Au jardin en septembreLe jardin, mois par mois

LégumePotager

Tomate : semis, plantation, taille et récolte

Solanum lycopersicum , famille des Solanacées

La tomate est la culture la plus tentée et la plus ratée des potagers français. Presque tous les échecs se jouent sur trois points : la date de plantation, la régularité de l'arrosage et l'aération du feuillage.

Pied de tomate palissé chargé de grappes rouges et vertes, une main pince un gourmand
ExpositionPlein soleil
ArrosageArrosage régulier
Solprofond, riche en humus, bien drainé
Hauteur0,60 m en variété déterminée, 1,80 m à 2,50 m en indéterminée
Espacement50 à 60 cm sur le rang, 80 cm entre les rangs
CycleAnnuelle
RusticitéGélive, à cultiver en saison
DifficultéDemande un peu de main

Le calendrier de la tomate

  1. Janvier : rien à faire
  2. Février : rien à faire
  3. Mars : semis
  4. Avril : semis
  5. Mai : plantation
  6. Juin : taille
  7. Juillet : récolte, taille
  8. Août : récolte, taille
  9. Septembre : récolte
  10. Octobre : récolte
  11. Novembre : rien à faire
  12. Décembre : rien à faire
  • Semis
  • Plantation
  • Récolte
  • Taille
  • Semis mars à avril
  • Plantation mai
  • Taille juin à août
  • Récolte juillet à octobre

L'essentiel

  • Semez sous abri en mars, à 20 degrés, et ne plantez dehors qu'une fois les nuits stabilisées au-dessus de 10 degrés, souvent après le 10 mai.
  • Un arrosage irrégulier est la première cause de fruits éclatés et de nécrose apicale, bien avant tout problème de fertilisation.
  • La taille des gourmands n'est utile que sur les variétés indéterminées conduites sur un ou deux bras.
  • Le mildiou se prévient par l'aération et le feuillage sec, jamais par un traitement appliqué après l'apparition des taches.
  • Une tomate cueillie à peine colorée finit de mûrir hors du plant sans perdre de goût, contrairement à une tomate cueillie verte.

Aucune culture ne concentre autant d'espoirs et autant de déceptions. La tomate n'est pourtant pas difficile : elle est exigeante sur trois points précis, et indulgente sur tout le reste. Voici ce qui se joue vraiment, du semis de mars à la dernière récolte d'octobre.

Semer, repiquer, planter

Le semis se fait à l'intérieur ou sous serre chauffée, en mars, dans un terreau fin maintenu à 18 ou 20 degrés. Les graines lèvent en cinq à dix jours. Dès la levée, la température peut redescendre à 16 degrés la nuit, mais la lumière doit augmenter immédiatement : c'est le manque de lumière, pas le froid, qui produit ces plants filés à tige fine et longue qu'on voit sortir de tant de rebords de fenêtres. Les détails de la conduite sont dans notre dossier sur la réussite des semis en intérieur.

Le repiquage intervient au stade deux vraies feuilles, en godet de 8 à 10 cm. C'est le moment d'enterrer la tige un peu plus profondément qu'elle ne l'était : la tomate émet des racines adventives sur toute la partie enterrée, ce qui renforce la plante.

À la plantation, creusez un trou généreux, apportez une poignée de compost mûr, et enterrez le plant jusqu'aux premières feuilles, en couchant légèrement la tige si elle est longue. Posez le tuteur avant de reboucher : planté après coup, il traverse les racines. Arrosez copieusement, puis laissez la plante chercher son eau pendant une dizaine de jours.

ÉtapePériodeRepère technique
Semis sous abriMars18 à 20 degrés, 5 mm de profondeur
Repiquage en godet3 semaines après le semisStade 2 vraies feuilles
Endurcissement10 jours avant plantationSorties progressives à l'extérieur
PlantationMaiNuits au-dessus de 10 degrés
Première récolteJuillet60 à 80 jours après plantation
Dernière récolteOctobreAvant les premières nuits à 5 degrés

Le sol, l'exposition, la place

La tomate veut du soleil direct, six heures minimum, et un sol profond, meuble, riche en matière organique et surtout bien drainé. Une terre qui reste détrempée après une pluie donnera des plants chétifs et des racines asphyxiées.

