Au jardin en septembreLe jardin, mois par mois

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Vigne : planter, tailler et récolter son raisin

Vitis vinifera , famille des Vitacées

Une vigne mal taillée fait du bois et trois grappes maigres. Le raisin ne naît que sur des rameaux issus de bois d'un an : c'est la taille de janvier, pas l'engrais, qui décide de la récolte de septembre.

Grappes mûres suspendues sous de larges feuilles de pergola, vieux tronc noueux dans une lumière tamisée
ExpositionPlein soleil
ArrosageArrosage rare
Soldrainant, caillouteux, profond, pas trop riche
Hauteur1,50 m à 3 m selon la conduite
Espacement1 m à 1,50 m sur le rang, 2 m à 3 m sous pergola
CycleArbuste
RusticitéJusqu'à -15 degrés
DifficultéDemande un peu de main

Le calendrier de la vigne

  1. Janvier : taille
  2. Février : taille
  3. Mars : plantation
  4. Avril : rien à faire
  5. Mai : floraison
  6. Juin : floraison
  7. Juillet : rien à faire
  8. Août : rien à faire
  9. Septembre : récolte
  10. Octobre : récolte
  11. Novembre : plantation
  12. Décembre : plantation, taille
  • Plantation
  • Récolte
  • Floraison
  • Taille
  • Plantation mars, novembre à décembre
  • Floraison mai à juin
  • Taille décembre à février
  • Récolte septembre à octobre

L'essentiel

  • Le raisin ne pousse que sur les rameaux de l'année nés d'un bois d'un an, ce qui rend la taille d'hiver plus décisive que l'arrosage ou la fertilisation.
  • Plantez à racines nues en novembre ou décembre, en mars dans les terres froides, et laissez le point de greffe à 5 cm au-dessus du sol.
  • Taillez entre décembre et février, hors période de gel intense, et arrêtez avant le départ de sève qui fait pleurer les plaies.
  • Une vigne installée depuis trois ans se passe d'arrosage en année normale : l'excès d'eau et d'azote donne du feuillage et des maladies, pas du sucre.
  • Le raisin ne mûrit plus une fois coupé, contrairement à la pomme ou à la pêche : on goûte avant de récolter, on ne récolte pas au calendrier.

Une vigne plantée puis laissée tranquille donne du bois, de l'ombre et trois grappes maigres. Presque personne ne comprend la première année la règle qui commande tout : le raisin ne naît que sur les rameaux poussés dans l'année à partir d'un bois d'un an. C'est donc la taille de janvier, bien plus que l'arrosage ou le compost, qui fixe le nombre de grappes de septembre.

Planter un pied de vigne

Le plant se trouve à racines nues en fin d'automne, ou en conteneur toute l'année. À racines nues, plantez en novembre ou décembre : la vigne s'enracine pendant l'hiver et démarre plus vite au printemps. Dans une terre froide, lourde, ou en altitude, attendez mars, dès que le sol se travaille sans coller à la bêche.

Creusez large, 40 cm de côté et autant de profondeur, et ameublissez le fond sans y mettre de fumier frais. Raccourcissez les racines à une dizaine de centimètres, installez le plant, puis rebouchez avec la terre extraite mélangée à un peu de compost mûr. Les mêmes principes que pour planter un arbre fruitier s'appliquent ici : trou généreux, collet dégagé, arrosage copieux même en hiver, une dizaine de litres pour tasser la terre autour des racines.

ÉtapePériodeRepère technique
Plantation à racines nuesNovembre à décembrePoint de greffe à 5 cm au-dessus du sol
Plantation en terre froideMarsSol ressuyé, avant le débourrement
Taille d'hiverDécembre à févrierHors gel intense, avant les pleurs
FloraisonMai à juinDiscrète, autofertile, sensible au froid
VéraisonAoûtLe grain change de couleur et s'assouplit
RécolteSeptembre à octobreSix à huit semaines après la véraison

Sol, exposition et support

La vigne veut du soleil direct, six à huit heures par jour, et un sol qui ne retient pas l'eau. Elle prospère sur les terres caillouteuses, maigres, profondes, y compris calcaires, et supporte mal les fonds humides où l'eau stagne après la pluie. Un mur exposé au sud ou au sud-ouest reste le meilleur emplacement d'un jardin : il restitue la nuit la chaleur accumulée le jour, ce qui avance la maturité de plusieurs jours.

