Deux tailles suffisent, une après la floraison en août ou septembre, une de mise en forme en mars, et elles décident de la durée de vie du pied.
  • Aucun engrais, aucun compost : une terre riche donne une plante molle, peu parfumée et beaucoup plus sensible au premier hiver humide.
  • Les épis se coupent quand un tiers des fleurs de l'épi sont ouvertes, le matin, une fois la rosée partie.

La lavande ne demande presque rien, et c'est exactement pour cela qu'on la perd. Elle meurt rarement de négligence, plutôt de trois attentions mal placées : une terre améliorée qui retient l'eau, une poignée de compost donnée avec les meilleures intentions, un coup de sécateur descendu trop bas dans le bois. Évitez ces trois pièges et le même pied vous tient huit à dix ans.

Planter, et surtout ne pas semer

La lavande vraie se sème mal : levée lente et irrégulière, passage au froid nécessaire, plants qui ne ressemblent pas tous à leur mère, deux ans d'attente avant de juger une floraison. Achetez un plant, ou bouturez. En août ou septembre, prélevez des rameaux de 8 à 10 cm sans fleur, retirez les feuilles du bas et plantez-les dans un mélange moitié sable, moitié terreau, à l'ombre claire : l'enracinement prend quatre à six semaines.

Le geste de plantation compte plus qu'on ne croit. Trempez la motte jusqu'à ce que les bulles cessent, creusez large, deux à trois fois la largeur du pot mais pas plus profond que sa hauteur, et griffez les racines si elles tournent en rond. Placez ensuite le collet, le point où les tiges rejoignent les racines, au niveau du sol ou un centimètre au-dessus : un collet enterré, même de trois centimètres, pourrit au premier hiver pluvieux.

Arrosez une fois, généreusement, environ 5 litres, puis laissez la plante chercher son eau.

ÉtapePériodeRepère technique
BouturageAoût à septembreRameaux de 8 à 10 cm, sans fleur
Plantation d'automneSeptembre à octobreClimat doux, sol déjà drainant
Plantation de printempsMars à avrilTerre lourde, altitude, moitié nord
Taille de mise en formeMarsUn tiers de la pousse de l'année
FloraisonJuin à aoûtPlus tardive au nord et en altitude
Récolte des épisJuillet à aoûtUn tiers des fleurs de l'épi ouvertes
Taille après floraisonAoût à septembreHampes plus 2 à 3 cm de feuillage

Le sol et l'exposition : le drainage passe avant tout

Six heures de soleil direct au minimum, sans concurrence racinaire, loin du pied d'un grand arbre. À l'ombre, la lavande file, verdit, fleurit peu et se couche.

Le sol doit être pauvre, caillouteux et sec, neutre à franchement calcaire : c'est une plante de garrigue, la fertilité l'affaiblit. Une terre argileuse lourde est la seule vraie contre-indication, parce qu'elle garde l'eau en hiver au moment où la plante n'en veut plus. N'espérez pas corriger la parcelle entière, malgré les techniques décrites dans notre dossier sur la terre argileuse lourde. Surélevez : butte de 20 à 30 cm, talus, haut de mur, rocaille, gros pot. La lavande vit très bien perchée.

Le paillage se fait minéral : gravier ou pouzzolane sur 3 à 5 cm. Tonte, écorces et compost maintiennent une humidité permanente contre le collet et provoquent exactement la pourriture qu'on cherche à éviter.

Arroser et nourrir : le moins possible

La première année, la plante n'a pas encore les racines qui la rendront autonome : comptez 5 à 10 litres par pied tous les huit à dix jours pendant le premier été, en l'absence de pluie. Dès la deuxième année, en pleine terre, l'arrosage devient inutile en France métropolitaine, même par été chaud.

En pot, la règle change : le volume est limité, rien ne remonte du sous-sol, et il faut arroser dès que le substrat est sec sur 4 à 5 cm. Le mélange doit rester très drainant, ce que le terreau seul ne donne pas, comme le détaille notre dossier sur le substrat des pots.