Respectez les distances : 50 à 60 cm entre les pieds sur le rang, 80 cm entre les rangs. Serrer les plants est l'erreur la plus fréquente et la plus punie, parce qu'elle crée exactement les conditions du mildiou : feuillage qui ne sèche jamais, air stagnant, humidité persistante au coeur de la végétation.

Évitez de replanter des tomates au même endroit deux années de suite, et de les installer juste après des pommes de terre : ces deux Solanacées partagent leurs maladies de sol. Une rotation sur trois ou quatre ans suffit, telle que nous la décrivons dans la rotation des cultures au potager familial.

Arroser, nourrir, pailler

C'est ici que se gagne ou se perd la récolte. La tomate ne demande pas beaucoup d'eau, elle demande de l'eau régulière. Une alternance de sécheresse et de fortes doses provoque l'éclatement des fruits et la nécrose apicale.

  • Comptez 10 à 15 litres par mètre carré tous les cinq à sept jours en été, en une fois plutôt qu'en plusieurs petits apports.
  • Arrosez toujours au pied, jamais sur le feuillage, et de préférence le matin.
  • Paillez sur 6 à 8 cm dès que le sol est réchauffé et humide, en dégageant le collet.

Côté fertilisation, une poignée de compost à la plantation couvre le début du cycle. Un apport d'engrais riche en potasse au moment de la première nouaison soutient la fructification. L'excès d'azote, lui, produit une plante magnifique et peu de fruits.

Tailler, ou ne pas tailler

Tout dépend du type de variété.

Les variétés indéterminées poussent indéfiniment et se conduisent palissées, sur un ou deux bras. On y supprime les gourmands, ces pousses qui naissent à l'aisselle entre la tige et une feuille, une fois par semaine, quand ils font moins de 5 cm. Un gourmand pincé tôt entre deux doigts ne laisse pas de plaie ; un gourmand coupé à 20 cm laisse une blessure et beaucoup de matière perdue.

Les variétés déterminées, buissonnantes, s'arrêtent d'elles-mêmes après quelques bouquets. On ne les taille pas : chaque tige porte des fruits.

L'étêtage, en revanche, concerne tout le monde. Fin août dans la moitié nord, début septembre plus au sud, coupez la tête au-dessus du dernier bouquet ayant une chance de mûrir. La plante cesse de fabriquer de la végétation et met son énergie dans les fruits en place.

Récolter et conserver

Une tomate se cueille quand elle est colorée et cède légèrement sous une pression du doigt. Le pédoncule se détache facilement d'une simple torsion. Une tomate cueillie à peine colorée finit parfaitement sa maturation à température ambiante, en trois à cinq jours, sans perte de goût.

En fin de saison, les fruits verts restants se conservent trois à quatre semaines dans une cagette, à l'obscurité et à 15 degrés environ. Ils rougiront progressivement, avec moins de saveur qu'une tomate mûrie sur pied, mais bien mieux qu'en confiture forcée.

Les problèmes courants, dans l'ordre de fréquence

SymptômeCause probableRéponse
Fond du fruit noir et secNécrose apicale, arrosage irrégulierRégulariser l'arrosage, pailler, ne rien traiter
Taches brunes floues sur feuilles et tigesMildiouCouper, aérer, garder le feuillage sec
Feutrage blanc sur les feuillesOïdiumAérer, éviter l'excès d'azote
Fruits éclatés après une pluieÀ-coup d'humiditéPailler, arroser plus régulièrement
Fleurs qui tombent sans fruitChaleur au-dessus de 35 degrés ou nuits froidesOmbrer aux heures chaudes, patienter
Feuilles enroulées vers le hautStress hydrique ou taille sévèreVérifier l'arrosage, tailler moins

Le mildiou mérite une attention particulière : il ne se soigne pas une fois installé. La prévention tient à trois gestes simples, l'espacement des plants, le feuillage tenu au sec et le retrait des feuilles basses. Les autres maladies du jardin sont détaillées dans notre dossier sur le mildiou, l'oïdium et la rouille.

