Au jardin en septembreLe jardin, mois par mois

AromatiquePotager

Menthe : planter, contenir, rabattre et récolter

Mentha spicata , famille des Lamiacées

La menthe ne demande presque rien, sauf une décision prise le jour de la plantation : la contenir, ou la subir. Le reste tient à deux rabattages par saison et à une terre qui ne sèche jamais complètement.

Touffe verte dans un pot enterré à l'ombre, une main coupe une tige au-dessus d'une paire de feuilles
ExpositionMi-ombre
ArrosageArrosage régulier
Solfrais, humifère, meuble, jamais desséché
Hauteur0,40 m à 0,80 m selon l'exposition
Espacement40 à 50 cm entre les pieds
CycleVivace
RusticitéJusqu'à -20 degrés
DifficultéFacile

Le calendrier de la menthe

  1. Janvier : rien à faire
  2. Février : rien à faire
  3. Mars : plantation
  4. Avril : plantation
  5. Mai : plantation, récolte
  6. Juin : récolte, taille
  7. Juillet : récolte, floraison
  8. Août : récolte, floraison, taille
  9. Septembre : plantation, récolte
  10. Octobre : plantation, récolte
  11. Novembre : rien à faire
  12. Décembre : rien à faire
  • Plantation
  • Récolte
  • Floraison
  • Taille
  • Plantation mars à mai, septembre à octobre
  • Floraison juillet à août
  • Taille juin, août
  • Récolte mai à octobre

L'essentiel

  • La menthe s'étend par des stolons qui courent juste sous la surface : sans pot enterré ni barrière, elle occupe une planche entière en deux à trois ans.
  • Elle se plante ou se bouture, elle ne se sème pas : les graines vendues lèvent mal et donnent des plants au parfum inégal.
  • Mi-ombre et sol frais donnent de grandes feuilles tendres, là où le plein soleil en terre sèche donne un feuillage petit, coriace et amer.
  • Deux rabattages à 8 ou 10 cm du sol, en juin puis après la floraison d'août, suffisent à garder de la pousse tendre jusqu'en octobre.
  • Une touffe qui se dégarnit au centre au bout de trois ou quatre ans se divise au printemps : aucun engrais ne la rajeunira.

La menthe est la seule aromatique du potager qu'on finit parfois par regretter d'avoir plantée. Elle pousse seule, elle pousse vite, et elle pousse partout : tout se joue le jour de la plantation, dans la décision de la contenir ou non. Le reste du travail tient à deux coupes par saison et à un sol qui ne sèche jamais tout à fait.

Planter plutôt que semer

La menthe verte ne se sème pratiquement jamais, et c'est pour cette raison que cette fiche ne comporte aucun mois de semis. Les menthes cultivées sont largement des hybrides qui ne se reproduisent pas fidèlement par graine : les semis lèvent mal, lentement, et donnent des plants au parfum inégal. On achète un plant, on prélève un éclat de touffe chez un voisin, ou on bouture. Trois voies plus rapides et plus sûres.

La plantation se fait au printemps, de mars à mai, ou en début d'automne, en septembre et octobre. La plantation d'automne a un avantage réel : la touffe s'enracine pendant la saison froide et démarre deux à trois semaines plus tôt au printemps suivant. En zone continentale ou en altitude, préférez tout de même le printemps, une jeune touffe mal installée supporte mal un gel précoce.

Creusez un trou de deux fois le volume de la motte. Trempez la motte dans un seau d'eau jusqu'à ce que les bulles cessent, plantez au niveau du collet, tassez, arrosez copieusement. Comptez 40 à 50 cm entre deux pieds si vous en installez plusieurs, mais un seul pied couvre largement les besoins d'une cuisine : en deux saisons, il occupe son mètre carré.

La contenir, la décision qui compte

La menthe ne s'étend pas par ses racines mais par des stolons, des tiges rampantes qui courent juste sous la surface et ressortent à 30, 50 ou 80 cm de la touffe mère. Un pied planté en pleine terre sans précaution occupe une planche entière en deux à trois ans, puis se mêle aux fraisiers, aux vivaces et au gazon voisin. L'arracher ensuite oblige à extraire chaque fragment : un morceau de stolon de 3 cm oublié redonne un pied.

Trois montages fonctionnent, du plus simple au plus durable.

  • Le pot enterré. Un seau de 10 à 15 litres, percé au fond, enterré dans la planche, avec le rebord qui dépasse de 3 à 5 cm au-dessus du sol. Ce rebord est essentiel : sans lui, les stolons passent par-dessus.
  • La barrière anti-rhizome. Une bande rigide enfoncée sur 30 à 40 cm autour d'un carré d'environ un mètre. C'est le montage le plus solide, aussi le plus long à poser.
  • Le pot posé. Sur une terrasse ou un balcon, un contenant de 10 litres minimum, dont on surveille le trou de drainage. Le litrage décide, pas le diamètre, exactement comme pour le reste du potager de balcon.

Sol, exposition, arrosage

Contrairement à ses cousines méditerranéennes de la même famille, la menthe ne veut ni sécheresse ni plein cagnard. Elle vient des bords de fossés et des sols frais : mi-ombre, terre humifère, jamais desséchée. C'est l'inverse exact du thym et du romarin, et c'est pourquoi ces trois plantes ne partagent jamais le même bac.

