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Maladies des arbres fruitiers : reconnaître avant d'agir

Une feuille tachée peut venir d'un champignon, d'une bactérie ou d'un puceron, et le geste qui sauve dans un cas ne sert à rien dans l'autre. Voici la méthode pour lire l'arbre avant de sortir quoi que ce soit du placard.

Gros plan de feuilles de pommier marquées de taches sombres, dont une feuille enroulée, sous un ciel couvert

L'essentiel

  • Nommer l'espèce élimine la moitié des hypothèses : les fruitiers à noyau et les fruitiers à pépins ne partagent presque aucune maladie, la cloque ne touche jamais un pommier.
  • La cloque du pêcher ne se soigne pas une fois déclarée : la seule fenêtre utile va de la chute des feuilles au gonflement des bourgeons, avant leur éclatement.
  • Un rameau desséché par la moniliose se coupe 15 à 20 cm sous la limite du bois sain, sécateur désinfecté entre deux coupes.
  • Ramasser et broyer les feuilles mortes sous un pommier en automne réduit directement la pression de tavelure du printemps suivant : c'est de là que partent les contaminations.
  • Rameaux noircis en crosse et aspect brûlé sur pommier ou poirier : arrêtez de couper et faites identifier, le feu bactérien est une maladie réglementée.

Un fruitier qui tache, qui gomme ou qui sèche ne dit pas immédiatement de quoi il souffre. Le même symptôme, une feuille marquée, peut venir d'un champignon, d'une bactérie, d'un insecte piqueur ou d'un sol trop mouillé, et le geste qui sauve dans un cas ne sert strictement à rien dans l'autre. Voici comment lire l'arbre organe par organe, saison par saison, avant de sortir quoi que ce soit du placard.

Quatre questions avant de nommer la maladie

Un symptôme isolé ne désigne presque jamais une maladie précise. Quatre questions, posées dans cet ordre, ramènent la liste à deux ou trois hypothèses en moins de cinq minutes.

Quelle espèce ? C'est le filtre le plus puissant, et le plus négligé. Les fruitiers à noyau, cerisier, prunier, pêcher, abricotier et amandier, forment un groupe. Les fruitiers à pépins, pommier, poirier et cognassier, en forment un autre. Les deux ne partagent presque aucune maladie : la cloque ne touche jamais un pommier, la tavelure ne touche jamais un cerisier, la moniliose des fleurs frappe surtout le premier groupe.

Quel organe a été touché en premier ? Feuille, fleur, rameau, fruit ou écorce. Un arbre dont les fleurs ont bruni avant que les feuilles ne tachent raconte une histoire différente d'un arbre dont le feuillage s'est marqué d'abord.

À quelle date ? La cloque apparaît avant même que les feuilles soient déployées. La tavelure démarre avec les pluies qui suivent le débourrement. La moniliose des fleurs se déclare pendant la floraison. La rouille grillagée du poirier se voit à partir de la fin du printemps.

À quelle vitesse ? Un rameau qui sèche en deux jours relève d'une bactérie ou d'une moniliose. Une dégradation qui s'installe sur plusieurs semaines relève d'un champignon foliaire, d'un ravageur, ou d'un problème de racines.

Le diagnostic en cinq minutes

  1. Nommez l'espèce, et rangez-la dans les fruits à noyau ou dans les fruits à pépins.
  2. Repérez l'organe atteint en premier, pas celui qui se voit le plus aujourd'hui.
  3. Retournez trois feuilles marquées : cherchez un insecte, un feutrage blanc, des pustules en relief.
  4. Datez l'apparition, même approximativement, et notez la météo des dix jours précédents.
  5. Comparez avec le tableau ci-dessous avant de décider du moindre geste.
Symptôme dominantEspèces concernéesApparitionCause la plus probableCe qui confirme
Taches vert olive puis brun-noir, croûtes sur les fruitsPommier, poirierAvril à juin, après les pluiesTavelureLe fruit crevasse en grossissant, la peau devient liégeuse
Feuilles boursouflées, épaissies, rouge et vert pâlePêcher, nectarinier, amandierDès le débourrementCloqueBoursouflures épaisses, aucun insecte au revers
Feuilles enroulées, gaufrées, décoloréesToutesAvril à juinPuceronsColonie visible au revers, fourmis sur le rameau
Feutrage blanc farineux sur les jeunes poussesPommier, groseillier, vigneDébourrement à juinOïdiumPousse blanchie dès sa sortie, feuilles étroites
Petits trous ronds à bords nets dans les feuillesCerisier, prunier, pêcherMai à juilletCriblure ou bactérioseTaches brun-pourpre d'abord, le centre se détache ensuite
Taches orange vif dessus, excroissances au reversPoirier, cognassierMai à septembreRouille grillagéeGenévriers dans le voisinage
Fleurs et rameaux brunis, feuilles sèches restées colléesCerisier, abricotier, prunierÀ la floraisonMoniliose des fleursLe rameau sèche du bout vers l'intérieur, gomme parfois
Rameaux noircis en crosse, aspect de brûlurePommier, poirier, cognassierMai à juilletFeu bactérien, à faire confirmerProgression rapide et descendante, exsudat clair
Fruit brun qui pourrit sur l'arbre, pustules en anneauxToutesÉté et récolteMoniliose des fruitsCoussinets crème en cercles concentriques, fruit momifié
Plaie sur l'écorce, bourrelets concentriquesPommier, poirierVisible en hiverChancreÉcorce morte, bois sec au-dessus de la plaie

