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LégumePotager

Courge butternut : semer, conduire, récolter, conserver

Cucurbita moschata , famille des Cucurbitacées

La butternut se rate rarement, mais elle se conserve mal dès que deux détails sont manqués : la place qu'on lui accorde au printemps, et le moment exact où on coupe le pédoncule en automne.

Fruits beiges mûrissant sur un lit de paille sous de larges feuilles, l'un coupé avec son pédoncule
ExpositionPlein soleil
ArrosageArrosage régulier
Solprofond, frais, riche en compost
Hauteur0,40 m de haut, tiges de 2 à 4 m
Espacement1 m à 1,50 m sur le rang, 1,50 m à 2 m entre les rangs
CycleAnnuelle
RusticitéGélive, à cultiver en saison
DifficultéFacile

Le calendrier de la courge butternut

  1. Janvier : rien à faire
  2. Février : rien à faire
  3. Mars : rien à faire
  4. Avril : semis
  5. Mai : semis, plantation
  6. Juin : plantation
  7. Juillet : floraison
  8. Août : floraison
  9. Septembre : récolte
  10. Octobre : récolte
  11. Novembre : rien à faire
  12. Décembre : rien à faire
  • Semis
  • Plantation
  • Récolte
  • Floraison
  • Semis avril à mai
  • Plantation mai à juin
  • Floraison juillet à août
  • Récolte septembre à octobre

L'essentiel

  • Semez en godet en avril à 20 ou 25 degrés, ou en place en mai seulement quand le sol lui-même atteint 12 degrés.
  • Prévoyez 3 à 4 mètres carrés par pied : le manque de place est la cause numéro un des récoltes décevantes et de l'oïdium précoce.
  • Réduisez franchement l'arrosage les deux à trois semaines qui précèdent la récolte, c'est ce qui fait le sucre et la tenue en conservation.
  • Une butternut est mûre quand son pédoncule est sec et liégeux et que la peau ne se marque plus à l'ongle, pas quand elle est simplement beige.
  • Le ressuyage de dix à quinze jours au sec après la coupe fait la différence entre une courge qui tient jusqu'au printemps et une courge qui pourrit avant Noël.

La butternut est la courge la plus facile à réussir et celle qui se conserve le mieux. Elle demande trois choses : du soleil, de la place, un sol nourri. Tout le savoir-faire tient ensuite à deux journées, celle de la mise en terre et celle de la récolte.

Semer en avril sous abri, ou en mai en place

Le semis sous abri se fait en avril, en godet de 8 à 10 cm, une ou deux graines sous 2 à 3 cm de terreau. Posez la graine de chant, sur la tranche : à plat, l'eau stagne sur la face large et la pourriture s'installe. Il faut 20 à 25 degrés pour une levée franche, en cinq à huit jours. À 15 degrés, la graine attend et moisit souvent avant de sortir.

Le semis en place se fait en mai, quand le sol a atteint 12 à 15 degrés, jamais avant : poquets de trois graines à 2 ou 3 cm, espacés d'un mètre, un seul plant gardé après la levée. C'est la voie la plus simple dans le Midi et sur la façade atlantique. Plus au nord et en altitude, le godet d'avril donne trois à quatre semaines d'avance, celles qui décident de la maturité en septembre.

ÉtapePériodeRepère technique
Semis en godetAvril20 à 25 degrés, 2 à 3 cm de profondeur
Semis en placeMaiSol à 12 degrés minimum, poquets de 3 graines
Plantation des godetsMi-mai à début juinAprès les dernières gelées
FloraisonJuillet et aoûtFleurs mâles d'abord, femelles ensuite
RécolteSeptembre et octobrePédoncule sec et liégeux

Le sol, l'exposition, et la place qu'elle prend vraiment

Plein soleil, six heures directes au minimum. À mi-ombre, la plante fabrique des feuilles magnifiques et deux petits fruits qui ne mûriront pas.

Le sol doit être profond, frais et bien pourvu en matière organique : deux ou trois pelletées de compost mûr dans le trou de plantation couvrent le cycle. Sur un ancien tas de compost, elle donne le double d'un pied posé en terre maigre.

Reste la place, et l'échec le plus fréquent se joue là. Les tiges courent sur 2 à 4 mètres et occupent 3 à 4 mètres carrés par pied. Comptez 1 m à 1,50 m entre les pieds sur le rang, 1,50 m à 2 m entre les rangs.

Comme toutes les cucurbitacées, elle ne revient pas au même endroit avant trois ou quatre ans. En revanche, son feuillage nettoie une planche envahie d'adventices annuelles.

