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Sansevieria : lumière, arrosage, rempotage et bouturage

Dracaena trifasciata , famille des Asparagacées

La sansevieria supporte la pénombre, l'air sec et des semaines d'oubli. Elle ne supporte pas un substrat qui reste humide : presque tous les échecs tiennent à un arrosage d'hiver donné par habitude, dans un pot trop grand.

Feuilles dressées et zébrées dans un pot cylindrique gris mat, ombres graphiques sur le mur d'un angle sombre
ExpositionMi-ombre
ArrosageArrosage rare
Solterreau drainant, un tiers de sable grossier
Hauteur0,30 m à 1 m selon la variété, 0,20 m pour les formes naines
Espacementun éclat par pot de 15 à 20 cm de diamètre
CycleVivace
RusticitéGélive, à cultiver en saison
DifficultéFacile

Le calendrier de la sansevieria

  1. Janvier : rien à faire
  2. Février : rien à faire
  3. Mars : rien à faire
  4. Avril : plantation
  5. Mai : plantation
  6. Juin : plantation
  7. Juillet : rien à faire
  8. Août : rien à faire
  9. Septembre : rien à faire
  10. Octobre : rien à faire
  11. Novembre : rien à faire
  12. Décembre : rien à faire
  • Plantation
  • Plantation avril à juin

L'essentiel

  • La sansevieria ne se sème pas et ne se taille pas : elle se divise ou se bouture entre avril et juin, quand la plante redémarre vraiment.
  • Arrosez seulement quand le substrat est sec jusqu'au fond du pot, soit tous les quinze à vingt jours en été et une fois par mois au plus en hiver.
  • Une feuille qui se couche en gardant une base ferme manque de lumière ; une feuille qui se déchausse avec une base molle est déjà en pourriture.
  • Les variétés à liseré jaune perdent leur panachure si on les multiplie par bouture de feuille : seule la division du rhizome la conserve.
  • Les feuilles contiennent des saponines irritantes : la plante doit rester hors de portée des chats, des chiens et des jeunes enfants.

On la vend comme la plante increvable, et c'est presque vrai : la sansevieria encaisse la pénombre, l'air sec d'un appartement chauffé et plusieurs semaines d'absence sans broncher. La seule chose qu'elle ne pardonne pas, c'est un substrat qui reste humide, en particulier d'octobre à mars, quand elle ne pousse plus et ne boit plus. Presque tous les pieds perdus le sont par un arrosage de trop, donné par habitude.

Diviser, bouturer, rempoter

Il n'y a rien à semer : la sansevieria se multiplie par éclats de rhizome, cette tige charnue qui court juste sous la surface et porte les touffes de feuilles, ou par boutures de feuille. Les deux opérations se calent entre avril et juin, quand la plante redémarre franchement et cicatrise vite.

Pour diviser, dépotez la motte, dégagez le rhizome à la main et tranchez avec une lame propre en gardant au moins trois ou quatre feuilles et un morceau de racines par éclat. Laissez les coupes sécher vingt-quatre à quarante-huit heures à l'air libre avant de rempoter, puis attendez encore une semaine avant le premier arrosage. Une coupe fraîche mise en terre humide est une porte d'entrée pour la pourriture.

Pour bouturer une feuille, recoupez-la en tronçons de cinq à huit centimètres et marquez tout de suite le sens : un tronçon planté à l'envers ne fera jamais de racines. Deux jours de cicatrisation, puis deux centimètres d'enfouissement dans un mélange de terreau et de sable à peine humide, entre vingt et vingt-cinq degrés.

Le rempotage, lui, se fait tous les trois à quatre ans, dans un pot deux à quatre centimètres plus large seulement, percé, et de préférence lourd : une touffe d'un mètre fait basculer un cache-pot léger. Le substrat et le choix du contenant sont détaillés dans notre dossier sur le rempotage d'une plante d'intérieur.

GestePériodeRepère technique
Division du rhizomeAvril à juin3 à 4 feuilles et des racines par éclat
Bouture de feuilleAvril à juinTronçons de 5 à 8 cm, sens respecté, 20 à 25 degrés
RempotageAvril à juin, tous les 3 à 4 ansPot 2 à 4 cm plus large, pas davantage
EngraisAvril à septembre2 à 3 apports, engrais cactées à demi-dose
Arrosage de saisonAvril à septembreTous les 15 à 20 jours, substrat sec à coeur
ReposOctobre à marsUn arrosage par mois au plus, moins sous 15 degrés

La lumière et le substrat

La sansevieria tolère la mi-ombre, ce qui ne veut pas dire qu'elle la préfère. Sa place idéale se situe à un ou deux mètres d'une fenêtre, en lumière vive mais indirecte : c'est là qu'elle produit des feuilles larges, bien dressées et bien marquées. À quatre mètres d'une fenêtre ou dans un couloir, elle tient des années sans mourir, mais elle ne fabrique plus rien et le liseré jaune vire au vert.

