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FruitVerger & petits fruits

Figuier : planter, tailler et récolter de vraies figues

Ficus carica , famille des Moracées

Le figuier est l'arbre le plus indulgent du verger, et le plus souvent gâché par excès de soins. Tout se joue sur l'emplacement, sur une terre qu'on ne nourrit pas, et sur une taille qui ne coupe pas la récolte de l'année.

Figues violettes mûres sur l'arbre devant un mur de pierre chaude, l'une ouverte sur sa chair rouge
ExpositionPlein soleil
ArrosageArrosage rare
Soldrainant, caillouteux, plutôt pauvre
Hauteur3 à 6 m, jusqu'à 8 m en climat doux
Espacement4 à 6 m entre deux sujets, 4 m d'un mur ou d'une terrasse
CycleArbre
RusticitéJusqu'à -12 degrés
DifficultéFacile

Le calendrier de la figuier

  1. Janvier : rien à faire
  2. Février : taille
  3. Mars : plantation, taille
  4. Avril : plantation
  5. Mai : rien à faire
  6. Juin : rien à faire
  7. Juillet : récolte
  8. Août : récolte
  9. Septembre : récolte
  10. Octobre : plantation
  11. Novembre : plantation
  12. Décembre : rien à faire
  • Plantation
  • Récolte
  • Taille
  • Plantation mars à avril, octobre à novembre
  • Taille février à mars
  • Récolte juillet à septembre

L'essentiel

  • Le figuier fructifie mieux en terre pauvre et caillouteuse qu'en terre riche : un apport d'azote donne du bois magnifique et presque pas de figues.
  • Plantez en octobre ou novembre dans le Midi et sur la façade atlantique, en mars ou avril partout où l'hiver est rude, et tenez-vous à 4 m d'un mur ou d'une terrasse.
  • La taille se fait en février ou mars hors gel, et reste légère : sur une variété bifère, une coupe sévère supprime la récolte de figues-fleurs de l'été suivant.
  • Une figue cueillie ferme ne mûrira jamais : elle se récolte le cou plié, la peau légèrement fendillée, molle sous le doigt.
  • Deux ou trois arrosages copieux en juillet et août suffisent à un sujet installé, et évitent la chute des figues avant maturité.

Le figuier est l'arbre le plus indulgent du verger français, et le plus souvent gâché par excès de soins. Une terre pauvre, un mur au sud, deux ou trois arrosages bien placés dans l'été : le reste, il le fait seul. Tout se joue sur l'emplacement choisi le premier jour et sur une taille de fin d'hiver qui n'emporte pas la récolte.

Planter, et surtout planter au bon endroit

On ne sème pas un figuier : le semis donne des sujets imprévisibles et lents à fructifier, et c'est pourquoi aucun mois de semis ne figure sur cette fiche. La multiplication se fait par bouture, en février ou mars. Un rameau de 20 à 30 cm pris sur du bois d'un ou deux ans, enterré aux deux tiers dans un mélange sableux et gardé hors gel, s'enracine en quelques semaines.

La date de plantation, elle, dépend du climat. Dans le Midi, sur la façade atlantique et partout où l'hiver reste doux, plantez en octobre ou novembre : les racines s'installent pendant la mauvaise saison et l'arbre démarre en force au printemps. En zone continentale, en altitude, dans le quart nord-est, attendez mars ou avril, les fortes gelées passées.

Creusez large plutôt que profond, environ 60 cm de côté, décompactez le fond, et n'ajoutez du compost mûr que si le sol est très pauvre en matière organique. Ni fumier frais, ni engrais. Laissez le départ des racines au niveau du sol, arrosez de 20 à 30 litres même en automne pour tasser la terre, puis paillez. Le détail de la mise en terre est dans notre dossier sur la plantation d'un arbre fruitier.

ÉtapePériodeRepère technique
BouturageFévrier-marsRameau de 20 à 30 cm, enterré aux deux tiers
Plantation en climat douxOctobre-novembreRacines installées avant le printemps
Plantation en climat froidMars-avrilAprès les fortes gelées
TailleFévrier-marsHors gel, avant le départ de sève
Figues-fleurs des variétés bifèresJuilletSur le bois de l'année précédente
Récolte principaleAoût-septembreSur les pousses de l'année

Le sol, l'exposition, le mur

Le figuier veut du soleil direct, le plus longtemps possible dans la journée. Au sud de la Loire, une exposition dégagée suffit. Dans la moitié nord, adossez-le à un mur au sud ou au sud-ouest : la pierre restitue la nuit la chaleur du jour, et ce gain avance la maturité de plusieurs jours, parfois de deux semaines sur un été médiocre.