Prévoyez le support avant de planter, jamais après. Contre un mur, tendez trois ou quatre fils de fer galvanisé sur des pitons à écartement, le premier à 60 cm du sol, les suivants tous les 40 à 50 cm, et gardez 20 à 30 cm entre le mur et les fils pour que l'air circule. Sur pergola, un pied tous les 2 à 3 m suffit largement. En rang conduit bas, espacez les pieds de 1 m à 1,50 m.

Arroser et nourrir sans excès

Les deux ou trois premiers étés décident de l'enracinement : 10 à 15 litres par semaine en période chaude, en un seul apport au pied, forcent les racines à descendre. Passé ce cap, une vigne établie se passe d'arrosage en année normale, et c'est une bonne nouvelle pour les jardins secs.

Côté nourriture, la sobriété paie. Un seau de compost mûr étalé au pied tous les deux ou trois ans, en fin d'hiver, couvre les besoins. L'azote en excès, fumier frais ou engrais gazon voisin compris, produit des sarments d'une vigueur spectaculaire, des grappes clairsemées et un feuillage dense qui ne sèche plus, donc malade. Un paillage léger de tontes sèches ou de broyat garde le pied propre, en dégageant bien le collet.

Tailler : l'hiver décide, l'été ajuste

Deux conduites suffisent au jardin. En guyot simple, on garde un sarment long, la baguette, rabattu à six ou huit yeux et attaché à l'horizontale sur le premier fil, plus un courson de deux yeux à sa base qui fournira la baguette de l'année suivante. Tout le reste est supprimé au ras. En cordon de Royat, on installe un bras horizontal permanent et on y laisse des coursons de deux yeux espacés d'une quinzaine de centimètres, ce qui convient bien à un mur ou à une pergola.

L'été sert seulement à ajuster. Quand les rameaux dépassent nettement le fil supérieur, rognez en conservant une douzaine de feuilles au-dessus de la dernière grappe : ce sont elles qui fabriquent le sucre. À la véraison, retirez deux ou trois feuilles devant les grappes du côté du soleil levant, pas davantage, pour aérer sans exposer les grains à un coup de chaud. Sur un jeune pied vigoureux, limitez-vous à une ou deux grappes par rameau, principe détaillé dans notre dossier sur la taille en vert des fruitiers.

De la floraison à la récolte

La floraison passe presque inaperçue en mai ou juin, minuscules fleurs verdâtres au parfum discret, autofertiles : un seul pied suffit à produire. Un épisode froid et pluvieux pendant cette quinzaine provoque la coulure, ces grappes clairsemées où beaucoup de fleurs sont tombées sans nouer. Rien ne se rattrape cette année-là, mais l'année suivante sera normale.

En août, la véraison marque le vrai départ de la maturation : le grain change de couleur, s'assouplit et commence à accumuler du sucre. La récolte suit six à huit semaines plus tard, de septembre à octobre selon la variété et la région.

Coupez les grappes au sécateur par temps sec, en fin de matinée, en tenant la grappe par le pédoncule pour ne pas essuyer la pruine, cette pellicule cireuse qui protège les grains. Au réfrigérateur, dans un contenant aéré, le raisin se garde huit à quinze jours.

Les problèmes courants

SymptômeCause probableRéponse
Feutrage blanc poudreux sur les deux faces, grains fendusOïdiumAérer, rogner, soufre selon l'étiquette du produit
Taches jaunes translucides dessus, duvet blanc au reversMildiouCouper les parties atteintes, ramasser les débris
Grains bruns, durs, momifiés sur la grappeBlack-rotRetirer et sortir toutes les momies du jardin
Feuilles jaunes à nervures restées vertesChlorose, sol très calcaireCompost, paillage, porte-greffe adapté à la replantation
Grappes picorées ou vidées en septembreOiseaux, guêpesFilet à mailles fines, sachets sur les plus belles grappes
Beaucoup de sarments, peu de grappesExcès de vigueur ou taille trop longueTailler plus court, supprimer tout apport d'azote
Fleurs tombées, grappes clairseméesCoulure due au froid à la floraisonRien à faire l'année en cours, limiter la vigueur

L'oïdium et le mildiou se jouent avant tout sur l'aération du feuillage et sur un pied dégagé, et notre dossier sur la reconnaissance des trois grandes maladies détaille les signes qui permettent de trancher. Aucun traitement ne rattrape une attaque installée. Si vous en employez un, respectez strictement les doses, les délais avant récolte et les usages autorisés inscrits sur l'étiquette, et demandez conseil en jardinerie plutôt que de doubler une dose au jugé.