Arroser, pailler, nourrir

Une butternut boit : de larges feuilles qui transpirent beaucoup, des fruits de 1 à 2 kg. En pleine chaleur, comptez 15 à 20 litres par pied et par semaine, en une ou deux fois, jamais en petites doses quotidiennes qui ne mouillent que les premiers centimètres.

  • Arrosez au pied, jamais sur le feuillage : mouiller ces grandes feuilles en fin de journée revient à inviter l'oïdium.
  • Paillez sur 8 à 10 cm dès la mi-juin, sol réchauffé et humide, selon notre guide du paillage selon le légume.
  • Dégagez le collet sur dix centimètres, point d'entrée de la pourriture.

Le compost de plantation suffit dans une terre correcte. L'excès d'azote, purin d'ortie répété ou fumier frais, donne une végétation spectaculaire et peu de fruits.

Conduire les tiges, sans jamais tailler

La butternut ne se taille pas, et son calendrier ne porte aucun mois de taille. On la conduit, ce qui est différent : quatre gestes facultatifs, tous utiles.

  1. Pincer, là où la saison est courte : la tige principale au-dessus de la deuxième vraie feuille, puis chaque ramification deux feuilles après le dernier fruit noué. La sève se concentre sur trois ou quatre fruits qui mûriront. Dans le Midi, laisser courir donne souvent davantage.
  2. Diriger les tiges vers l'extérieur de la planche une fois par semaine, tant qu'elles sont souples.
  3. Caler chaque fruit dès la taille d'un poing, sur une tuile ou une poignée de paille. Posé à même la terre humide, il pourrit par la face en contact.
  4. Trancher fin août dans la moitié nord, mi-septembre plus au sud : supprimez les fleurs nouvelles et les fruits de la taille d'un oeuf, qui prennent la ressource des autres sans jamais mûrir.

Un pied bien conduit porte trois à cinq fruits pleinement formés ; un pied libre en donne parfois huit, à moitié immatures.

De la fleur au fruit, puis la récolte

En juillet et en août, le pied se couvre de fleurs jaune orangé. La butternut est monoïque : fleurs mâles et femelles sont séparées sur le même plant. Les mâles sortent en premier, sur un long pédoncule fin, parfois deux semaines avant les femelles. Cette période sans le moindre fruit inquiète la première année : elle est normale. La fleur femelle, elle, porte un mini-fruit renflé à sa base.

Si ce mini-fruit jaunit par l'extrémité, ramollit et se détache, la fleur n'a pas été fécondée : pluie continue, forte chaleur ou manque d'insectes. La pollinisation manuelle règle cela le matin, fleurs ouvertes : une fleur mâle cueillie, pétales retirés, étamine appliquée sur le pistil de la femelle.

La récolte tombe en septembre et en octobre, sur trois signes réunis : pédoncule sec, dur et liégeux, peau qui ne se marque plus à l'ongle, couleur passée du vert pâle au beige uniforme. Coupez au sécateur en laissant 5 à 10 cm de pédoncule, et ne portez jamais une courge par lui : s'il se détache, le fruit pourrit par le haut en quelques semaines.

Récoltez tout avant les premières gelées, même si quelques fruits sont en retard : une seule nuit à moins deux degrés compromet la conservation. Dans la moitié nord, cela veut souvent dire une récolte générale mi-octobre.

Les problèmes courants, du plus fréquent au plus rare

SymptômeCause probableRéponse
Feutrage blanc farineux sur le dessus des feuillesOïdiumAérer, arroser au pied seulement, retirer les feuilles les plus atteintes
Jeune fruit qui jaunit par l'extrémité et se détacheFleur femelle non fécondéePolliniser à la main le matin, favoriser les insectes
Feuilles molles à midi, fermes le matinTranspiration normale par forte chaleurNe rien faire, l'arrosage n'est pas en cause
Feuilles molles matin et soir, sol sec en profondeurManque d'eau réelArroser en profondeur, pailler
Plantule sectionnée au ras du sol en maiLimacesProtéger les jeunes plants, ramasser le soir
Face du fruit posée au sol, molle et bruneContact prolongé avec la terre humideGlisser une tuile ou de la paille sous chaque fruit
Beaucoup de feuilles, peu de fruitsExcès d'azote ou pieds trop serrésRéduire l'azote, espacer davantage l'an prochain

Les deux lignes sur les feuilles molles trompent le plus. Un feuillage affaissé à quatorze heures sous 32 degrés, ferme au lever du jour, ne réclame rien. Un feuillage encore mou au petit matin signale un vrai manque d'eau, à vérifier en enfonçant un doigt à 10 cm dans le sol.