Côté fertilisation, la réponse est simple : rien. Ni engrais, ni compost, ni fumier. Une lavande nourrie pousse vite, produit des tiges molles, perd de son parfum, se dégarnit plus tôt et passe beaucoup moins bien l'hiver. C'est l'erreur que presque tout le monde commet la première année, en croyant bien faire au moment de la plantation.

La taille : deux passages, une règle sans exception

Une lavande non taillée n'est pas une lavande naturelle, c'est une lavande qui vieillit trois fois plus vite : la touffe s'ouvre, le centre se dénude, les branches s'écartent et la première neige lourde fend la souche.

Le premier passage suit la floraison, en août ou en septembre : vous supprimez les hampes fanées en descendant de 2 à 3 cm dans le feuillage. Coupe rapide, à la cisaille, qui remet une silhouette propre avant l'hiver.

Le second passage, en mars, est le plus important. Il retire environ un tiers de la pousse de l'année et redonne à la touffe sa forme de boule serrée. Prenez la plante de haut, tournez autour et coupez au jugé en suivant la sphère, avec une lame bien affûtée, plutôt que de chercher chaque tige une par une.

Évitez la taille sévère d'octobre et de novembre dans les régions froides. Les plaies fraîches et le gel font mauvais ménage.

Floraison, récolte, séchage

La floraison court de juin à août : plutôt juin et juillet dans le Midi, plutôt juillet et août dans la moitié nord et en altitude. Les épis attirent abeilles et bourdons en nombre, au coeur de l'été.

La récolte se joue sur quelques jours. Coupez quand un tiers environ des fleurs de l'épi sont ouvertes : trop tôt, le parfum n'est pas installé ; trop tard, les fleurs se détachent au séchage et il ne reste que des tiges. Coupez le matin, la rosée évaporée, en prenant 10 à 15 cm de tige, dans le bois de l'année.

Pour un usage en cuisine, ne prélevez que sur des pieds non traités. Les usages en huile essentielle relèvent d'un autre domaine que le jardinage, et d'un avis professionnel.

Les problèmes courants, et ce qui permet de trancher

SymptômeCause probableRéponse
Pied brun d'un coup en sortie d'hiver, bois cassantAsphyxie racinaire, sol détrempéPied perdu, replanter sur butte ou en pot
Centre dégarni, bois gris nu, fleurs sur les bordsAbsence de taille, ou âge du piedMarcotter une branche, prévoir le remplacement
Végétation abondante et vert franc, peu de fleursSol trop riche, ou ombre une partie du jourCesser tout apport, déplacer si l'ombre domine
Amas de mousse blanche sur une tige au printempsLarve de cercope, dite crachat de coucouSans gravité, un jet d'eau suffit si cela gêne
Rameaux qui sèchent un par un, le reste sainChampignon de sol sur racines humidesCouper le sec, ne pas replanter au même endroit

Deux dépérissements se ressemblent et se distinguent par le rythme. Une atteinte racinaire emporte la plante entière, vite, souvent après un hiver pluvieux. Un dessèchement branche par branche, étalé sur des mois, rameaux voisins intacts, oriente vers un problème localisé de collet. Dans les deux cas, aucun traitement du feuillage n'a d'intérêt : si un produit vous est conseillé, lisez l'étiquette et vérifiez qu'il est autorisé en jardin d'amateur.

Ce qu'on plante à côté

Les bonnes associations de la lavande ne sont pas affaire de chimie mais d'arrosoir : ses voisines doivent supporter le même régime, aucun arrosage et un sol pauvre. Le thym, le romarin, la sauge, la santoline, les cistes et les graminées sèches forment avec elle des massifs qui tiennent seuls.

Au pied des rosiers, l'association est classique et visuellement réussie, la boule grise habillant des tiges souvent nues. Elle est souvent présentée comme une protection contre les pucerons, ce qui n'est pas démontré : plantez-la pour la structure et le parfum.