Des taches sur les feuilles : la tavelure en tête

Sur pommier et poirier, la tavelure est de très loin la première cause de feuillage marqué en France. Les taches partent vert olive, floues, puis brunissent et se dessèchent. Sur les fruits, elles forment des croûtes noires liégeuses qui craquellent quand le fruit grossit. Le champignon passe l'hiver dans les feuilles tombées au sol, et projette ses spores au printemps à chaque pluie, du débourrement jusqu'au début de l'été. Il lui faut plusieurs heures de feuillage mouillé pour germer, d'autant moins qu'il fait doux.

Cela dicte deux choses. D'abord, la pression dépend du climat : un printemps humide de l'Ouest ou du Nord donne une tavelure sévère là où un printemps sec du Midi la rend anecdotique. Ensuite, l'action utile se joue hors saison, à la chute des feuilles, quand on ramasse et broie le tapis de feuilles sous l'arbre. Le pommier reste l'espèce la plus exposée du verger familial, et sa conduite générale est détaillée dans la fiche du pommier.

Trois autres tacheuses reviennent régulièrement. L'entomosporiose du poirier et du cognassier pique les feuilles de points brun-noir et provoque une chute prématurée en été. La cylindrosporiose du cerisier marque les feuilles de taches pourpres, puis défolie l'arbre avant la fin de l'été. La rouille grillagée du poirier est reconnaissable entre toutes : taches orange vif sur le dessus, excroissances brunes en relief au revers. Ce champignon alterne obligatoirement avec certains genévriers ornementaux, et ses spores franchissent facilement plusieurs centaines de mètres : traiter les feuilles ne sert à rien, identifier les genévriers du voisinage est la seule piste sérieuse.

Des feuilles déformées : cloque, oïdium, et le faux coupable

La cloque du pêcher est la maladie la plus spectaculaire du verger : les jeunes feuilles s'épaississent, se boursouflent, virent au vert pâle puis au rouge, et finissent par tomber. La contamination a lieu très tôt, au gonflement des bourgeons, par temps frais et humide. Une fois les boursouflures visibles, plus rien ne les rattrape : l'arbre refait un second feuillage en fin de printemps, et c'est l'hiver suivant que tout se joue.

L'oïdium du pommier se lit autrement : un feutrage blanc, farineux, sur les jeunes pousses et le dessous de feuilles restées étroites, repliées en gouttière. Les bourgeons contaminés l'année précédente débourrent en pousses entièrement blanchies, faciles à repérer. Le geste utile est mécanique : couper ces pousses au fur et à mesure et les sortir du verger.

Reste le faux coupable, responsable de la moitié des diagnostics ratés. Des feuilles enroulées, gaufrées, cloquées par endroits, parfois rosées, ce sont dans l'immense majorité des cas des pucerons, pas une maladie. La preuve tient en un geste : retourner la feuille. S'il y a une colonie, des fourmis sur le rameau ou un miellat collant, la cause est là, et la suite se joue tout autrement, comme nous l'expliquons dans comprendre une colonie de pucerons avant de traiter.

Des fleurs et des rameaux qui sèchent en quelques jours

Sur cerisier, abricotier, prunier et amandier, un dessèchement brutal au moment de la floraison désigne presque toujours la moniliose des fleurs. Le champignon entre par la fleur ouverte pendant une période pluvieuse, gagne le pédoncule, puis le rameau, qui sèche du bout vers l'intérieur. Les feuilles brunies restent accrochées, ce qui distingue nettement l'attaque d'une simple gelée : après un gel, les fleurs noircissent mais le bois reste vert.

L'intervention ne se reporte pas à l'hiver : on coupe chaque rameau atteint 15 à 20 cm sous la limite du bois sec, dans du bois sain, et on sort les déchets du verger. Le sécateur se désinfecte entre deux coupes, à l'alcool ménager, sinon on propage le champignon de branche en branche.

Des fruits qui pourrissent sur l'arbre

Un fruit qui brunit puis se couvre de petites pustules crème disposées en cercles concentriques, c'est la moniliose des fruits, toutes espèces confondues. Le fruit se dessèche ensuite sur place et se transforme en momie racornie, qui reste accrochée tout l'hiver. Ces momies sont le réservoir de l'année suivante : les laisser, c'est réensemencer le verger au printemps.