Le plein soleil derrière une vitre, en été, blanchit les feuilles d'une plante qui n'y est pas habituée. Le déplacement se fait donc progressivement, sur deux ou trois semaines, et une feuille brûlée le reste à vie.

Côté substrat, oubliez le terreau seul : il retient trop d'eau pour des racines de succulente. Un tiers de sable grossier ou de perlite mélangé à du terreau de rempotage suffit, et un terreau spécial cactées fait aussi bien. Le pot doit être percé, et la soucoupe vidée vingt minutes après chaque arrosage.

Arroser, la seule vraie difficulté

Cette plante ouvre ses stomates la nuit et les garde fermés en journée, ce qui limite fortement ses pertes d'eau. C'est la raison physiologique de sa réputation : elle consomme peu, et elle consomme lentement.

La méthode tient en trois gestes. Enfoncez un pique à brochette jusqu'au fond du pot ; s'il ressort propre et sec, arrosez abondamment jusqu'à écoulement par les trous ; videz la soucoupe. Aucun apport tant que le substrat n'est pas sec de haut en bas. Le principe vaut pour toutes les plantes d'appartement, comme nous l'expliquons dans notre dossier sur la bonne fréquence d'arrosage à l'intérieur.

La fertilisation est secondaire. Deux à trois apports d'engrais pour cactées à demi-dose entre avril et septembre couvrent largement les besoins. Rien en hiver, et rien du tout l'année d'un rempotage.

Ce qui se coupe, et ce qui ne se coupe pas

Il n'y a pas de saison de taille, parce qu'il n'y a pas de taille. Une feuille coupée en travers ne repousse jamais en pointe : elle garde sa coupe franche pendant toute sa vie, ce qui saute aux yeux sur une plante graphique. Recoupez donc une pointe sèche en suivant la silhouette de la feuille, ou laissez-la.

Ce qui se supprime, en revanche, c'est une feuille abîmée, marquée ou molle, coupée au ras du rhizome avec une lame propre, à n'importe quel moment de l'année. Une feuille pourrie laissée en place contamine ses voisines.

Une floraison rare, jamais programmée

Un pied adulte émet parfois une hampe de petites fleurs blanc verdâtre, très parfumées en soirée, garnies de gouttelettes de nectar collantes qui tombent sur les meubles. Cela arrive souvent après une période où la plante est restée à l'étroit et plutôt sèche, mais aucun mois ne se prévoit : c'est pourquoi cette fiche ne porte pas de calendrier de floraison.

Une fois les fleurs fanées, coupez la hampe à sa base. La touffe qui a fleuri ralentit souvent sa production de feuilles, sans que cela empêche le rhizome d'émettre de nouveaux rejets sur les côtés.

Les problèmes courants, du plus fréquent au plus rare

SymptômeCause probableRéponse
Base des feuilles molle et brune, feuille qui se déchaussePourriture du rhizome, excès d'eauDépoter, couper jusqu'au tissu sain, sécher 2 jours, rempoter au sec
Feuille creusée d'un sillon dans la longueurSoif prolongéeUn arrosage à fond, puis reprise du rythme normal
Feuilles qui s'écartent et se couchent, base fermeManque de lumière ou pot trop largeRapprocher d'une fenêtre, rempoter plus serré
Pointes brunes et sèchesCoup de sec ponctuel, choc mécaniqueNe pas recouper à ras, régulariser les arrosages
Amas cotonneux blancs à l'aisselle des feuillesCochenilles farineusesCoton imbibé d'alcool, contrôle hebdomadaire pendant un mois
Plage décolorée sur une seule faceCoup de soleil derrière une vitreAcclimater progressivement, la marque reste
Aucune feuille nouvelle pendant des moisRepos hivernal normal, ou pénombreNe rien forcer avant avril, puis juger de la lumière

Le seul diagnostic qui compte vraiment oppose la soif à la pourriture, parce que les deux finissent par coucher les feuilles. Pressez la base : ferme et sèche, la plante a soif ou manque de lumière ; molle et cédante, souvent avec une odeur aigre, le rhizome est atteint et chaque jour compte. Pour les ravageurs, le tri est détaillé dans notre dossier sur le diagnostic des cochenilles, thrips et araignées rouges.