Côté sol, il est presque indifférent. Il accepte le calcaire, la caillasse, les terres maigres et superficielles. Son seul vrai refus est l'eau stagnante en hiver : dans une terre lourde qui reste détrempée, plantez sur une butte de 20 à 30 cm.

Arroser peu, nourrir encore moins

Les deux premières saisons, accompagnez le jeune arbre : 15 à 20 litres par arrosage, tous les huit à dix jours en l'absence de pluie, de mai à septembre. Un paillage de 8 à 10 cm de broyat ou de paille, écarté du tronc sur une main de large, divise ces besoins.

Ensuite, l'arrosage n'a plus qu'un rôle : éviter la chute des figues pendant leur grossissement, en juillet et en août. Deux ou trois apports copieux de 30 à 50 litres, espacés d'une dizaine de jours, valent bien mieux qu'un petit arrosage hebdomadaire.

La fertilisation se résume à presque rien : une brouette de compost mûr étalée en surface tous les deux ou trois ans, en automne, sans l'enfouir. Aucun engrais azoté, jamais. L'azote donne des pousses d'un mètre, des feuilles superbes, et des figues qui ne mûrissent pas avant les gelées.

Tailler sans supprimer la récolte

C'est ici que se perdent le plus de figues, et tout tient à une distinction.

Les variétés unifères produisent une seule récolte, en fin d'été, sur les pousses de l'année. Les variétés bifères en donnent deux : les figues-fleurs de juillet, portées par le bois de l'année précédente, puis la récolte d'août et septembre sur les pousses nouvelles. Une taille d'hiver sévère sur une bifère supprime la première récolte, puisqu'elle emporte le bois qui la portait.

Dans les deux cas, taillez en février ou mars, hors période de gel, avant que la sève ne monte. Et taillez peu :

  • retirez le bois mort, les rameaux cassés et ceux qui se croisent au centre ;
  • supprimez les rejets du pied si vous conduisez l'arbre sur un tronc ;
  • raccourcissez seulement ce qui dépasse de la hauteur où vous savez cueillir ;
  • ne rabattez jamais toute la charpente la même année.

Le pincement des jeunes pousses au-dessus de la cinquième ou sixième feuille, en juin, concentre la sève sur les fruits en place. Geste facultatif, utile surtout là où la maturité est juste, et dont le principe rejoint celui de la taille en vert des fruitiers.

Reconnaître une figue mûre

Le figuier ne fleurit pas visiblement : ses fleurs sont enfermées dans le fruit, ce qui explique la case floraison vide de cette fiche. Les variétés cultivées dans les jardins français sont autofertiles et n'attendent aucun insecte pollinisateur.

Quatre signes se lisent ensemble. Le pédoncule fléchit et la figue pend vers le bas. La peau perd son brillant et se craquelle finement. Une goutte de sirop perle souvent à l'oeil, l'orifice opposé à la queue. Le fruit cède nettement sous une pression légère du doigt.

Fraîche, une figue tient deux à trois jours, posée à plat, sans empiler. Le surplus se congèle entier, se cuit, ou se sèche coupé en deux, face vers le haut, plusieurs jours au soleil sec ou quelques heures au déshydrateur.

Les problèmes courants

SymptômeCause probableRéponse
Figues vertes qui tombent en juilletSécheresse pendant le grossissementArroser copieusement, pailler
Figues vertes et dures jusqu'aux geléesFruits formés trop tardAucune action, les retirer en automne
Figuettes grosses comme un pois en hiverÉbauches normales des variétés bifèresNe pas les couper, ce sont les figues-fleurs
Taches jaunes puis rousses au revers des feuillesRouille du figuier, fin d'été chaud et humideRamasser les feuilles, aérer la ramure
Amas cotonneux blancs sur les rameauxCochenillesBrosser à la main, respecter l'étiquette de tout produit
Figues fendues après un orageReprise d'eau brutale à maturitéRécolter plus souvent, pailler
Arbre vigoureux mais sans fruitsExcès d'azote, d'eau, ou taille trop sévèreCesser les apports, ne plus tailler deux ans
Rameaux qui sèchent d'un coup au printempsGel des extrémités ou chancreRecouper sur bois sain par temps sec

La rouille revient chaque année dans les régions à étés lourds. Elle défolie l'arbre en septembre sans compromettre la récolte en cours, et se contient par le ramassage des feuilles tombées. Les autres atteintes du verger sont détaillées dans notre guide des maladies des fruitiers.