Le champignon a presque toujours besoin d'une blessure pour entrer. Une piqûre de ver, une grêle, une crevasse de tavelure, un contact entre deux fruits qui se touchent dans un bouquet : voilà les portes d'entrée réelles. C'est pourquoi l'éclaircissage, qui écarte les fruits les uns des autres, fait aussi office de mesure sanitaire, et c'est pourquoi un verger tavelé pourrit davantage en conservation.

Deux gestes valent tous les traitements : retirer chaque fruit touché dès qu'on le voit, et décrocher toutes les momies à la taille d'hiver, y compris celles qui pendent en haut. Ces déchets partent au ramassage des végétaux, jamais au compost du jardin.

L'écorce, la gomme et les chancres : ce qui menace l'arbre lui-même

Les maladies foliaires coûtent une récolte, les maladies du bois coûtent l'arbre. Sur pommier et poirier, le chancre se voit à une plaie ouverte sur l'écorce, entourée de bourrelets concentriques, avec du bois mort au centre et un rameau sec au-dessus. Le champignon entre par une plaie de taille, une cicatrice de feuille en automne, une blessure de grêle, et il progresse d'autant mieux que le sol est lourd et humide. Sur une branche, on coupe largement en dessous ; sur le tronc, on cure jusqu'au bois sain quand la plaie est encore limitée. Un chancre qui ceinture complètement le tronc condamne tout ce qui se trouve au-dessus.

Sur les fruitiers à noyau, l'écoulement de gomme ambrée n'est pas une maladie mais une réaction à une agression : cherchez la cause en dessous, plaie de taille mal placée, sol asphyxiant, bactériose. La maladie du plomb, elle, donne un feuillage gris argenté sur une branche d'abord, puis sur d'autres ; elle entre par les plaies de taille, ce qui justifie de tailler les Prunus en fin d'été plutôt qu'en plein hiver humide.

La règle commune tient en une phrase : toute plaie faite par temps pluvieux est une invitation. Taillez par temps sec et doux, avec un outil propre et affûté. Le détail des coupes, de la formation à la fructification, est dans notre dossier sur la taille du pommier.

Ce qui se prévient, ce qui se coupe, ce qui s'accepte

La plupart des maladies du verger n'ont pas de traitement curatif accessible au jardin amateur. Ce qui reste, c'est une fenêtre de prévention et une intervention mécanique, et les deux sont datées.

MaladieLa fenêtre où l'action compteLe geste qui change quelque choseCe qui ne sert plus à rien après
TavelureChute des feuilles, puis avril à juinRamasser et broyer les feuilles mortes, aérer la couronneAgir en été, les fruits sont déjà marqués
CloqueChute des feuilles au gonflement des bourgeonsProtection préventive avant l'éclatement des bourgeonsTout geste après l'apparition des boursouflures
Moniliose des fleursFloraison et jours qui suiventCouper 15 à 20 cm sous la limite du bois secAttendre l'hiver, le champignon a gagné le bois
Moniliose des fruitsDe la nouaison à la récolte, puis en hiverRetirer les fruits touchés, décrocher toutes les momiesLaisser une momie « pour plus tard »
OïdiumDébourrement à juinSupprimer les pousses blanchies au fur et à mesureTraiter une pousse déjà déformée
Rouille grillagéePrintempsIdentifier les genévriers du voisinageTraiter les feuilles déjà tachées
ChancreTaille, par temps secCurer ou couper largement dans le bois sainTailler sous la pluie, c'est la porte d'entrée
Feu bactérienDès le douteFaire identifier avant toute coupeImproviser une taille et disperser la bactérie

Avant de sortir un produit, vérifiez ces cinq points

  • Le diagnostic est posé, espèce et organe compris, pas seulement supposé.
  • La fenêtre d'efficacité est encore ouverte : un traitement hors période ne rattrape rien.
  • Le geste mécanique équivalent a déjà été fait : feuilles ramassées, momies retirées, rameaux secs coupés.
  • Le produit porte la mention d'emploi autorisé dans les jardins, et la culture visée figure sur l'étiquette.
  • La dose, le délai avant récolte et le nombre d'applications de l'étiquette sont lus avant l'ouverture du bidon.

Reste une part à accepter. Quelques taches de tavelure sur un feuillage vigoureux, une rouille grillagée modérée sur un vieux poirier, une cylindrosporiose qui défolie en septembre alors que la récolte est faite : ces situations n'appellent aucune intervention. Un fruitier de jardin vit avec un certain niveau de maladie.

Ce qu'il faut faire, et dans quel ordre

La santé d'un verger familial se construit à quatre moments de l'année, et presque jamais dans l'urgence du symptôme.