Associations et voisinage

La vigne ne demande pas de compagne, elle demande de la place et de l'air. Gardez un mètre de sol nu ou paillé autour du pied les premières années : une pelouse qui monte jusqu'au tronc lui prend l'eau et l'azote au moment où elle en a le plus besoin. Ne la plantez jamais sous le houppier d'un arbre, ni sur une façade nord.

Des aromatiques basses à port sec, thym, sarriette, hysope, se tiennent bien au pied d'un cep adulte sans le gêner, et fleurissent pour les auxiliaires. Voyez-y un usage intelligent de l'espace, pas une protection contre les maladies. À l'inverse, évitez à moins d'un mètre tout ce qui exige des arrosages fréquents, potager d'été ou massif d'annuelles : l'humidité entretenue au pied favorise exactement ce que vous cherchez à éviter.

Le programme d'une vigne qui produit

Plantez en novembre ou décembre contre un mur ensoleillé, point de greffe hors du sol, support tendu avant la mise en terre. Arrosez deux étés, puis oubliez l'arrosoir. Taillez chaque hiver entre décembre et février en ne gardant qu'une baguette de six à huit yeux et un courson, rognez en juillet, effeuillez légèrement à la véraison, et goûtez avant de couper. Une vigne conduite ainsi entre en production vers sa troisième année et tient plusieurs décennies.

Questions fréquentes

Quand tailler la vigne ?

Pendant le repos végétatif, de décembre à février selon les régions. Attendez la chute complète des feuilles, évitez les journées où il gèle à pierre fendre, et terminez avant que la sève ne remonte : des plaies qui pleurent abondamment en mars signalent une taille tardive. Dans le Midi, on taille dès décembre ; dans la moitié nord et en altitude, tailler en février retarde légèrement le débourrement et met les jeunes pousses un peu plus à l'abri des gelées d'avril.

Pourquoi ma vigne ne donne-t-elle pas de raisin ?

Trois causes couvrent presque tous les cas. La taille d'abord : une vigne jamais taillée accumule du vieux bois improductif, puisque les grappes naissent uniquement sur les rameaux de l'année issus de bois d'un an. L'excès de vigueur ensuite, souvent dû à un sol trop riche ou à un apport d'azote, qui pousse la plante à fabriquer des sarments plutôt que des fleurs. L'ombre enfin : sous un arbre ou contre un mur nord, la vigne végète et ne mûrit rien.

Comment savoir si le raisin est mûr ?

Goûtez, c'est le seul juge fiable. Prélevez un grain en haut de la grappe et un autre à la pointe : la maturité est atteinte quand les deux sont sucrés, car la pointe mûrit en dernier. Les pépins doivent être bruns et non verts, le grain se détacher facilement, et le pédoncule commencer à brunir. La couleur seule trompe : un raisin noir prend sa teinte plusieurs semaines avant d'être bon. Coupé trop tôt, il ne se sucrera plus jamais.

Faut-il arroser une vigne ?

Les deux ou trois premiers étés, oui : comptez 10 à 15 litres par semaine en période chaude, en un seul apport au pied, pour que les racines descendent. Ensuite, une vigne installée traverse un été sec sans aide, ses racines explorant profondément le sol. Arrosez seulement en cas de sécheresse marquée, avant la véraison, jamais pendant les dernières semaines de maturation : l'eau tardive dilue les sucres et fait éclater les grains.

Comment distinguer l'oïdium du mildiou sur la vigne ?

Regardez les deux faces de la feuille. L'oïdium forme un feutrage blanc grisâtre et poudreux, visible dessus comme dessous, avec une odeur de moisi ; les grains touchés se fendent et laissent voir leurs pépins. Le mildiou commence par des taches jaunes translucides sur le dessus, dites taches d'huile, et un duvet blanc uniquement au revers, par temps humide ; les grains brunissent et se dessèchent. L'oïdium avance par temps chaud et lourd, le mildiou après des pluies douces.

Peut-on cultiver la vigne en pot ?

Oui, avec du volume et de la patience. Comptez au minimum 40 à 50 litres de substrat, un bac profond plutôt que large, un mélange de terre de jardin, de terreau et de sable grossier, et un drainage franc au fond. La conduite se fait en cordon court sur un support fixé au bac. L'arrosage devient obligatoire et régulier, puisque les racines ne peuvent plus descendre chercher l'eau. La production reste modeste, quelques grappes par saison.

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