Évitez en revanche les voisins gourmands en eau. Une lavande installée dans un massif arrosé deux fois par semaine, à côté d'hortensias ou d'hostas, tiendra deux ou trois ans puis disparaîtra. Ce n'est pas un conflit entre plantes, c'est un conflit d'entretien.

La lavande en cinq décisions

Choisissez l'endroit le plus sec et le plus ensoleillé dont vous disposez, quitte à surélever. Plantez le collet au ras du sol, en automne au sud, au printemps au nord. Ne donnez ni engrais ni compost. Taillez deux fois, en août ou septembre puis en mars, toujours dans le vert. Récoltez quand un tiers de l'épi est ouvert, et séchez à l'obscurité.

Questions fréquentes

Pourquoi ma lavande est-elle morte pendant l'hiver ?

Neuf fois sur dix, ce n'est pas le froid mais l'eau. La lavande vraie supporte des gelées de l'ordre de -15 degrés dans un sol sec et drainant, et meurt à -5 degrés dans une terre lourde gorgée d'eau. Les racines asphyxiées pourrissent, et le pied brunit d'un coup à la sortie de l'hiver, sans avoir eu l'air malade avant. Le remède est structurel : butte de 20 à 30 cm, gravier, rocaille, ou culture en pot.

Quand et comment tailler la lavande ?

Deux passages. Le premier suit la floraison, en août ou en septembre : vous coupez les hampes fanées et 2 à 3 cm de feuillage sous les épis. Le second, en mars, remet la touffe en boule serrée en retirant environ un tiers de la pousse de l'année. Dans les deux cas, la coupe reste dans le jeune bois feuillu. Évitez de tailler sévèrement en octobre ou novembre en climat froid : les plaies fraîches prennent le gel de plein fouet.

Peut-on rattraper une lavande dégarnie au centre ?

Non, pas par la taille. Le bois nu de la base ne porte plus de bourgeons dormants et ne repart jamais, quoi qu'on lui fasse. Une touffe ouverte au milieu, avec de longues tiges ligneuses et de la végétation seulement en bout, a fait son temps. Deux issues : le marcottage, en couchant une branche souple et en la recouvrant de terre pendant une saison pour obtenir un pied racine, ou le remplacement pur et simple, souvent après huit à dix ans.

Lavande vraie ou lavandin, que choisir ?

La lavande vraie, Lavandula angustifolia, est la plus rustique, la plus fine de parfum et la plus adaptée à la moitié nord et à l'altitude. Le lavandin, hybride stérile, forme une touffe nettement plus grosse, fleurit plus abondamment et plus tard, mais reste un peu plus sensible au froid. Pour une haie basse le long d'une allée, la lavande vraie ; pour un volume rapide et une grosse masse de fleurs en terrain sec et doux, le lavandin.

Quand récolter les fleurs et comment les faire sécher ?

Coupez en juillet ou en août, quand un tiers environ des petites fleurs de l'épi sont ouvertes : plus tôt le parfum n'est pas installé, plus tard les fleurs tombent au séchage. Le matin, après l'évaporation de la rosée, est le meilleur moment. Formez des bottes de la grosseur d'un poignet, liées serré, et suspendez-les tête en bas dans une pièce sombre et bien ventilée pendant deux à trois semaines. La lumière fait passer la couleur.

La lavande pousse-t-elle en pot sur un balcon ?

Oui, à condition de traiter le pot comme un caillou et non comme une jardinière. Comptez au minimum 25 à 30 cm de diamètre et de profondeur, un contenant percé, de la terre cuite plutôt que du plastique, et un mélange très drainant contenant une bonne part de sable grossier ou de pouzzolane. Arrosez seulement quand le substrat est sec sur 4 à 5 cm, et videz la soucoupe : une soucoupe pleine tue une lavande en pot plus sûrement que l'oubli.

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