Ce qu'on installe à son pied

Cette fiche ne liste aucune association, et ce n'est pas un oubli : les racines traçantes du figuier assèchent le sol sur plusieurs mètres, et son feuillage large fait une ombre dense de mai à octobre. Un carré de légumes installé dessous végète.

Ce qui tient, ce sont les plantes de sol sec et pauvre, thym, romarin, lavande, sauge, installées en périphérie de la couronne plutôt qu'au contact du tronc. Un paillage minéral ou un tapis de broyat fait aussi bien l'affaire et facilite le ramassage des fruits tombés.

Deux implantations à éviter, pour des raisons pratiques : au-dessus d'une terrasse ou d'une allée claire, où les figues mûres tachent durablement, et en limite de propriété, car un figuier libre occupe vite 5 à 6 m d'envergure.

Le figuier en six décisions

Choisissez l'emplacement en pensant à l'arbre adulte, à 4 m au moins de toute construction. Plantez en automne si l'hiver est doux chez vous, au printemps s'il ne l'est pas. Ne nourrissez pas, ou une fois tous les deux ou trois ans en surface. Arrosez les deux premières saisons, puis seulement pendant le grossissement des figues. Taillez peu, en février ou mars, gants aux mains. Et récoltez tous les deux jours des fruits qui pendent et cèdent sous le doigt, parce que c'est là, et nulle part ailleurs, que se décide le goût d'une figue.

Questions fréquentes

Pourquoi mon figuier ne donne-t-il pas de figues ?

Trois causes couvrent presque tous les cas. L'arbre est encore jeune : comptez trois à cinq ans après la plantation d'un sujet en conteneur avant une vraie récolte. Le sol est trop riche ou trop arrosé, et l'arbre fabrique du bois au lieu de fruits : arrêtez tout apport d'engrais azoté. Ou la taille annuelle est trop sévère et retire chaque hiver les rameaux qui devaient porter. Dans ce dernier cas, laissez le figuier tranquille deux ans et observez.

Faut-il tailler un figuier ?

Pas obligatoirement, et jamais beaucoup. Un figuier laissé libre fructifie très bien. La taille sert à contenir l'encombrement, à garder les figues à portée de main et à ouvrir le centre. Elle se pratique en février ou mars, hors période de gel, avant le départ de sève. On enlève le bois mort, les branches qui se croisent, et on raccourcit le strict nécessaire. Portez des gants : le latex blanc qui coule des coupes est irritant pour la peau.

Mes figues tombent avant de mûrir, que faire ?

La chute de figues vertes de la taille d'une olive signale presque toujours un à-coup de sécheresse au moment où le fruit grossit, en juillet et en août. Un arrosage copieux, 30 à 50 litres au pied d'un sujet installé, espacé de dix jours pendant la période de grossissement, règle le problème l'année suivante. Un jeune arbre en fait aussi tomber une partie par simple manque de réserves, sans que ce soit inquiétant. Un paillage épais limite fortement le phénomène.

Jusqu'à quel froid un figuier résiste-t-il ?

Un sujet installé supporte couramment de l'ordre de -12 degrés sur ses parties aériennes, davantage pour certaines variétés anciennes de climat continental, moins pour un jeune plant ou un arbre en pot. Un gel plus fort brûle les rameaux mais rarement la souche : le figuier repart alors du pied, avec une ou deux saisons de retard. Les trois premiers hivers, paillez le pied sur 15 à 20 cm et protégez la ramure d'un voile en cas d'annonce de gel sévère.

Peut-on cultiver un figuier en pot ?

Oui, et la contrainte racinaire favorise même la mise à fruit. Comptez 40 à 50 litres minimum, un substrat drainant, et un rempotage ou un surfaçage tous les deux à trois ans. Le pot demande en revanche un arrosage suivi en été, un jour sur deux en pleine chaleur, et une protection hivernale : les racines en pot gèlent bien avant celles d'un sujet en pleine terre. Adossez le pot à un mur abrité de novembre à mars.

Comment reconnaître une figue vraiment mûre ?

Le pédoncule fléchit et la figue pend au lieu de pointer vers le haut. La peau perd son brillant, se marque de fines craquelures, et une goutte de sirop apparaît souvent à l'oeil, le petit orifice opposé à la queue. Le fruit cède franchement sous une pression légère. Une figue cueillie ferme ne mûrira pas ensuite, contrairement à une pêche ou à une poire : elle restera fade. Passez tous les deux jours pendant la pleine récolte.

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