AromatiquePotager
Basilic : semer, pincer et récolter jusqu'en septembre
Ocimum basilicum , famille des Lamiacées
Le basilic n'est pas capricieux, il est frileux et impatient. Il germe au chaud, refuse les nuits fraîches, et se conduit par pincements réguliers plutôt que par cueillette feuille à feuille.

Le calendrier de la basilic
- Semis mars à mai
- Plantation mai à juin
- Floraison juillet à août
- Taille juin à août
- Récolte juin à septembre
L'essentiel
- Le basilic germe entre 20 et 25 degrés : semé trop tôt dans un local à 15 degrés, il lève mal et pourrit avant de sortir.
- Il est plus frileux que la tomate, une seule nuit à 5 degrés suffit à noircir son feuillage et à bloquer la plante plusieurs semaines.
- On le récolte en coupant la tête au-dessus d'une paire de feuilles, jamais en prélevant les feuilles une à une par le bas.
- Supprimer les boutons floraux dès leur apparition prolonge la production de feuilles de plusieurs semaines.
- Un jaunissement entre les nervures avec feutrage gris violacé au revers signe le mildiou du basilic, pas une carence.
Le basilic n'est pas capricieux, il est frileux et impatient. Il germe au chaud, refuse les nuits fraîches, et se conduit par pincements réguliers plutôt que par cueillette feuille à feuille. Trois points, et l'écart entre le pied maigrichon qui monte en fleur fin juin et la touffe large qui tient jusqu'aux premières brumes de septembre.
Semer au chaud, planter tard
La graine de basilic demande 20 à 25 degrés pour germer franchement. En dessous de 18, la levée traîne et devient irrégulière ; en dessous de 15, une bonne partie des graines pourrit avant de sortir. C'est la cause numéro un des semis ratés, bien avant la qualité des semences.
Semez à partir de mars, à l'intérieur ou sous serre chauffée, dans un terreau fin et tamisé. Recouvrez les graines de 5 mm à peine, tassez légèrement, humidifiez au pulvérisateur. La levée demande cinq à dix jours à 22 degrés, deux fois plus à 18. Dès que les cotylédons pointent, la lumière prime sur la chaleur : sans elle, vous obtenez des tiges filées qui ne se rattrapent pas. Le détail de cette conduite est dans notre dossier sur la réussite des semis en intérieur.
Le repiquage intervient au stade deux vraies feuilles, trois à quatre semaines après le semis, en godets de 8 cm. Mettez trois plantules par godet plutôt qu'une seule : le basilic aime pousser en touffe, et une touffe donne une motte plus solide à la plantation.
| Étape | Période | Repère technique |
|---|---|---|
| Semis sous abri | Mars à mai | 20 à 25 degrés, 5 mm de profondeur |
| Levée | 5 à 10 jours après le semis | Lumière maximale dès les cotylédons |
| Repiquage en godet | 3 à 4 semaines après le semis | Stade 2 vraies feuilles, 3 plants par godet |
| Semis direct en place | Mai | Sol réchauffé, ligne éclaircie à 25 cm |
| Plantation | Mai à juin | Nuits stabilisées au-dessus de 12 degrés |
| Premier pincement | 4 à 6 vraies feuilles | Coupe au-dessus d'une paire de feuilles |
| Récolte | Juin à septembre | Par tiges entières, jamais feuille à feuille |
| Fin de culture | Premières nuits sous 10 degrés | Bouturer ou récolter en entier |
Le sol, la lumière, la place
Le basilic veut une terre meuble, riche en matière organique, fraîche en profondeur et parfaitement drainée en surface. Une argile lourde qui reste détrempée trois jours après la pluie lui vaut une pourriture du collet en pleine saison. Sur ce type de sol, cultivez-le en butte, en bac ou en pot.
Côté exposition, comptez six heures de soleil direct. Nuance régionale : dans le Midi, en juillet, un basilic exposé plein sud toute la journée durcit ses feuilles et monte en fleur plus vite. Un peu d'ombre après 15 heures lui garde un feuillage tendre. Abritez-le du vent, qui dessèche le feuillage et couche les tiges tendres.
Respectez les distances : 25 à 30 cm entre les pieds, 30 à 40 cm entre les rangs. Serrés, les pieds se font de l'ombre, restent humides au coeur et deviennent la porte d'entrée du mildiou.
En pot, la contrainte est le volume : 3 litres au minimum par touffe, 5 litres pour une plante que vous voulez récolter tout l'été, et 20 cm de profondeur. Un pot d'un litre condamne la plante à sécher chaque après-midi de juillet, ce qui la fait fleurir prématurément. Le raisonnement complet sur les contenants est détaillé dans notre dossier sur le volume de pot au potager de balcon.
Arroser sans noyer
Le basilic demande une humidité régulière, pas une terre trempée. Le repère est simple : le premier centimètre de surface sèche entre deux arrosages, le dessous reste frais. En pleine terre paillée, cela représente un arrosage tous les trois à cinq jours en été, généreux, au pied. En pot sur une terrasse exposée, l'arrosage devient quotidien en pleine chaleur, parfois deux fois par jour fin juillet.