Une année de verger

  1. À la chute des feuilles, en automne, ramassez et broyez le tapis de feuilles sous les pommiers et poiriers, et décrochez les fruits momifiés restés dans les branches.
  2. En hiver, par temps sec, taillez pour aérer la couronne, curez ou coupez les chancres visibles, désinfectez le sécateur entre deux arbres.
  3. Au gonflement des bourgeons, jouez la seule fenêtre utile sur les pêchers sensibles à la cloque, avant l'éclatement.
  4. De la floraison à juin, passez tous les huit à dix jours : coupez les rameaux desséchés par la moniliose, supprimez les pousses blanchies d'oïdium, retournez les feuilles déformées pour vérifier s'il s'agit de pucerons.
  5. De juillet à la récolte, retirez chaque fruit qui pourrit, et arrosez au pied sans jamais mouiller le feuillage.
  6. À la plantation d'un nouvel arbre, choisissez une variété peu sensible aux maladies dominantes de votre région et un emplacement aéré, drainé, jamais en cuvette.

Si vous ne retenez qu'une chose : la fenêtre d'action est presque toujours antérieure au symptôme. Le jour où la tache se voit, il ne reste plus qu'à noter la date, à sortir la partie malade, et à préparer la fenêtre de l'année prochaine.

Questions fréquentes

Faut-il traiter à la bouillie bordelaise chaque année ?

Non, pas par principe. Le cuivre est un métal qui reste dans le sol et s'y accumule, et son emploi au jardin est encadré par des doses maximales annuelles portées sur l'étiquette. Il se raisonne arbre par arbre, sur les espèces réellement sensibles et aux fenêtres où il sert, autour de la chute des feuilles et du débourrement. Sur un verger sain, mieux vaut investir le même temps dans le ramassage des feuilles, la taille d'aération et le retrait des fruits momifiés. Lisez toujours l'étiquette et vérifiez la mention d'emploi autorisé dans les jardins.

Mon pêcher a la cloque, puis-je encore sauver la récolte ?

Les feuilles boursouflées ne redeviendront pas normales et vont tomber, aucun traitement ne les rattrape. L'arbre refait presque toujours un second feuillage en fin de printemps, et une attaque isolée ne le tue pas. Aidez-le à repartir : arrosage régulier pendant l'épisode sec qui suit, pas d'excès d'azote, et retirez les feuilles cloquées tombées. La récolte de l'année sera réduite, parfois nulle sur un jeune sujet. Tout se joue l'hiver suivant, avant l'éclatement des bourgeons.

Les pommes tavelées sont-elles consommables ?

Oui. La tavelure crée des croûtes liégeuses et des crevasses sur la peau, mais la chair en dessous reste saine tant que le fruit n'est pas fendu jusqu'au coeur. Un fruit tavelé se pèle et se cuisine sans problème. Le vrai coût est ailleurs : ces fruits se conservent mal, parce que les crevasses sont des portes d'entrée pour les pourritures. Consommez-les en premier, ou transformez-les, et gardez la cave pour les fruits à peau intacte.

Quand faut-il tailler pour limiter les maladies ?

Par temps sec, toujours, et jamais juste avant une série de pluies : la plaie fraîche est la porte d'entrée du chancre et de la maladie du plomb. Sur les fruitiers à noyau, la taille se fait plutôt en fin d'été ou juste après la récolte, quand l'arbre cicatrise vite. Sur les fruitiers à pépins, la taille d'hiver reste la règle, mais choisissez une fenêtre sèche et douce. Désinfectez le sécateur à l'alcool ménager entre deux arbres, et davantage encore entre deux coupes dans du bois malade.

Mon cerisier a des branches sèches juste après la floraison, dois-je tout couper ?

C'est la signature de la moniliose des fleurs : le champignon entre par la fleur et descend dans le rameau. Coupez chaque rameau atteint 15 à 20 cm sous la limite visible du bois sec, sans attendre l'hiver, et sortez les déchets du verger. Ne rasez pas l'arbre pour autant : seules les parties nécrosées partent. Si le dessèchement se répète chaque printemps, le sujet est planté trop à l'humide ou trop serré, et la question devient celle de l'emplacement.

Comment savoir si un arbre est trop atteint pour être gardé ?

Trois signes pèsent lourd. Un chancre qui fait le tour du tronc condamne tout ce qui est au-dessus, c'est mécanique. Des champignons en console au pied ou sur une charpentière indiquent un bois déjà dégradé, donc un risque de rupture. Un dépérissement qui descend du haut vers le bas sur plusieurs branches, année après année, signale un problème de racines rarement réversible. Dans les deux derniers cas, sur un arbre de belle taille, faites évaluer la situation par un professionnel avant toute intervention.

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Malus domestica

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Ficus carica

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Fragaria x ananassa

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