La butternut résiste mieux à l'oïdium que la courgette, mais en attrape presque toujours en fin d'été. Une attaque de septembre est sans conséquence, les fruits sont formés ; une attaque de juillet coûte de la récolte et signe un manque d'espacement ou un arrosage sur le feuillage. Notre dossier sur le mildiou, l'oïdium et la rouille les distingue.

Bonnes associations

L'association classique est celle des trois soeurs : le maïs sert de tuteur, le haricot grimpant fixe l'azote de l'air, la courge couvre le sol et le garde frais. Une condition : installez la courge deux à trois semaines après le haricot, sinon elle recouvre les jeunes plants avant qu'ils ne grimpent. Un rang de haricots à rames en bordure de planche en donne déjà l'essentiel.

Aucune culture n'est vraiment à proscrire à côté d'elle, mais ne la faites pas courir sur des cultures basses et lentes, carottes, laitues, jeunes semis : elle les recouvre en trois semaines. Réservez-lui une bordure de planche ou un coin de compost.

Les six gestes qui décident de la récolte

Semez en godet en avril à 20 degrés, ou en place en mai sur un sol à 12 degrés. Plantez après les dernières gelées, mi-mai au sud, fin mai à début juin au nord. Donnez 3 à 4 mètres carrés par pied, sans exception. Compost dans le trou, paillage en juin. Arrosez au pied, généreusement et espacé, puis coupez l'eau trois semaines avant la récolte. Coupez au bon signe, pédoncule sec et ongle qui ne marque plus, et faites ressuyer dix jours avant de ranger.

Questions fréquentes

Quand semer la courge butternut ?

En godet sous abri en avril, à 20 ou 25 degrés, ou directement en place en mai. Le semis en place ne se fait que si le sol a atteint 12 à 15 degrés : dans une terre froide, la graine attend et moisit souvent avant de lever. Au nord de la Loire et en altitude, le semis d'avril sous abri donne trois à quatre semaines d'avance, et ces semaines décident de la maturité des fruits en septembre.

Quelle place faut-il prévoir pour un pied ?

Trois à quatre mètres carrés, soit 1 m à 1,50 m entre les pieds sur le rang et 1,50 m à 2 m entre les rangs. Les tiges courent sur 2 à 4 mètres. Une butternut n'a rien d'une courgette compacte : serrée entre deux voisines, elle produit moins, son feuillage ne sèche jamais après la pluie et elle attrape l'oïdium la première. Sur un petit potager, mieux vaut un seul pied bien nourri que trois pieds à l'étroit.

Comment savoir qu'une butternut est mûre ?

Trois signes doivent être réunis. Le pédoncule est sec, dur, liégeux, souvent fissuré. La peau ne se marque plus quand vous appuyez l'ongle dessus. La couleur est passée du vert pâle au beige uniforme, sans zones vertes. La couleur seule ne suffit pas : une courge beige au pédoncule encore vert et tendre n'a pas fini sa maturation et se conservera mal. Coupez au sécateur en laissant 5 à 10 cm de pédoncule sur le fruit.

Pourquoi mes petites courges jaunissent et tombent ?

Le petit fruit renflé à la base d'une fleur femelle n'a pas été fécondé. Il jaunit par l'extrémité, ramollit, puis se détache. Ce n'est pas une maladie et cela n'appelle aucun traitement. Les causes habituelles sont une pluie continue pendant la floraison, un manque de pollinisateurs, ou une chaleur excessive. Vous pouvez polliniser à la main le matin : cueillez une fleur mâle, retirez ses pétales et appliquez son étamine sur le pistil de la fleur femelle ouverte.

Combien de temps se conserve une butternut, et où ?

Trois à six mois, parfois jusqu'au printemps, à condition de respecter deux étapes. D'abord le ressuyage : dix à quinze jours dans un local sec et chaud, autour de 20 degrés, pour durcir l'écorce et cicatriser la coupe. Ensuite le stockage entre 12 et 15 degrés, au sec, posée sur une étagère et non à même le sol, sans que les fruits se touchent. Une cave froide et humide la fait pourrir en quelques semaines.

Faut-il tailler ou pincer la courge butternut ?

Rien n'est obligatoire, et cette fiche ne comporte aucun mois de taille. Le pincement reste utile là où la saison est courte : on pince la tige principale au-dessus de la deuxième vraie feuille pour provoquer des ramifications, puis chaque ramification deux feuilles après le dernier fruit noué. Cela concentre la sève sur trois ou quatre fruits qui auront le temps de mûrir. Dans le Midi, laisser courir librement donne souvent davantage de fruits.

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