Trois règles qui règlent la plupart des problèmes sanitaires :
- arrosez le matin, jamais le soir, pour que le feuillage soit sec la nuit ;
- versez au pied, jamais sur les feuilles ;
- ne laissez pas d'eau stagner dans la soucoupe plus d'une vingtaine de minutes.
Un paillage fin de 3 à 5 cm, tonte séchée ou paillette de lin, stabilise l'humidité et évite les éclaboussures de terre sur les feuilles basses. Dégagez toujours le collet sur deux ou trois centimètres.
Côté nutrition, le basilic est modeste. Une bonne poignée de compost mûr à la plantation couvre le cycle en pleine terre. En pot, les arrosages fréquents lessivent le substrat : un engrais liquide dilué toutes les deux à trois semaines à partir de juillet entretient la vigueur. L'excès d'azote, lui, donne de grandes feuilles pâles, gorgées d'eau et nettement moins parfumées.
Pincer, la seule conduite qui compte
Le basilic ne se taille pas, il se pince, et c'est tout l'art de la culture. Dès que le plant porte quatre à six vraies feuilles, soit une quinzaine de centimètres, coupez la tête juste au-dessus d'une paire de feuilles. Le noeud, ce petit renflement d'où partent deux feuilles opposées, contient deux bourgeons dormants : ils démarrent dans la semaine et vous obtenez deux tiges là où il y en avait une.
Répétez l'opération toutes les deux à trois semaines pendant tout l'été. Chaque pincement double le nombre de têtes et abaisse la silhouette, qui devient large et dense au lieu de filer vers le haut.
Dès juillet, surveillez les épis floraux au sommet des tiges. Coupez-les à deux ou trois centimètres sous l'épi, au-dessus d'une paire de feuilles. Une fois la floraison installée, la plante bascule dans la production de graines : feuilles plus petites, goût plus âpre, croissance qui s'arrête.
Récolter, conserver, prolonger
La récolte commence en juin sur un semis de mars, et se poursuit jusqu'aux premières nuits fraîches de septembre ou d'octobre selon les régions. Coupez le matin, une fois la rosée évaporée : les huiles essentielles sont à leur maximum avant les heures chaudes. Ne prélevez jamais plus du tiers de la plante en une fois, et laissez quatre à six feuilles en bas de chaque tige coupée.
Le basilic sèche mal : il perd l'essentiel de son parfum et ne garde qu'une note de foin. Deux conservations fonctionnent vraiment. Hachez les feuilles, tassez-les dans un bac à glaçons avec un filet d'huile et congelez, ou passez directement au pesto, qui se congèle très bien en portions.
Fin août, prélevez deux ou trois têtes de 10 cm sans fleur et mettez-les dans un verre d'eau. Elles s'enracinent en une à deux semaines. Rempotées en septembre et placées derrière une fenêtre très lumineuse, elles vous donnent encore quelques récoltes avant de décliner avec la baisse de lumière.
Les problèmes courants, dans l'ordre de fréquence
| Symptôme | Cause probable | Réponse |
|---|---|---|
| Plantules qui s'affaissent au collet du jour au lendemain | Fonte des semis, substrat trop humide | Semer moins dense, aérer, arroser par le bas, laisser sécher la surface |
| Jaunissement entre les nervures, feutrage gris violacé au revers | Mildiou du basilic | Retirer les pieds atteints, ne plus mouiller le feuillage, espacer |
| Pâleur uniforme, croissance ralentie | Pot trop petit ou substrat épuisé | Rempoter plus grand, engrais dilué toutes les deux semaines |
| Feuilles noircies après une nuit fraîche | Coup de froid | Couvrir ou rentrer, attendre la repousse avant de couper |
| Base de la tige brune et molle, plante qui se couche | Pourriture du collet, excès d'eau | Arracher, ne plus arroser le soir, améliorer le drainage |
| Trous irréguliers et traces argentées sur jeunes plants | Limaces et escargots | Planter des plants déjà développés, ramasser le soir |
| Amas verts ou noirs sur les jeunes pousses | Pucerons | Jet d'eau, pincement des extrémités les plus atteintes |
| Fins points clairs et toiles au revers, en intérieur | Araignées rouges, air trop sec | Augmenter l'humidité, doucher le feuillage, isoler la plante |
Le tri entre les deux causes de jaunissement se fait en retournant une feuille. Un feutrage gris violacé au revers, sous une plage jaune nettement délimitée par les nervures, désigne le mildiou du basilic : il progresse par temps doux et humide, ne se rattrape pas, et les pieds touchés doivent sortir du potager sans passer par le compost. Une pâleur diffuse, sans rien au revers, est une affaire de sol ou de contenant.
Voisins de culture
L'association avec la tomate est la plus classique, et elle est d'abord logique : mêmes besoins de chaleur, de soleil et d'eau régulière, mêmes dates de plantation. Le basilic occupe les 25 cm de sol laissés libres entre deux pieds sans gêner personne, et son feuillage bas limite l'évaporation. Les vertus répulsives qu'on lui prête sur les pucerons ou les moustiques ne sont pas établies : plantez-le pour la place et pour la cuisine, pas comme un traitement. Notre fiche complète de la tomate détaille les distances à respecter pour que les deux cohabitent sans se faire d'ombre.