Trois à cinq heures de soleil le matin, puis de l'ombre l'après-midi, donnent les plus belles feuilles. En plein soleil et en terre sèche, le feuillage reste petit, coriace, l'amertume monte et la plante fleurit trop tôt. À l'opposé, une ombre totale étire les tiges et appauvrit le parfum.

Pour l'eau, la règle est simple : le sol reste frais, jamais détrempé. En pleine terre paillée, un arrosage hebdomadaire suffit souvent en été. En pot, comptez tous les deux jours en juillet, parfois tous les jours en pleine chaleur, parce que la masse de feuillage transpire beaucoup pour un volume de substrat réduit. Un paillage de 5 cm, écarté du collet, divise ces fréquences.

Côté nourriture, les besoins sont faibles : une poignée de compost mûr au printemps couvre l'année. Un excès d'azote fabrique de grandes feuilles molles et pâles, au parfum dilué, nettement plus sensibles à la rouille. En pot, c'est l'épuisement du substrat qui limite la plante : un rempotage annuel dans du terreau neuf vaut mieux que tous les engrais du monde.

Rabattre, diviser, rajeunir

Une menthe qu'on laisse faire monte à fleur en juillet, durcit et perd son parfum. Deux rabattages par saison règlent la question.

Le premier a lieu en juin, dès que les tiges dépassent 30 à 40 cm et que les boutons floraux se forment : coupez toute la touffe à 8 ou 10 cm du sol, en une fois, sans hésiter. La repousse est tendre et sort en deux à trois semaines. Le second suit la floraison, en août, à la même hauteur, et vous donne des feuilles jusqu'aux gelées.

ÉtapePériodeRepère technique
Plantation de printempsMars à maiMotte trempée, collet au niveau du sol
Première récolteMaiTiges de 15 cm, avant floraison
Premier rabattageJuinÀ 8-10 cm, dès les boutons floraux
FloraisonJuillet, aoûtÀ laisser sur un pied pour les pollinisateurs
Second rabattageAoûtJuste après la floraison
Plantation d'automneSeptembre, octobreSol encore chaud, enracinement avant l'hiver
Dernière récolteOctobreAvant les gelées franches
Division de la touffeMars, ou septembreTous les 3 ans, quand le centre se dégarnit

Au bout de trois ou quatre ans, le coeur de la touffe se dégarnit et les tiges sortent en couronne. C'est le signal de la division : sortez la motte, jetez la partie centrale épuisée, replantez trois ou quatre éclats prélevés en périphérie dans une terre rafraîchie de compost. Le principe vaut pour toutes les touffes qui vieillissent par le milieu, comme nous le détaillons à propos de la division des vivaces.

En hiver, la partie aérienne disparaît entièrement. C'est normal : la souche résiste bien en dessous de moins quinze degrés. Coupez les tiges sèches à ras en fin d'automne, ce simple ménage limite la rouille l'année suivante.

Récolter, sécher, conserver

On récolte de mai à octobre, à la demande. Le parfum est à son maximum juste avant l'ouverture des fleurs, le matin, une fois la rosée évaporée et avant la chaleur.

Coupez la tige aux ciseaux ou au sécateur, juste au-dessus d'une paire de feuilles : deux nouvelles pousses partiront de cette aisselle. Cueillir feuille à feuille ne laisse que des tiges nues, sans intérêt. Sur un jeune pied, ne prélevez pas plus d'un tiers de la touffe en une fois.

  • Fraîche, quelques jours : les tiges dans un verre d'eau, comme un bouquet, à température ambiante.
  • Séchée : petits bouquets tête en bas, à l'ombre, dans un local aéré, cinq à dix jours. Le séchage au soleil détruit le parfum. Effeuillez une fois sec, conservez en bocal à l'abri de la lumière.
  • Congelée : feuilles ciselées dans un bac à glaçons avec un fond d'eau. Le rendu est meilleur que le séchage pour les préparations froides.

Les feuilles en cuisine et en infusion sont d'usage courant. L'huile essentielle de menthe, elle, est un produit concentré, avec des précautions d'emploi et des contre-indications : la question se pose à un pharmacien ou à un médecin, pas au jardin.

Les problèmes courants, dans l'ordre de fréquence

SymptômeCause probableRéponse
Pustules en relief, orange puis brunes, au revers des feuillesRouille de la mentheCouper et sortir le feuillage atteint du jardin, rabattre à ras, aérer
Voile blanc farineux sur le dessus des feuillesOïdiumAérer la touffe, réduire l'azote, rabattre
Feuilles criblées de petits trous rondsAltisesMaintenir le sol frais et paillé, arroser plus souvent
Extrémités collantes et déforméesPuceronsDoucher au jet d'eau, laisser venir les auxiliaires
Feuilles petites, coriaces, amèresTrop de soleil et sol secPailler, arroser, ombrer l'après-midi
Feuilles grandes, pâles, molles, sans goûtExcès d'azote ou ombre trop denseArrêter les apports, éclaircir la touffe
Centre dégarni, tiges maigres en couronneSouche de plus de trois ansDiviser au printemps et replanter des éclats

Le doute le plus fréquent oppose la rouille et l'oïdium. Un seul geste tranche : retournez la feuille. La rouille pose des pustules en relief au revers, orange vif puis brun sombre, qui ne s'effacent pas au doigt. L'oïdium pose un voile blanc farineux, surtout sur le dessus, qui part au frottement. La rouille de la menthe ne contaminera pas vos autres légumes, mais elle persiste sur les débris : sortez-les du jardin plutôt que de les composter.