Où la poser, et avec quoi

Sans compagnonnage au sens du potager, la sansevieria se regroupe utilement avec des plantes qui partagent son régime : aloès, cactées, autres succulentes. Un même coin, un même arrosoir, une même fréquence, et plus personne ne noie personne. À l'inverse, la placer au milieu d'un massif de fougères ou de calathéas, brumisés et maintenus humides, revient à programmer sa pourriture.

Ses vrais atouts sont les endroits où les autres échouent : l'entrée sombre, le palier non chauffé mais hors gel, le bureau éloigné de la fenêtre, la chambre. Elle demande simplement à rester au-dessus de douze degrés environ, ce qui exclut un balcon en hiver sous nos climats.

En résumé

Placez-la à un ou deux mètres d'une fenêtre, dans un pot percé, serré, rempli d'un terreau coupé au sable. Arrosez à fond quand le substrat est sec jusqu'au fond, tous les quinze à vingt jours en belle saison, une fois par mois au plus l'hiver. Divisez le rhizome entre avril et juin si vous voulez la multiplier en conservant sa panachure, et coupez au ras toute feuille molle sans attendre. Le reste, elle s'en charge.

Questions fréquentes

À quelle fréquence faut-il arroser une sansevieria ?

Pas selon un calendrier, mais selon l'état du substrat. Enfoncez un pique à brochette jusqu'au fond du pot : s'il ressort avec de la terre humide collée, n'arrosez pas. En pièce claire et chauffée, cela revient à un arrosage tous les quinze à vingt jours d'avril à septembre, puis une fois par mois au plus d'octobre à mars. Dans une pièce fraîche, sous quinze degrés, la plante peut passer tout l'hiver presque sans eau.

Pourquoi les feuilles s'écartent-elles et se couchent-elles ?

Deux causes possibles, et un test qui tranche. Pressez la base de la feuille, juste au ras du substrat. Si elle est ferme et sèche, la plante manque de lumière ou occupe un pot trop large : elle s'étale au lieu de monter. Si la base cède sous le doigt, devient brune et molle, parfois avec une odeur aigre, le rhizome pourrit et il faut dépoter immédiatement. Le substrat vous donne le même indice : sec ou humide.

Comment bouturer une sansevieria ?

Coupez une feuille saine à sa base, puis recoupez-la en tronçons de cinq à huit centimètres en marquant le sens : le bas de chaque tronçon doit rester en bas, sinon rien ne s'enracine. Laissez les coupes sécher un ou deux jours à l'air libre, puis enfoncez-les de deux centimètres dans un mélange de terreau et de sable à peine humide, entre vingt et vingt-cinq degrés. Comptez quatre à huit semaines pour les racines, deux à quatre mois pour la première jeune pousse.

La sansevieria est-elle toxique pour les chats et les chiens ?

Oui, par ingestion. Les feuilles contiennent des saponines qui provoquent salivation, vomissements et troubles digestifs chez le chat, le chien et le jeune enfant qui mâchouille. Ce n'est pas une plante à poser au sol dans un logement où un animal grignote le feuillage : préférez une étagère haute ou une pièce fermée. En cas d'ingestion avérée, appelez un centre antipoison ou votre vétérinaire plutôt que d'attendre les symptômes.

Peut-elle vivre dans une pièce sans fenêtre ?

Elle survivra longtemps, mais elle ne poussera pas. Une sansevieria placée à plus de trois ou quatre mètres d'une fenêtre entre en survie : aucune feuille nouvelle, panachure qui verdit, et une sensibilité accrue au moindre excès d'eau puisqu'elle ne consomme plus rien. Dans une pièce vraiment aveugle, sortez-la une semaine par mois dans un endroit clair, ou acceptez de la considérer comme un objet décoratif à remplacer.

Quand et dans quel pot la rempoter ?

Entre avril et juin, tous les trois à quatre ans seulement, ou dès que les rhizomes déforment les parois du pot. Prenez un contenant deux à quatre centimètres plus large que le précédent, pas davantage : un grand volume de terreau reste humide trop longtemps autour de racines peu nombreuses. La terre cuite épaisse rend service ici, parce qu'elle sèche vite et parce qu'une touffe d'un mètre fait basculer un pot léger.

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