Le poivron, l'aubergine et la courgette font d'aussi bons voisins, pour les mêmes raisons de calendrier. Aucune incompatibilité sérieuse n'est documentée pour le basilic ; le vrai concurrent est tout ce qui lui fait de l'ombre ou lui prend son eau. Une seule précaution : ne le replantez pas deux étés de suite à l'endroit exact où le mildiou est passé.
En résumé
Semez en mars à 20 degrés au moins, plantez quand les nuits tiennent au-dessus de 12 degrés, espacez de 25 à 30 cm, donnez 3 à 5 litres de terre par touffe en pot. Ensuite, deux gestes suffisent : arroser au pied le matin, et pincer la tête au-dessus d'une paire de feuilles toutes les deux à trois semaines, boutons floraux compris. Fin août, mettez deux têtes à raciner dans un verre d'eau : la saison suivante commencera avec de l'avance.
Questions fréquentes
Quand semer le basilic ?
Sous abri chauffé à partir de mars, dès que vous pouvez tenir 20 à 25 degrés autour du semis, et jusqu'en mai. En dessous de 18 degrés, la levée traîne et les graines moisissent souvent avant de sortir. Le semis direct en pleine terre attend que le sol soit réchauffé, soit mai sur le pourtour méditerranéen et plutôt fin mai ou début juin dans la moitié nord. Rien ne sert d'avancer : un semis d'avril rattrape un semis de février.
Pourquoi le basilic acheté en pot meurt-il en une semaine ?
Parce que ce pot contient trente à quarante plantules serrées dans un demi-litre de substrat, forcées pour la vente et non pour durer. Les racines s'étranglent, le substrat sèche en quelques heures, et le moindre oubli d'arrosage tue l'ensemble. Deux solutions : consommer le pot dans la semaine, ou le dépoter, séparer la motte en quatre ou cinq touffes et rempoter chaque touffe dans 2 litres de terreau. Les touffes repartent en une dizaine de jours.
Faut-il couper les fleurs du basilic ?
Oui, si vous voulez des feuilles. Le basilic est une annuelle : dès qu'il fleurit, en juillet et août, il ralentit la production de feuillage, ses feuilles rapetissent et leur goût devient plus âpre. Pincez les boutons floraux dès qu'ils pointent, en coupant deux à trois centimètres sous l'épi, au-dessus d'une paire de feuilles. Laissez tout de même fleurir un pied en fin de saison : les abeilles y viennent beaucoup, et vous récupérez des graines.
Comment récolter sans épuiser le pied ?
Coupez des tiges entières, jamais des feuilles isolées. La coupe se fait juste au-dessus d'un noeud, ce renflement d'où partent deux feuilles opposées : deux nouvelles pousses en repartiront. Ne prélevez pas plus du tiers de la plante en une fois, et laissez toujours quatre à six feuilles en bas pour qu'elle puisse redémarrer. Un pied bien conduit se récolte ainsi toutes les deux à trois semaines, de juin jusqu'aux premières nuits fraîches.
Peut-on garder du basilic en hiver ?
Pas vraiment le même pied : le basilic commun est une annuelle qui termine son cycle après floraison. En revanche, une bouture prélevée en août, tête de 10 cm sans fleur, s'enracine dans un verre d'eau en une à deux semaines et donne un jeune plant à rentrer. Placé derrière une fenêtre très lumineuse, hors courant d'air froid, il tiendra une partie de l'hiver au ralenti, avec des feuilles plus petites. Attendez-vous à un déclin progressif dès novembre.
Pourquoi les feuilles de mon basilic jaunissent-elles ?
Retournez une feuille avant de conclure. Un jaunissement délimité par les nervures, avec un feutrage gris violacé au revers, est le mildiou du basilic : il faut retirer les pieds atteints et cesser de mouiller le feuillage. Une pâleur uniforme, avec croissance ralentie, indique plutôt un pot trop petit ou un substrat épuisé. Des feuilles basses jaunes sur un pied par ailleurs vigoureux sont souvent le signe d'un excès d'eau au pied.
Les dossiers qui vont avec
Toute la rubriqueLe calendrier des semis : quoi semer, quand, et pourquoi pas avant
La bonne date de semis ne se lit pas sur le sachet mais dans la terre. Les seuils de température par espèce, les fenêtres par légume, le compte à rebours d'automne et le test qui juge vos vieilles graines.
Une serre de jardin est-elle vraiment utile chez vous ?
Une serre froide avance les cultures de deux à quatre semaines et prolonge autant l'arrière-saison, mais elle ne remplace pas un abri hors gel. Voici comment savoir si la vôtre servira, et laquelle choisir.
La rotation des cultures au potager familial, sans se compliquer
Changer les légumes de place chaque année ne sert presque à rien si l'on ignore les familles botaniques. Voici le plan à quatre planches, la place du compost, et ce que la rotation ne réglera jamais.