Sur une aromatique destinée à la consommation, aucun traitement ne s'improvise. Si vous envisagez un produit, l'usage autorisé, la dose et le délai avant récolte figurent sur son étiquette, et c'est elle qui fait foi.

Voisinages et floraison

La menthe est une mauvaise voisine en pleine terre, non par chimie mais par occupation : elle prend la place, la lumière et l'eau. Le persil, qui recherche la même fraîcheur et la même mi-ombre, perd systématiquement l'arbitrage, gardez-lui son propre coin. La règle tient en une phrase : la menthe vit seule dans son contenant, et ce contenant peut alors se poser n'importe où, y compris au milieu du potager.

Sa floraison de juillet et août est un vrai atout si vous acceptez d'y sacrifier une partie de la récolte. Les épis pâles bourdonnent pendant plusieurs semaines et nourrissent les auxiliaires du jardin à un moment où beaucoup de fleurs printanières sont déjà passées. Laisser fleurir un pied et rabattre l'autre est le meilleur compromis.

En résumé

Plantez un pied, un seul, dans un seau de 10 à 15 litres percé et enterré, en mi-ombre et en terre fraîche. Rabattez à 10 cm en juin puis après la floraison d'août, arrosez avant que le sol ne sèche vraiment, sortez du jardin les feuilles rouillées au lieu de les laisser au sol, et divisez la touffe la troisième ou la quatrième année. Ces cinq gestes tiennent en une demi-heure par saison, et la menthe ne demande rien de plus.

Questions fréquentes

Comment empêcher la menthe d'envahir le potager ?

En la cloisonnant le jour même de la plantation. Le montage le plus simple est un seau de 10 à 15 litres percé au fond, enterré dans la planche, avec le rebord qui dépasse de 3 à 5 cm au-dessus du sol. Ce rebord compte autant que le seau : sans lui, les stolons passent par-dessus et repartent de plus belle. Une barrière anti-rhizome enfoncée sur 30 à 40 cm autour d'un carré remplit le même rôle, pour bien plus longtemps.

Peut-on semer la menthe ?

En pratique non, et c'est pourquoi cette fiche ne donne aucun mois de semis. Les menthes cultivées sont en grande partie des hybrides qui ne se reproduisent pas fidèlement par graine : les semis lèvent mal, très lentement, et donnent des plants au parfum inégal. La multiplication se fait par éclat de touffe, par stolon prélevé avec ses racines, ou par bouture de tige dans un verre d'eau. Trois voies rapides et fiables.

Pourquoi ma menthe a-t-elle des taches orange sous les feuilles ?

C'est la rouille de la menthe, un champignon favorisé par l'humidité stagnante et les touffes trop denses. Retournez la feuille pour confirmer : la rouille pose des pustules en relief, orange vif puis brun sombre, au revers du limbe. Coupez tout le feuillage atteint, sortez-le du jardin plutôt que de le composter, rabattez la touffe à ras et aérez. Si le problème revient chaque année, divisez et replantez ailleurs, dans un endroit plus ventilé.

Faut-il couper les fleurs de la menthe ?

Pour la cuisine, oui : le parfum est à son maximum juste avant l'ouverture des fleurs, et une touffe qui fleurit durcit et perd de son goût. Le rabattage de juin sert exactement à cela. Pour la biodiversité, laissez fleurir un pied sur deux en juillet et août : les épis pâles attirent abeilles, syrphes et petites guêpes parasitoïdes pendant plusieurs semaines, au moment où beaucoup de fleurs printanières sont déjà passées.

Quel pot pour cultiver la menthe sur un balcon ?

Comptez 10 litres minimum par pied, davantage si vous voulez espacer les arrosages. C'est le volume de substrat qui décide, pas le diamètre : une jardinière large mais peu profonde sèche en une demi-journée de canicule. Surveillez le trou de drainage, les stolons s'y faufilent et vont s'enraciner dans le pot voisin. Rempotez dans du terreau neuf chaque printemps, ou tous les deux ans au plus tard, sinon le substrat s'épuise.

Ma menthe a disparu cet hiver, est-elle morte ?

Presque sûrement pas. La souche est vivace et résiste bien en dessous de moins quinze degrés, alors que la partie aérienne disparaît complètement chaque hiver, y compris en climat doux. Coupez les tiges sèches à ras en fin d'automne, ce ménage limite la rouille l'année suivante, et ne bâchez rien. Les nouvelles pousses sortent de terre en mars ou avril selon la région. En pot, c'est le contenant qu'il faut protéger d'un gel prolongé.

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