Bonnes associations

Le basilic planté au pied partage les mêmes besoins de chaleur et d'eau, et ne gêne en rien : c'est une association de place, pas un remède miracle. Le persil et la ciboulette se glissent également bien entre les pieds. Les oeillets d'Inde sont traditionnellement plantés en bordure pour leur effet sur certains nématodes du sol.

À l'inverse, évitez la proximité immédiate des pommes de terre, pour la raison sanitaire déjà vue, et du fenouil, qui gêne la plupart de ses voisins.

En résumé

Semez en mars au chaud et à la lumière, plantez en mai quand les nuits le permettent, espacez généreusement, paillez, arrosez régulièrement au pied et supprimez les gourmands si la variété l'exige. Ces six gestes couvrent quatre-vingt-dix pour cent de ce qui sépare une récolte correcte d'une récolte décevante.

Questions fréquentes

Quand semer les tomates ?

En mars, sous abri chauffé à 18 ou 20 degrés, six à huit semaines avant la date de plantation prévue. Semer en février oblige à conserver des plants trop longtemps à l'étroit et à la lumière insuffisante, ce qui donne des tiges filées qui ne rattraperont jamais leur retard. Dans le Midi, un semis fin février se justifie ; au nord de la Loire, mars est plus sûr.

Faut-il vraiment tailler les tomates ?

Seulement les variétés indéterminées, celles qui poussent indéfiniment et qu'on palisse. On y supprime les gourmands, ces pousses qui partent à l'aisselle des feuilles, pour concentrer la sève sur un ou deux bras. Les variétés déterminées, buissonnantes et courtes, ne se taillent pas : les tailler leur retire une part de leur production. En cas de doute, regardez l'étiquette ou laissez pousser et observez.

Pourquoi mes tomates ont-elles le fond noir ?

C'est la nécrose apicale, ou cul noir. Elle vient d'un défaut d'alimentation en calcium dans le fruit, presque toujours provoqué par des arrosages irréguliers, parfois par un excès d'azote. Ce n'est pas une maladie et cela ne se soigne pas : les fruits touchés sont perdus, mais les suivants seront sains si l'arrosage redevient régulier et le sol paillé.

Comment reconnaître le mildiou ?

Des taches brunes à contour flou apparaissent sur les feuilles, souvent avec un feutrage blanchâtre au revers par temps humide, puis les tiges brunissent et les fruits développent des marbrures brunes et dures. Le mildiou progresse par temps doux et humide. Une fois installé, il ne se guérit pas : on coupe les parties atteintes, on ramasse les débris et on protège le reste par l'aération et le maintien du feuillage au sec.

Peut-on cultiver des tomates en pot ?

Oui, à condition de donner du volume. Comptez 30 litres minimum par pied pour une variété indéterminée, 15 à 20 litres pour une variété compacte ou une tomate cerise. Un pot de 10 litres condamne la plante à un stress hydrique permanent, avec fruits éclatés et cul noir à la clé. L'arrosage devient quotidien en pleine chaleur.

Faut-il enlever les feuilles du bas ?

Les feuilles qui touchent le sol, oui : ce sont les premières contaminées par les spores remontées par les éclaboussures d'arrosage. Supprimez-les jusqu'à 25 ou 30 cm du sol dès que la plante est bien installée. En revanche, n'effeuillez pas massivement le reste du plant en croyant faire mûrir plus vite : les feuilles fabriquent le sucre des fruits.

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